Euro 2020 : le onze des revenants

Ils (ou leur coach national…) avaient déjà biffé leur avenir en Sélection. Ils s’apprêtaient à vivre un nouvel été sans grand tournoi, et en mode claquettes-plage. Mais rappelés du diable vauvert après des marathons sans cap, ils seront bien de la grande fête de l’Euro. Voici notre onze des revenants, auxquels plus personne ne croyait. Voici notre onze des vampires.

13 images
© Tous droits réservés

LE GARDIEN

Maarten Stekelenburg. A 39 ans en septembre, le vétéran batave ré-enjambe les marches quatre à quatre. Titulaire oranje et médaillé d’argent au Mondial sud-africain de 2010, Maarten Stekelenburg a profité de la suspension pour dopage, en février, de son titulaire à Ajax André Onana pour s’emparer des bois amstellodamois. Recruté comme doublure durant l’été 2020 après son tour d’Europe (AS Roma, Everton, Southampton, Monaco), le géant néerlandais a rejoint le camp national durant le stage de mars après 4 ans et demi d’absence en sélection. Il vient d’intégrer le cercle des 25 joueurs (dont Johan Cruijff, Frank Rijkaard et Edwin van der Sar) ayant porté au moins 300 fois la vareuse ajacide. Appelé par Frank De Boer comme 3e portier, Stekelenburg pourrait à nouveau brûler les étapes, après le forfait (pour Covid) du titulaire Jasper Cilissen.

LA DEFENSE

Mats Hümmels. Agé aujourd’hui de 32 ans, le roc de Dortmund avait été mis à la retraite internationale, avec Jérôme Boateng, par Joachim Löw après sa dernière apparition en Sélection en novembre 2018, quatre ans après son titre mondial et quelques mois après la campagne de Russie. Leader expérimenté de la défense, Mats Hümmels a gratté 48 des 51 matches possibles avec le Borussia cette saison et est rappelé pour piloter la nouvelle génération teutonne. Le paria sauvera-t-il son ex-bourreau, avant l’arrivée de Hansi Flick en fin d’été ?

Aymeric Laporte. Titulaire de 51 caps en France chez les jeunes (et même capitaine des Bleuets U19 à l’Euro 2013), Aymeric Laporte a activé in extremis son passeport espagnol pour intégrer la Roja, orpheline de Sergio Ramos. Pour célébrer l’événement, le Franco-Basque avait même modifié, durant quelques secondes, son patronyme en Aymeric " Lapuerta " sur son profil Twitter. Convoqué par Didier Deschamps à trois reprises depuis 2016, le central de City n’a jamais foulé la pelouse avec les Bleus (banquette ou blessure). Vierge de casier en Sélection, il n’a gratté que 20 bouts de matches avec City en Premier League et en Champions cette saison : la faute à une implacable charnière Dias-Stones.

Thomas Vermaelen.  Incontournable par son talent et son métier, Thomas Vermaelen déplore un physique fragile pour justifier ses… 45 maigres minutes (dont 21 face à Galles en mars dernier) sur les 12 derniers matches des Diables ! Mais Roberto Martinez est un conservateur et il aime ses fidèles… Titulaire avec les Diables la dernière fois en… novembre 2019 (!) lors du succès en Russie (1-4), Verminator a à peine davantage de temps de jeu en J-League nippone : 8 matches seulement… sur 22 possibles. Mais 8 matches disputés intégralement.  Vermaelen, c’est donc tout ou rien : un peu comme la défense belge en somme ?

LE TROIS MEDIAN

Daley Blind (Pays-Bas). 361 jours exactement, quasi une année pleine : c’est le collapse vécu par Daley Blind  en équipe nationale des Pays-Bas. De novembre 2019 à novembre 2020, en anticipation de l’année Covid, le médian ajacide loupe les 4 matches des Oranje, par suite aussi d’un diagnostic d’inflammation au muscle cardiaque, qui lui fait mettre sa carrière entre parenthèses durant plusieurs mois. De retour depuis l’automne dernier, Blind est chargé de jouer les tauliers en l’absence de Virgil Van Dijk… et malgré une blessure musculaire qui lui fera louper le début du tournoi. Façon De Bruyne et Witsel.

