L'Euro 2000 a 20 ans – Robert Pirès, "Nous étions plus forts qu'en 98 !"

Scénario improbable, la France remporte l'Euro 2000 que l'Italie pensait avoir déjà gagné
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Scénario improbable, la France remporte l'Euro 2000 que l'Italie pensait avoir déjà gagné - © TOUSSAINT KLUITERS - BELGAIMAGE

Le 2 juillet 2000 au "Kuip" de Rotterdam, près de 17 ans avant le FC Barcelone, l’équipe de France invente le concept de "Remontada" sauf qu’à l’époque cela s’appelle le "but en or" avec l’Italie dans le rôle du PSG ! Après avoir été dominés pendant toute la rencontre par des Azzurri inspirés et bien en place, les Bleus renversent la situation et remportent l’Euro 2000. Grâce à l’égalisation dans le temps additionnel de Sylvain Wiltord mais, surtout à la volée rageuse de David Trezeguet durant la prolongation à la suite d’une passe décisive de Robert Pirès ! La 6e de ses 19 en équipe nationale, la plus importante aussi. Ce que la France a accompli ce jour-là reste mémorable, "Un exploit improbable à la suite d’un match usant, voire pénible pour nous. La mode des Remontadas n’existait pas encore et surtout pas contre les Italiens ! Face à eux quand tu es mené d’un but, tu ne reviens pas !", souligne aujourd’hui l’homme aux 110 sélections.

Réserviste de luxe, l’ex-gunner fait la différence sur une action individuelle côté gauche à la 103e minute avant de centrer en retrait… La suite de l’action fait désormais partie de l’histoire du football.

"Et dire que normalement, j’aurais dû passer le ballon à Zidane mais j’ai décidé de faire ce que j’ai appris durant ma carrière… Déborder et centrer !"

En duplex de Londres où il réside, l’ex numéro 11 ouvre la boîte à souvenirs avec l’humilité et la bonne humeur qui le caractérisent.

"C’est dur pour l’Italie car l’histoire ne retient que le vainqueur"

De la satisfaction de jouer l’Italie, " qui était fatiguée après sa demi-finale remportée aux tirs au but face aux Pays-Bas Ce match a fait beaucoup de mal aux Italiens. Nous redoutions de jouer les Néerlandais car ils nous avaient battus en poule. C’était l’équipe la plus forte du tournoi" à cette question restée toujours sans réponse "Pourquoi suis-je monté au jeu à la 85e et pas Nicolas Anelka ?" Alors qu’il ne reste plus qu’un changement… Il faut reconnaître que Roger Lemerre, le sélectionneur de l’époque, a été bien inspiré puisque ses 3 remplaçants ont fait la différence. "Vingt ans plus tard, ce match reste un très, très grand souvenir ! " Comme pourrait-il en être autrement ?

Avec comme point d’orgue, le but victorieux de David Trezeguet lors de la prolongation. Les souvenirs sont précis et révèlent un secret vieux de vingt ans, "normalement et automatiquement lorsque j’intercepte le ballon sur le côté gauche, je dois, en principe, la passer à Zidane. Mais je décide d’y aller avec de la réussite et de centrer en retrait… Et David fait le reste".

Une victoire à l’arraché "alors que nous étions épuisés".

Rétrospectivement, Robert Pirès pense que l’équipe de 2000 " était plus forte que celle de 1998". Grâce au talent mais surtout à la hiérarchie clairement établie et "acceptée par tous ! Moi, le premier. On se doit de servir notre pays… Au final, ce que tu veux… C’est gagner ! Que l’on fasse appel à toi pour 5, 10 ou 15 minutes… Une fois sur le terrain, tu dois être méchant et tout donner ! Une fois que le message est clair, tu dois tenter de faire la différence" et c’est finalement ce qui est arrivé aussi bien au Mondial 98 qu’à l’Euro 2000.

 

Le match en intégralité

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