Fred Waseige : "Manchester City blanchi, c’est à l’image du monde actuel"

Observateur avisé du football anglais, Frédéric Waseige réagit durement à la décision du Tribunal Arbitral du Sport de lever la suspension pendant deux ans de toute compétition européenne qui avait été infligée à Manchester par l’UEFA. Comme il le précise, pas sur le fond du dossier, mais sur le sens moral de cette décision.

Frédéric Waseige, êtes-vous surpris de la décision du TAS ?

"Oui, je suis franchement surpris. Je re-commente des matches de Premier League depuis 3-4 semaines et j’étais persuadé que la cinquième place allait être qualificative pour l’Europe parce que je pensais que City allait être suspendu. Je suis un doux utopiste, j’espérais un sursaut de la morale, mais une fois de plus, ce n’est pas le cas. Maintenant, je ne connais pas les détails du dossier, il est peut-être très solide. Je ne me prononce pas sur le fond, mais sur le sens moral de cette décision."


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Vous avez un peu le sentiment qu’on ne prête qu’aux riches ?

"Oui. Au départ, l’argent de plusieurs grands clubs, qu’il vienne du Golfe ou des oligarques russes, n’est déjà pas très propre. Cela dit, le mal ne date pas d’hier. Il y a 30-40 ans, les grands clubs pouvaient déjà tout se permettre, à ce moment-là c’était surtout au niveau de l’arbitrage que ça se passait. C’est le reflet de l’époque, c’est à l’image du monde actuel. Le fric fait la loi, et le pouvoir est réservé aux gens de pouvoir, et tout le monde triche. Les clubs peuvent se payer de meilleurs experts financiers, les braconniers sont plus riches que les gardes-chasse."

On sanctionne durement de "petits" clubs turcs, mais quand il s’agit du PSG ou de City, ça passe. Le fair-play financier a-t-il encore un sens ?

"Oui, si on leur donne vraiment les moyens de leurs ambitions. Mais le mot "fair-play" accolé à "financier", j’ai déjà des doutes. Il faut arrêter de faire semblant. Il y a de belles déclarations, mais derrière, il n’y a rien. Ils avaient pourtant l’occasion de faire un exemple. L’UEFA, la FIFA, le TAS, la manière dont tout cela fonctionne, ça devient très gênant. Ils ont commis la bêtise de donner la Coupe Monde au Qatar. On a pensé la leur retirer, et puis finalement non, on la jouera bien là-bas. Une nouvelle fois, le pouvoir est réservé aux gens de pouvoir."

 

 

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