L'analyse de Thierry Luthers: Mazzu était le bienvenu, Neymar pas du tout

On a souvent, et à juste titre, stigmatisé les comportements de certains supporters ces dernières semaines. Chants racistes en Italie, banderoles homophobes en France, refrains à relents communautaires chez nous : les dérapages sont nombreux et fréquents. Mais rarement condamnés à leur juste valeur par les instances dirigeantes. Qui les ont parfois qualifiés de " folklorique " ou " ludique " selon les cas. Comprenne qui pourra….

Ce week-end, on a eu droit à deux réactions diamétralement opposées et pour tout dire assez insolites de la part de supporters. Ceux du PSG, on le sait, ont pris en grippe Neymar. Et ils lui ont fait clairement comprendre  samedi au Parc des Prince, huées et banderoles quasi-haineuses à l’appui.  Ils n’ont , notamment, pas pardonné à leur ancienne idole brésilienne ses envies de départ lors du récent " mercato ". Neymar a d’ailleurs assez bien résumé la situation lui-même en déclarant : " je vais  jouer tous mes matchs comme si j’étais à l’extérieur ". Mais, connaissant la versatilité chronique des supporters, cette animosité circonstanciée pourrait bien rapidement  s’estomper…Surtout si Neymar continue à sauver ses couleurs avec des buts splendides, comme celui inscrit à la dernière minute face à Strasbourg….

La veille, à Charleroi, les supporters des Zèbres ont agi exactement à l’inverse. Ils ont tout mis en œuvre pour que le coach visiteur  se sente véritablement chez lui. Leur admirable " tifo " et leur standing ovation ont montré à quel point ils étaient encore attachés à Felice Mazzu, l’enfant du pays. Qui aura marqué d’une empreinte indélébile la belle progression du Sporting ces dernières années. Tiraillé entre l’émotion et la déception, Mazzu aura, au final, vécu une soirée très paradoxale. L’homme était heureux, le coach pas. Il doit sans doute un peu s’inquiéter. Car Genk a déjà été battu trois fois cette saison. En 7 rencontres seulement.

Une semaine européenne ou une semaine d'affaires ?

Et cela à 48 heures de l’entrée en lice en Champion’s League, avec un périlleux déplacement à Salzbourg au programme. Dans un groupe avec Liverpool et Naples, ce sera bien difficile pour les Limbourgeois d’aller chercher l’un ou l’autre point. Et, comme on pouvait s’y attendre, l’équipe semble considérablement affaiblie par le départ de la triplette magique Pozuelo-Malinowski-Trossard.

Dans le groupe A, Bruges ne peut pas se louper mercredi à domicile face à Galasataray, son adversaire direct pour la 3ème place puisque le Real et le PSG, nous y revoilà, semblent au dessus du lot. En Europaleague, jeudi, le Standard, lui aussi, devra s’imposer à la maison face aux Portugais de Guimaraes, sorte de hors d’œuvre lusitanien avant des plats de résistance nommés Arsenal et Francfort.

Enfin, Gand accueillera les " Verts " de Saint-Etienne qui ne sont plus forcément les plus forts contrairement à ce qu’affirme un air très connu.

Une belle soirée européenne en perspective donc….à moins que des juges d’instruction ne décident de passer encore à l’action. Et que l’on reparte pour un tour d’interpellations, d’auditions, voir d’inculpations. Gageons que les différents volets du " Footgate " n’ont pas encore livré tous leurs secrets, tant s’en faut. Et, dans le contexte actuel, certains acteurs du football belge doivent éprouver quelques difficultés à trouver le sommeil.

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