J-100 avant l'Euro de football : l'UEFA ne peut plus reporter et le casse-tête est colossal

J-100 avant l'Euro de football : le casse-tête colossal de l'UEFA
J-100 avant l'Euro de football : le casse-tête colossal de l'UEFA - © BRUNO FAHY - BELGA

Les questions autour d’un Euro de football n’ont sans doute jamais été aussi nombreuses à 100 jours à peine du début de la compétition : conserve-t-on les 12 pays hôtes ? Avec ou sans supporters ? Quelles restrictions sanitaires ? Bref le casse-tête est colossal pour un format de compétition qui engendrait déjà beaucoup de complexité sans Covid.

Alors en y ajoutant la crise sanitaire, le cocktail devient explosif comme le confirme Loic Ravenel, collaborateur scientifique au centre international du sport (CIES) de Neuchâtel en Suisse. "Dès le départ, c’était un format de compétition qui posait problème, parce que la situation est déjà compliquée en temps normal avec un seul pays organisateur en termes de régulation, d’accords à signer, etc. Alors quand vous multipliez cela par 12 et qu’en plus vous rajoutez aujourd’hui le Coronavirus et le fait que chaque pays peut adopter ses propres règles sanitaires, cela devient ingérable. Certains pays exigeront un passeport vaccinal, dans d’autres, il faudra se plier à une quarantaine. En plus de cela, certaines villes comme Bakou et Saint Pétersbourg se trouvent hors Union européenne. Tout cela donne un cocktail explosif et une complexité monstrueuse au cœur d’une période d’incertitude où on ne sait même pas encore si les voyages seront autorisés.

Recentrer l’Euro dans un seul pays comme la Russie ou une seule ville comme Londres semble être la moins pire des solutions. Les Britanniques ne sont pas très chauds, les Russes, eux, sont demandeurs. Mais cette décision ouvrirait la porte aux soucis juridiques par rapport aux villes hôtes qui ont déjà beaucoup investi dans l’événement. Et puis si l’UEFA change son fusil d’épaule, le défi serait colossal pour le pays sélectionné à 3 mois de l’événement.

"Pour le pays hôte, cela voudrait dire préparer en 100 jours une compétition de cette envergure, poursuit Loïc Ravenel. Et puis quid de l’accueil des supporters ? Bref je ne voudrais pas être à la place des dirigeants en situation Covid. On est vraiment dans un flou total."

Chaque solution amène son lot de complexité. Dernière éventualité, un nouveau report : une idée totalement inenvisageable !
"L’an dernier, il y avait l’interrogation Covid : comment gérer ? Comment cela va évoluer ? Depuis, on a montré qu’on était capables d’organiser ce type de compétitions (à huis clos, avec des bulles sanitaires,…), donc il paraît impossible de le retarder surtout qu’en 2022, on va se heurter à la Coupe du monde de football. L’UEFA ne peut donc plus se permettre de reporter sa compétition. L’Euro aura bien lieu, mais pour l’instant la solution la moins compliquée serait de tout relocaliser dans une ou deux villes et avec un nombre restreint de spectateurs, voire sans fans conclut Loïc Ravenel."

Le rendez-vous du 11 juin approche à grand pas. Plus que 100 jours à patienter et surtout plus qu’un petit mois pour savoir quelle forme prendra la compétition puisque l’UEFA doit trancher début avril.

 

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK