Flowers of Scotland : quand les Ecossais tiennent tête aux Anglais dès leur hymne national

Il y a des matches qui commencent bien avant le coup d’envoi, des rivalités qui s’expriment à pleins poumons dès les hymnes nationaux. Pour s’en convaincre, il suffira de jeter une oreille à l’avant-match d’Angleterre-Écosse

Parce que si le foot permet aux supporters de manifester tout leur attachement à leur pays, pour les Écossais, il y a toujours un petit quelque chose en plus quand les premières notes de "leur" hymne, Flowers of Scotland, sortent de la cornemuse. Un morceau fournisseur officiel de frissons alors qu’il s’agit d’un hymne… non-officiel, une réplique au God Save the Queen britannique qui devrait officiellement accompagner les sorties des sportifs écossais. Peu importe, les supporters scottish l’ont clairement adopté (et les instances internationales du foot et du rugby l’ont accepté) comme réel étendard de leur fierté, porte-parole aussi de leur sentiment vis-à-vis de leurs meilleurs ennemis : les Anglais.

Et si Harry Kane et ses équipiers chanteront donc bien God Save the Queen, les hommes de Steve Clarke entonneront eux ces "Fleurs d’Ecosse", héritées des rugbymen, qui ont eux-mêmes "emprunté" la chanson aux Corries, un groupe folk écossais des années 60. Mais l’acte officiel de naissance de cet hymne désormais mythique indique plutôt le mois de mars 1990. Le 17 mars exactement, à Édimbourg. Ce jour-là, l’Écosse du ballon ovale reçoit l’Angleterre à Murrayfield. Bien plus qu’un match de rugby : cette confrontation est une vraie finale du Tournoi des Cinq Nations (l’Italie n’ayant pas encore rejoint la compétition à l’époque) puisque le vainqueur du match signera le Grand Chelem et remportera le Tournoi. Un vrai couronnement.

Les Anglais, sûrs d’eux et déjà prêts à soulever le trophée, ne soupçonnent pas le "coup" fomenté dès l’avant-match par le XV au Chardon. Les Écossais (et leur Fédération) ont en fait demandé à la fanfare de jouer l’air populaire des Corries (raccourci à deux couplets, pour ne pas faire durer le protocole trop longtemps). Dès les premières mesures, tout le stade reprend en chœur les paroles anti-anglaises, galvanisant l’équipe écossaise. En mission, les joueurs écossais s’imposent 13-7, empochent le tournoi, et offrent sans doute sans le savoir les lettres de noblesse à un des hymnes les plus prenants du sport collectif.

Pour bien comprendre le sentiment qui déborde des tribunes écossaises, il faut se plonger dans les paroles de la chanson : celles de Flowers of Scotland font référence à la bataille de Bannockburn, pendant laquelle les ancêtres écossais "se sont dressés contre l’armée du fier Edward II" et l’ont littéralement "renvoyé chez lui pour qu’il y réfléchisse à deux fois". Une victoire écrasante des Écossais contre les Anglais donc, en 1314.

De quoi inspirer les supporters, qui n’hésitent pas à ajouter de retentissants "ENGLAND !" (évidemment absents dans le texte original) aux moments où les paroles évoquent l’ennemi juré. "England", version édulcorée pour les supporters les plus sages, les autres n’hésitant pas à aller puiser dans un vocabulaire bien plus "fleuri" pour agrémenter la chanson… et parfois même s’en prendre à la Reine. De quoi réaffirmer le patriotisme, voire les envies de séparatisme. La politique n’est jamais loin entre l’Écosse et l’Angleterre…

Lors des matches de rugby disputés à domicile par l’Écosse, il est désormais de coutume d’accompagner le premier couplet à la cornemuse, puis de laisser le stade chanter la suite a cappella. On vous défie de ne pas frissonner.

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