La "remontada" va faire sa grande entrée dans le Larousse

Les supporters réclament maintenant une remontada, quand leur équipe est mal embarquée
Les supporters réclament maintenant une remontada, quand leur équipe est mal embarquée - © JOSE JORDAN - AFP

C’est une sorte de consécration, pour un mot, il faut bien l’avouer, que l’on ne connaissait pas il y a encore cinq ans. Et qui est parfois utilisé à tort et à travers. "Zlataner" (sa traduction en tout cas) était entré dans le dictionnaire suédois, en 2012. Un autre mot, typiquement footballistique, "remontada", aura sa définition dans le prochain Petit Larousse.

Quand vous entendez les commentateurs s’écrier "nooooooon, ce n’est pas possible, ce n’est pas possible, ce n’est pas possible", et que vous-même, le lendemain, au bureau, vous n’arrêtez pas de répéter "c’est incroyable, incroyable", c’est probablement parce qu’un match de football s’est terminé par une "remontada".

La définition de ce terme espagnol, adopté par la langue française, commencera par "remontée de score inattendue, permettant à l’équipe qui perd d’emporter la victoire dans un match de football, alors qu’il y avait un grand écart de points entre les deux équipes".

Une définition que l’on peut juger un peu bizarre, avec cet écart de points et pas de buts. Si vous ne savez pas ce qu’est une remontada, il n’est pas certain que vous compreniez bien, en ouvrant le dictionnaire.

Mais comme le Larousse n’est apparemment pas cruel, il ne donne pas l’exemple qui rend les choses beaucoup plus claires. On le sait, ce mot est devenu célèbre en 2017, quand le PSG a été éliminé par Barcelone, en Ligue des Champions. Les Parisiens avaient gagné le match aller 4/0, en huitième de finale, avant de perdre le match retour 6/1. Depuis, il y a eu d’autres remontadas, la Ligue des Champions est devenue propice à ces énormes retournements de situation.

Le dictionnaire signalera que le mot "remontada" peut aussi concerner un homme politique, une victoire spectaculaire après un échec électoral ou une traversée du désert. Mais dans ce cas-là, ce n’est pas encore souvent utilisé.

Footballeuse et opposante politique

Et puis, un nom propre fera également sa grande entrée dans le prochain Larousse : Megan Rapinoe. Cette joueuse de football américaine, aux cheveux parfois mauves ou roses, a gagné la Coupe du monde en 2015 et l’année dernière. C’est la meilleure joueuse du monde actuellement, et c’est aussi la plus populaire, et la plus investie.

Elle est bien plus qu’une sportive, c’est une femme qui se bat pour le droit des femmes, pour le droit des homosexuels, et surtout, en ce moment, contre Donald Trump. Après la Coupe du monde, elle a refusé d’aller le voir à la Maison Blanche, et toute l’équipe américaine l’a suivie dans sa décision.

Megan Rapinoe vient encore de laisser entendre qu’elle pourrait s’engager en politique après sa carrière sportive. Elle le fait déjà un peu, puisqu’elle soutient ouvertement Joe Biden, le candidat démocrate aux prochaines élections présidentielles. Elle lui a même proposé, en souriant, d’être sa colistière, donc potentiellement la prochaine vice-présidente des Etats-Unis.

Une faute d’orthographe dans le dictionnaire

Cela doit faire bizarre, mais plaisir, d’entrer dans un dictionnaire. Justine Henin pourrait en témoigner, puisqu’elle est dans le Larousse depuis 8 ans. Mais son cas à elle est un peu particulier, parce que dans un premier temps, le dictionnaire avait fait une erreur, la concernant. Il avait écrit "Hénin", avec un accent aigu sur le "e". Il a corrigé dès l’édition suivante.