La Tribune : Stephan Streker pour évoquer la Super League : "Quand tous les dégoûtés seront partis il ne restera plus que les dégoûtants"

Le plateau de La Tribune est revenu longuement sur l’événement de la fin de week-end, l’annonce de la création de la Super League européenne par douze gros clubs européens. Une annonce qui fait énormément de bruit. Beaucoup d’interrogations sont de rigueur…

Pour Swan Borsellino, il ne faut pas opposer les gentilles UEFA et FIFA à la méchante Super League : "Il ne faut pas tomber dans une espèce de duel où l’UEFA aurait le rôle du sauveur, du gentil, celui qui n’aurait pas déjà cassé le jouet avec lequel on a tous joué depuis des années. On a douze clubs, qui sont un peu les sécessionnistes, qui ont décidé de dire 'puisque c’est comme ça, on va aller jouer tous seuls dans notre coin et ça va être génial'". Notre consultant ajoute : "Ça met le boxon. L’UEFA met la poussière sous le tapis depuis des années. Ce qui devait arriver, arrive aujourd’hui. Malheureusement de manière un peu plus violente que ce qu’on avait prévu. L’UEFA ne peut pas arriver aujourd’hui et dire 'nous on a tout fait pour que ça ne soit pas les plus riches qui gagnent au foot, ou que ça ne soit pas les plus riches qui ultra-dominent de manière générale à part quelques exceptions. On a vu parler des gens de mort du foot. Je dirais que le foot est déjà mort plusieurs fois. Il est mort une première fois avec l’arrêt Bosman, puis il est mort quand la Ligue des Champions ne rassemblait plus uniquement les vainqueurs des championnats. Mais ils se mettent vraiment le doigt dans l’œil… après les matches qu’on a vu cette saison, ils sont loin d’être assurés d’avoir du spectacle avec ces équipes-là."

Plein de déclarations ont été faites depuis l’annonce de cette concrétisation de la Super League, coup de bluff ou pas, très difficile à dire mais très peu sont ceux qui se prononcent en sa faveur. Les clubs et les joueurs risqueraient de très lourdes sanctions ce qui va forcément faire pencher la balance, même si ni les entraîneurs ni les joueurs n’ont vraiment été consultés.


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Cécile De Gernier considère que le monde du football est un peu en train de devenir fou… "Il y a un moment, il va falloir réfléchir plutôt que de se confronter. L’UEFA ne peut pas tout rattraper non plus, il faut peut-être se poser les bonnes questions pour faire avancer le foot dans un sens positif. Ce qui me dérange pour l’instant c’est une vraie guerre d’ego, ça me pose un vrai problème. Après on peut parler de donner encore aux plus riches, cette philosophie-là elle est incroyablement folle et ridicule." Cécile se demande aussi ce que deviennent les supporters dans tout ça : "Les supporters vont se taper Barcelone, Milan en plein milieu de semaine, chaque semaine… Il y a quelque chose de complètement fou dans tout ce qui se passe."

350 millions d’Euros par an promis aux clubs fondateurs, rappelle Benjamin Deceuninck.

Mais rien de tout ça ne surprend Stephan Strecker : "Le football, encore plus que la société malheureusement, c’est vraiment devenu l’ultralibéralisme. Il n’y a pas de contre-pouvoir par rapport à ça. Ce que je trouve terrible là-dedans, c’est que dans cette dictature du pognon, du puissant qui mange l’autre qui ne s’arrête plus, il y a cet oubli de la base. Cet oubli de ce qu’est la culture du foot. Le football c’est quand même le terroir. C’est le village contre le village mais on n’en est plus là du tout. Une expression bien connue dit 'quand tous les dégoûtés seront partis il ne restera plus que les dégoûtants'. On en est à peu près là. Ils ne se rendent pas compte, alors qu’ils sont déjà richissimes (mais endettés, notamment en raison du Covid-19) que ce qui nous intéresse vraiment c’est que tout est plus possible dans le foot qu’ailleurs. Le fait qu’on en soit là aujourd’hui m’inquiète quand même. J’ai cru, à tort, que c’était une menace. Mais il paraît que c’est beaucoup plus que ça. Et effectivement, si légalement ils le peuvent, ils le feront."

 

 

Philippe Albert : "Finalement, ça va devenir une routine pour ces grands clubs"

Pour Manuel Jous, à côté de l’attractivité des chocs entre ces gros clubs, se cache aussi une garantie d’obtenir une place européenne sans passer par la réalité du terrain : "C’est avant tout la sécurité financière". Benjamin Deceuninck l’interrompt en précisant, "c’est balayer l’incertitude du sport". Manuel Jous continue : "Ils se mettent pour l’instant absolument tout le monde à dos. Les associations nationales, les autres clubs, les supporters, l’UEFA, ceux qu’on ne consulte pas non plus, ce sont les joueurs. Nombre d’entre eux, présents et passés se sont manifestés contre cette idée-là. Mais qui aurait envie d’abandonner son championnat national pour faire dissidence et ne faire qu’une Super League, de ne plus jouer une seule Coupe d’Europe ? Et à titre individuel aussi, de ne plus représenter sa sélection pour un Euro ou une Coupe du Monde ?"


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Est-ce le moment pour les joueurs de prendre les choses en main et de dire stop ? Philippe Albert le pense mais est plutôt fataliste : "Oui, mais ils ne le feront pas. Ils sont otages de leur club. Quand on voit les contrats donnés, à tous les niveaux… Et puis pour en revenir à cette Super League, c’est bien ces grands clubs-là mais finalement ça va devenir une routine entre eux. Il n’y aura rien de spécial, de magique. Plus de la moitié des douze clubs concernés ont des problèmes financiers."

La question pour Stephan, elle est claire, mais qui est la vedette ? "Est-ce le FC Barcelone ou est-ce Lionel Messi ? Est-ce la Juventus ou est-ce Cristiano Ronaldo ? Ils sont employés de ces grands clubs-là, c’est la main qui les nourrit, en même temps, ils sont déjà richissimes et ceux qui sont aimés, ce sont eux. Mettez l’un à côté de l’autre le président de la Juventus et Cristiano, vous verrez bien lequel est aimé des deux. Peut-être que ce sont les plus grands joueurs qui pourraient par amour de leur sport au moins se manifester."

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