La Tribune : Swann Borsellino, "Une Belgique performante à l’Euro passe par un Romelu Lukaku performant"

Ce lundi, Swann Borsellino était l’invité du Facebook Live en préface de La Tribune. Notre consultant a répondu à vos questions pendant un peu plus d’un quart d’heure. Il est notamment revenu sur l'importance de Romelu Lukaku pour les Diables rouges à un mois du début de l'Euro, mais il a également fait un petit détour par la Ligue 1 et la semaine catastrophique du PSG.

"La grande chance des Diables à l’Euro cette année, c’est qu’ils ont deux joueurs qui sont Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku, qui sont au top de leur carrière. En ça, tu ne peux pas dans une équipe nationale, ne pas te dire que tu ne vas pas être porté par ces joueurs-là. Il faut absolument miser sur ces joueurs-là. Ce sont des leaders dans deux genres très différents. De Bruyne par le jeu, Lukaku est un exemple aussi par le jeu et par tout ce qu’il peut apporter humainement. Mais par contre je pense que c’est important pour la Belgique de ne pas tomber dans un jeu stéréotypé comme l’Inter parfois a pu le faire parce que Romelu Lukaku. On a tous vu cette saison que Lukaku, dans le jeu, soutient, appuie, dévie puis on fait monter le bloc. On permet à Alexis Sanchez ou Lautaro Martinez de monter dans le dos en contre-attaque. Romelu a montré cette saison qu’il est excellent là-dedans."

Mais quid des Diables ? "Je pense que les Diables ont des qualités techniques et une certaine aisance dans le système de Roberto Martinez qui est en place depuis très longtemps maintenant. Qui doit emmener les Diables à être tout sauf attendus et stéréotypés. Lukaku peut, par son immense force et sa présence, apporter beaucoup à l’équipe. C’est quelqu’un qu’on voit beaucoup sur un terrain et qui tire l’équipe vers le haut. Mais je crois que la Belgique doit s’émanciper de Lukaku dans une certaine idée de jeu. Je pense qu’il sera l’un des fers de lance de l’équipe à l’Euro et qu’une Belgique performante à l’Euro passe par un Lukaku performant. Je sais que les gens qui ne l’aiment pas l’accusent de ne pas être bon dans les grands matches… Je pense qu’il a une formidable occasion de répondre à ces gens-là."

Swann suit d’assez près le championnat français, il revient avec nous sur le cas du Paris Saint-Germain : "Le PSG a vécu une semaine tout bonnement horrible. Avec comme bonne nouvelle, tel un arbre qui cache la forêt, la prolongation de contrat de Neymar. Contre Rennes, il a été à l’image de la semaine du PSG… Qui a été éliminé logiquement contre Manchester City et puis qui partage contre Rennes. Ils vont finir la saison bredouille, manquer le titre pour la troisième fois depuis le rachat. Après Montpellier et Monaco. Et là c’est face à une équipe de Lille qui a été extraordinaire tout au long de la saison, avec un coach Christophe Galtier qui est énorme. Mais le PSG a perdu sept ou huit matches cette saison, c’est trop. Ils ont surtout été peu convaincants dans le jeu, face à City ou Rennes et de nombreuses fois en Ligue 1. Ils ont perdu à domicile face à Lyon, Marseille, Monaco, Lille. Ça prouve qu’ils étaient tout sauf souverains. Mauricio Pochettino, qui a pris la suite de Thomas Tuchel, va devoir se remettre rapidement en ordre de marche parce que c’est déjà difficile pour lui."

Mais qu’est-ce qui coince ? "Le problème, et vous allez me trouver dur parce que c’est une équipe qui a investi beaucoup d’argent, mais il est dans la qualité de l’effectif. Quand vous sortez du trio offensif Neymar – Mbappé – Di Maria, avec Kean qui n’a pas été horrible cette saison. Derrière, c’est fortement déforcé. Ils ont joué en Ligue des Champions avec des joueurs comme Bakker, Florenzi qui a encore été en difficulté contre ManCity. Diallo ne s’en sort pas trop mal. Mais vous avez peut-être un bon onze, mais quand on sort de là il n’y a pas grand-chose. Ce qui est un problème quand vous avez investi autant d’argent. Et dans le jeu ce n’est vraiment pas flamboyant. Quand on voit ce que fait Tuchel avec Chelsea, peut-être qu’il n’avait pas le même rôle à Paris. C’était peut-être un rôle plus politique, où il y a moins de 'sportif', où c’était plus difficile. En tout cas, le PSG est en grande difficulté ça c’est sûr."

Les joueurs ne prennent-ils pas la Ligue 1 de haut ? "Cette année, ça leur était interdit depuis le début de la saison de pêcher par orgueil. Leurs concurrents ont montré dans les confrontations directes qu’ils avaient le niveau pour les mettre en difficulté. A partir du moment où vous êtes le PSG, vous n’avez pas le droit de dire que c’est trop facile. Ça n’a jamais été trop facile cette saison. En dépit du fait que le PSG a souvent été champion de France ces dernières années, on n’est pas sur un Bayern ou une Juve qui avaient neuf titres d’affilée, avec un palmarès long comme le bras… Le PSG est un club qui a fait beaucoup de belles choses, mais qui a été créé en 1970 et dont l’histoire est encore à écrire. Et je trouve qu’on ne peut pas se permettre, quand on est ce club-là, de se dire qu’on prend les matches par-dessus la jambe."

Newsletter Diables Rouges

Recevez régulièrement des nouvelles de nos Diables Rouges !

OK