Euro Espoirs : "Entre nous, on parle des Jeux Olympiques…"

Alors que les Diables Rouges ont déjà un pied à l’Euro 2020, les Espoirs de Johan Walem entament leur propre Euro en Italie. Tout au bout de ce tournoi pointent peut-être… les Jeux Olympiques de Tokyo. Onze ans après la génération pékinoise de Jean-François de Sart.

Les Diablotins ont pris leurs quartiers à Sassuolo, où ils abordent dimanche face à la Pologne le premier volet de leur triptyque de la mort : leur groupe inclut également l’Italie et l’Espagne, qui font partie des favoris pour la victoire finale. Johan Walem a emmené ses hommes à Catane en Sicile, pour un dernier stage après la divulgation, la semaine passée, du noyau des sélectionnés.

On a beaucoup travaillé la tactique durant ce stage car il fallait intégrer de nouveaux joueurs " explique Sebastiaan Bornauw (Anderlecht). " Cet Euro est une chouette expérience pour la plupart d’entre nous : la pression est comparable à un match à Anderlecht. On forme un groupe uni et très solidaire car, par rapport au Sporting, on est ici de la même génération et de la même nationalité. On partage donc pas mal de codes et on n’a pas de soucis de langues ou de cultures. Cela se voit sur le terrain : on est très soudés. "

Si Bornauw est débutant à ce niveau, son comparse de l’axe défensif belge Wout Faes (Ostende) a déjà l’expérience des grands tournois chez les jeunes. Il porta notamment le brassard de capitaine en 2015, lors du Mondial U17 au Chili, où les Diablotins décrochèrent la médaille de bronze.

Ce genre de tournoi génère toujours une forme de stress, mais c’est un stress d’adrénaline, un stress sain " explique le joueur d’Ostende, qui sort d’une saison pleine à la Côte. " Avec mon expérience, je sais comment ça fonctionne et je conseille les plus jeunes. Nous jouons tous dans des clubs de D1 et ça nous offre un bagage précieux, notamment pour les embrouilles durant les matches. Notre force, c’est la cohésion, nous avons aussi des attaquants très efficaces dont la vitesse peut faire mal. Notre base collective permet aux individualités de se sublimer. "

La génération Faes-Bornauw aura donc fait mieux, en se qualifiant pour cette phase finale, que la génération précédente, qualifiée de " dorée ", des Musonda, Bongonda et autre Praet : " trop de talent, pas assez de mentalité " avait dit à l’époque Johan Walem pour qualifier cette génération perdue. Mais au tirage au sort, l’équipe actuelle a hérité d’un double os : l’Italie et l’Espagne font partie des grands favoris à la victoire finale.

On sait que ce sera difficile, c’est un vrai groupe de la mort, mais on croit en nous " clament en chœur les deux défenseurs axiaux. " On commence par la Pologne, l’adversaire le plus abordable sur papier : si on gagne ce match, tout est possible. Ce statut d’outsider nous convient assez bien, il nous permet de jouer sans pression et de prendre confiance " ajoute Wout Faes.

En cette approche de mercato, les prestations vont aussi être passées à la loupe : pour pas mal de ces jeunes joueurs, c’est l’occasion de se mettre en vitrine. " Je ne veux pas voir les choses comme ça, les appréciations passent d’abord par le collectif " précise Bornauw, qui joue aussi son avenir à Anderlecht. " Je n’ai pas encore eu de contact avec Vincent Kompany mais je sais qu’il va suivre nos matches. Je vais faire de mon mieux car je ne demande rien d’autre que de pouvoir évoluer et apprendre à ses côtés dans l’axe de la défense du Sporting. On verra après l’Euro si mon futur se situe à Neerpede. "

La Belgique dispute le 3e Euro U21 de son histoire, après les expériences de 2002 (Suisse) et 2007 (Pays-Bas) : en 2007, l’équipe dirigée par Jean-François de Sart décrocha même sa qualification olympique pour les Jeux de Pékin de 2008. Ici aussi, l’horizon est olympique : les demi-finalistes de cet Euro seront qualifiés pour les Jeux de Tokyo l’an prochain. " On en parle beaucoup dans le groupe " concède Wout Faes. " Je sais que les Jeux Olympiques ne font pas toujours rêver les joueurs de foot, mais nous, on veut vraiment y aller. On ne joue des JO qu’une fois dans une  vie : je me souviens de 2008, j’avais 10 ans, j’avais suivi tous les matches de l’équipe de de Sart, ils étaient un peu mes héros. "

Sebastiaan Bornauw ne dit pas autre chose. " J’étais fort petit en 2008, je ne me souviens pas des résultats mais je me rappelle des maillots que portaient les Diablotins. Le fait de côtoyer les autres sports me motive fort : je connais Jonathan Sacoor et Remco Evenepoel, ça me dirait bien d’être à Tokyo et, entre nos matches, d’aller voir les épreuves de Jo et Remco. "

Les Diablotins ont été mis dans l’ouate : l’encadrement a été renforcé, ils logent dans un hôtel 5 étoiles muni de toutes les facilités. La Fédération a libéré des moyens sans précédent : le Coach Fédéral Roberto Martinez sera d’ailleurs présent durant tout l’Euro pour appuyer Johan Walem. C’est un vrai signal après des années d’indifférence.

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