Interrogations sur des rencontres du procureur suisse avec Infantino

Le chef de l'autorité de surveillance du parquet suisse a révélé mercredi qu'il examinait le bien-fondé de deux rencontres du procureur fédéral Michael Lauber avec le président de la FIFA, Gianni Infantino, niant toutefois l'ouverture d'une "enquête".

Selon le journal français L'Equipe, le procureur Lauber ferait "l'objet d'une enquête de l'autorité de surveillance du MPC" (Ministère public de la Confédération - parquet), organisme chargé de contrôler le fonctionnement du parquet.

M. Lauber supervise les enquêtes en Suisse sur les accusations de corruption dans le monde du football et ses contacts avec le président de la Fifa suscitent certaines interrogations.

"Le procureur fédéral Michael Lauber n'est pas sous enquête", a affirmé Niklaus Oberholzer, président de l'autorité de surveillance du MPC (AS-MPC), dans un e-mail à l'AFP. "Dans le cadre de ses activités de contrôle habituelles, (l'AS-MPC) examine également, entre autres, les réunions du procureur général avec le président de la FIFA et fera un rapport en temps utile", a-t-il ajouté.

Michael Lauber a rencontré Gianni Infantino, au printemps 2016 à Berne, puis à Zurich, juste après son élection à la tête de la FIFA, selon L'Equipe.

Les six membres de l'autorité de surveillance sont chargés de veiller à la bonne marche des enquêtes menées par le MPC.

Depuis mai 2015 et l'arrestation de hauts cadres du football mondial à Zurich à l'initiative de la justice américaine, la justice suisse a en effet ouvert plusieurs procédures.

L'une concerne l'ex-président de la FIFA Sepp Blatter et l'ex-président de l'UEFA Michel Platini, pour un paiement de 2 millions de francs suisses du premier au second. Les deux hommes ont été suspendus par la justice interne de la FIFA. Sepp Blatter est également soupçonné de "gestion déloyale" pour avoir octroyé un contrat de droits télévisés au sulfureux Jack Warner, dans des conditions apparemment inférieures au prix du marché.

La justice suisse a également ouvert une procédure à l'encontre de Jérôme Valcke, ex-secrétaire général de la FIFA, suspendu par la justice interne de la FIFA pour des faits de corruption.

Les enquêteurs suisses ont également mené en avril 2016 des perquisitions au siège de l'UEFA à Nyon (Suisse) à la suite des révélations des Panama Papers portant notamment sur un contrat de droits de télévision accordé par Gianni Infantino, alors secrétaire général de l'instance, avant qu'il prenne les rênes de la FIFA.

Le procureur suisse justifie ses rencontres avec le patron de la FIFA

M. Lauber a donné des détails sur les réunions avec M. Infantino. Après sa nomination à la tête de la Fédération internationale de football (FIFA) en février 2016, M. Infantino a souhaité une rencontre avec le Ministère public. Le premier procureur du Valais, Rinaldo Arnold, sur demande de la FIFA, a ainsi contacté André Marty, responsable de la communication au MPC.

La première réunion, qui a duré environ une heure le 22 mars 2016 à Berne, a servi à faire le point. Il s'est entre autres agi de clarifier la position de la FIFA en tant que plaignant.

M. Lauber et M. Marty du MPC ont pris part à cette rencontre. M. Infantino était accompagné de M. Arnold. Une deuxième rencontre a eu lieu un mois plus tard à Zurich.

Lors de cette nouvelle rencontre, le 22 avril 2016, des questions de procédures ont été clarifiées. Il a cité comme exemple le traitement de l'énorme quantité de données saisies. Cette réunion a duré environ une heure.

Les rencontres avec M. Infantino font partie de la façon dont il comprend son travail, a expliqué M. Lauber. Dans cette affaire, l'Association mondiale de football (FIFA) figure à la fois comme plaignant et comme partie lésée.

Michael Lauber développe de nouvelles stratégies pour faire aboutir son travail. Le procureur souhaite poursuivre les discussions de ce type à l'avenir.

M. Lauber se sent légitime à poursuivre ses investigations liées à la FIFA et son activité au poste qu'il occupe depuis 2012.

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