L'association anticorruption Anticor se porte partie civile dans l'enquête sur l'attribution du Mondial 2022 au Qatar

Les soupçons de corruption planent toujours au-dessus de l'attribution de la coupe du monde 2022 au Qatar.
Les soupçons de corruption planent toujours au-dessus de l'attribution de la coupe du monde 2022 au Qatar. - © KURT SCHORRER - AFP

L'association anticorruption Anticor s'est constituée partie civile dans l'enquête portant sur les conditions d'attribution de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar et qui s'intéresse au rôle qu'aurait pu jouer Michel Platini, a-t-elle indiqué vendredi à l'AFP.

"Anticor est intervenue dans ce dossier emblématique et souhaite indiquer ainsi qu'il est urgent de moraliser le secteur sportif où les enjeux financiers sont colossaux", a souligné auprès de l'AFP Elise Van Beneden, présidente d'Anticor, association créée en 2002 et qui compte 5.100 adhérents.

"Anticor a d'ailleurs créé une commission dédiée à l'étude de la corruption dans le sport", a-t-elle ajouté, un secteur particulièrement investi par la justice française depuis l'affaire de dopage dans l'athlétisme russe en 2015.

Dans le dossier Qatari, le parquet national financier, qui enquêtait depuis 2016, a ouvert fin 2019 une information judiciaire pour "corruption active et passive", "recel" et "blanchiment".

Les enquêteurs s'intéressent à un déjeuner organisé à l'Elysée, le 23 novembre 2010, réunissant le président de la République de l'époque, Nicolas Sarkozy, Michel Platini, le prince héritier du Qatar Tamim ben Hamad al Thani - devenu émir en juin 2013 - et Hamad ben Jassem al Thani, alors premier ministre qatari. Ce repas s'était déroulé neuf jours avant que le pays du golfe ne soit désigné pour accueillir la Coupe du monde de football.

Michel Platini, vice-président de la Fifa et président de l'UEFA au moment de cette attribution très critiquée, avait été placé en garde à vue en juin 2019 dans les locaux de l'office anti-corruption (OCLCIFF), ainsi que l'ancienne conseillère sport de Nicolas Sarkozy, Sophie Dion. L'ex-secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, avait, lui, été entendu en audition libre.

En décembre dernier, Médiapart a publié une note, datée du 28 avril 2011 et saisie lors d'une perquisition, laissant supposer que le fils de l'ancienne star du ballon rond, Laurent Platini, aurait bénéficié d'un emploi de complaisance entre 2011 et 2016 au sein de l'équipementier qatari Burrda Sport, en contrepartie du vote et de l'influence de son père.

L'entourage de M. Platini a réfuté "totalement ces allégations", précisant que l'ancien numéro 10, âgé aujourd'hui de 65 ans, "ne comprend toujours pas ce qu'il fait dans cette affaire et en a assez d'être ainsi diffamé".

Anticor attend encore que son agrément, qui lui permet de se constituer partie civile dans des affaires judiciaires de corruption, soit renouvelé par le ministère de la Justice. Son agrément actuel, qui devait expirer le 15 février, a été prorogé jusqu'au 2 avril.

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