La RUS Rebecq (D2 acff) a atteint ses limites

Si un projet de modernisation de ses infrastructures est en route, la RUS Rebecq veut poursuivre sa politique de réduction de budget pour le noyau A et, coûte que coûte rester un club de copains.

" N’oubliez pas de mentionner deux des plus grands jours de l’histoire de notre petit club amateur.
En décembre 2019, nous avons joué au Standard de Liège, en huitième de finale de la coupe de Belgique (N.D.L.R : défaite 3-0), après avoir sorti au tour précédent les professionnels du Cercle de Bruges au Jan Breydel (0-1) ! 
Mbaye Leye doit être prévenu assez tôt. On reviendra à Sclessin avec d’autres ambitions prochainement. "

Le président Thierry Demolie, patron durant trente ans d’une entreprise spécialisée dans la vente de voitures de toutes marques pour les professionnels, avant de poursuivre dans l’immobilier sait " vendre " ce qui lui tient à cœur, tout en maniant le second degré. De son point de vue, consacrer un article à Rebecq, club amateur de D2 acff sans rappeler cet épisode du petit poucet qui s’est retrouvé un jour dans l’antre de Sclessin pour un match à enjeu serait minimiser les efforts qu’il lui a fallu entreprendre avec le manager sportif Matthew Verhaeren, fidèle bras droit depuis l’époque d’Enghien, avant celle de Rebecq, en P3 pour jouer depuis quatre saisons déjà en D2 acff.

La RUS Rebecquoise n’en est pas moins arrivé, en ce début d’année 2021 au maximum de ce qu’il peut offrir à ses fans. C’est encore l’emblématique président qui le dit.
 A l’époque, il a fallu investir du budget pour sortir d’une costaude P1 brabançonne, encore composée de clubs flamands et bruxellois. Aujourd’hui, jouer en D2 acff juste avec des clubs francophones est un moindre mal, sachant que le niveau n’a rien de comparable avec celui d’avant scission. Et ambitionner la Nationale 1 avec des contrats pros, des infrastructures ultra-fonctionnelles, ce n’est actuellement pas une bonne idée.

"J’envisage un noyau A avec des étudiants et des gens qui travaillent, pas avec des joueurs au chômage auquel on ajoute un surplus financier, reprend l’homme d’affaires brabançon. Travailler avec Tubize tout proche ? Je n’aurais pas pu fonctionner avec la direction des " Sang et Or ". Je ne fais pas de politique, je suis juste un entrepreneur. Obtenir autant de subsides pour un stade, autant de partenaires commerciaux et se retrouver avec un trou proche du million d’euros, c’est un stress que je ne veux jamais vivre au quotidien. Rebecq, c’est dix mille habitants, un club familial, de copains, qui vit autant des tournois, d’événements gastronomiques et sportifs mis sur pied en interne que de sponsors.

Rien que les histoires plus ou moins récentes de Roulers, du Lierse, du Brussels, de Liège, de Mons ou de La Louvière nous ont montré que se stabiliser à un niveau élevé de la hiérarchie n’est donné qu’à un cercle très restreint de clubs pros.
Je reconnais qu’il y a quelques années, j’ai fait un appel du pied à
Thierry Hazard.  J’étais intéressé par une alliance avec le stade Brainois car le papa d’Eden, Thorgan et Killian connaît le foot et veut servir son club plutôt que s’en servir pour un but quelconque. Il n’a pas donné suite. A ce moment, Braine le Comte était aussi très bien tout seul dans ses meubles, avec son entourage et son niveau dans la hiérarchie. "

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Le président Thierry Demolie se dit peu en phase avec la politique des dirigeants de Tubize. © Tous droits réservés

Un projet d’1,3 million pour moderniser le stade

A l’instar d’autres clubs francophones de D2 acff, Rebecq ne verrait pas d’un mauvais œil une Nationale 1 entièrement francophone dans le court terme, avec des conditions d’accès assouplies.
Au-delà de la saison 2021-2022, l’entité brabançonne a d’ailleurs pour objectif d’avoir un petit stade rafraîchi. Un projet d’1,3 million financé à la fois par les subsides d’Infrasport et une solution en interne, comprenant des nouveaux vestiaires et une nouvelle tribune est en route.
La Commune a payé la facture de l’auteur du projet et le permis a été rentré voici deux mois.
"Depuis dix ans, nous disposons d’un terrain synthétique. Il nous a été bien utile pour obtenir le label trois étoiles mis en place par l’ACFF. L’outil, utilisé par des formateurs diplômés nous permet de conserver une base de 300 jeunes. Notre association à ce niveau avec Enghien est une réussite.
En faire davantage, je me répète ne m’obsède pas. Nous mettons un point d’honneur à conserver des budgets en équilibre chaque fin de saison. Le bonheur que génère le fait de se retrouver entre bons copains chaque semaine de compétition et/ou d’activités ne doit pas être remis en question par des soucis financiers. "

"Dimitri Leurquin remontera dans la hiérarchie une fois ses diplômes en poche "

Si dans un passé pas si lointain, Rebecq pouvait proposer quelques contrats intéressants pour attirer des joueurs d’expérience, un virage a été pris depuis : le président assure même que la manne financière réservée au noyau A est en diminution depuis l’arrivée de l’équipe en D2 acff.


Pour 2021-2022, le budget diminuera même de 10 à 20 %, assure-t-il. Est-ce la raison pour laquelle, de nombreux joueurs présents lors de la dernière saison blanche ont déjà décidé de s’en aller ? " Rassurons les supporters. Nous aurons encore une belle équipe en 2021-2022. Je souhaitais un entraîneur principal diplômé. J’ai proposé à notre T1 de la saison écoulée, Dimitri Leurquin de l’aider pour qu’il passe ses diplômes lors des deux prochaines saisons. Il remontera dans la hiérarchie par la suite. En attendant, sachant que le coach Luigi Nasca ne prolongeait pas à Mons, j’en ai profité pour rappeler celui qui a déjà travaillé trois ans en série nationale avec Rebecq.
Pour le reste, le gardien
Damien Lahaye, les défenseurs Achraf Achaoui, Valentin Dassonville, Poto Mees Akhenaten, Anthony Mucci, les médians Arnaud MukotaGuido Cagnina, Michael Oliveira Barroso ou Diego Zidda et les avants Pina Eugenio et Jordy Maluka sont les premiers à nous quitter, tandis que Gianni Cordaro et Lou Wallays sont de retour respectivement de Mons et la Raal. "

Le nouveau noyau se construira sans précipitation. Thierry Demolie a aussi décidé de partager davantage le pouvoir sportif dans son club depuis le départ de Matthew Verhaeren, désireux de connaître un autre challenge.
Christian Torf, figure sportive bien connue à Soignies, le Racing White, Waterloo, le Stade de Braine, Nivelles ou Havré vient de débarquer comme team manager de la RUS et pour bien montrer que le président veut vraiment être très proche de ses joueurs, il a aussi intégré dans la nouvelle cellule sportive qui prend des décisions le défenseur d’expérience, Andrei Camargo. " J’aime entretenir une relation de confiance forte avec le noyau. Camargo a la légitimité pour représenter les joueurs auprès des dirigeants. Son engagement m’a fait très plaisir. Je lui ai aussi promis de l’aide dans son projet de devenir entraîneur spécifique après sa carrière. "

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