Koke (Espagne). Plus connu par son patronyme, Koke porte à l’Etat-Civil les ferments nominatifs de son destin : Jorge Resurreccion Merodio est un guerrier de la pure (pire ?) espèce, authentique incarnation de l’esprit Colchoneros. Titré de la Liga, le capitaine de l’Atletico Madrid (plus de 500 matches !) vient de gratter 5 des 6 derniers sorties de la Roja… mais c’était après deux années 2019 et 2020 quasi-blanches. Parmi les frappeurs malheureux de la séance de tirs au but ayant mené à l’élimination de l’Espagne face au pays-hôte au Mondial russe, Koke a vu défiler devant lui 19 matches de la Sélection… avant de rattraper in extremis le train à l’automne 2020.

Adrien Rabiot (France). La brebis égarée a rejoint le troupeau. De 2018 à 2020, le pilier de la Juventus a connu deux années en mode paria pour la Sélection, suite à son refus (signifié par mail sur injonction de sa mère… qui est aussi son agent !) de servir sous Deschamps après son vent pris pour la campagne triomphale de Russie. Repris en août dernier en Nations League, le Parisien est devenu incontournable : Rabiot a bouclé 8 des 10 matches possibles avec les Bleus et 47 avec la Vieille Dame (5 buts et 3 assists), ne loupant que trois matches sur la saison… pour suspension. Un cœur blessé pour un corps qui ne l’est jamais.

LES FLANCS

Thomas Müller (Allemagne). Avec ses compas flasques et sa motricité de squale opaque, ce gus ne ressemble à rien… mais excipe de cet algorithme " ruse/efficacité " qui nourrit depuis toujours le label germain. Rappelé par Joachim Löw dans son combo Hümmels, Thomas Müller a livré cette saison 46 matches sur 50 possibles avec le Bayern, ne cédant que 4 joutes sur l’autel d’une bestiole nommée Covid. Avec des chiffres qui donnent le tournis : 15 buts et… 24 assists, le Bavarois de 31 balais s’est montré 39 fois décisif ! Joachim Löw était donc bien obligé de l’exhumer du caveau : pour son retour en sélection après 928 jours de rejet, Müller a déjà gratté 90 minutes face au Danemark pour sa 101e cap. Le centenaire est increvable…

Nacer Chadli (Belgique). C’est ce qui s’appelle pointer les narines au bon moment : au bout d’une année de galère à Basaksehir Istanbul, englué dans le bourbier de la relégation, et où il a enchaîné les blessures, Nacer Chadli a retrouvé son organisme (et son plein régime) en mars, pour les derniers tests amicaux d’avant-Euro. Souvent contesté, le Liégeois a pour lui sa polyvalence et l’expérience de deux Mondiaux avec les Diables. Et surtout : l’indéfectible loyauté de Roberto Martinez, toujours loyal à ses fidèles et qui n’a pas oublié son but " je l’avais dit, bordel ! " face au Japon. Un pion mythique et salvateur qui, lui aussi, faisait suite à une saison misérable en club… avec seulement 6 apparitions avec West Brom. Vous avez dit bis repetita ?

L’ATTAQUE

Karim Benzema (France). Avec 5 années et demie de casserole sextape sévèrement accrochée à sa godasse, Karim Benzema a cette fois crevé l’écran par ses propres gaudrioles footeuses : trente fois buteur sur 46 sorties avec le Real cette saison, plébiscité " meilleur attaquant du monde " par ses pairs de la Planète Foot, l’ex-Gone lyonnais était redevenu incontournable. 68 mois après sa sortie sur un doublé face à l’Arménie en octobre 2015, Benzema a réintégré le train bleu par un assist face aux Gallois. Mais tout le monde a bien vu que la bête était affamée de pions à planter. Courage déjà à Manuel Neuer.

Christian Benteke (Belgique). Big Ben sonne toujours à l’heure : celle de l’Euro. Grand malchanceux des sélections de Coupe du Monde, Christian Benteke a retrouvé sa mire à l’approche de l’été. Auteur de 6 pauvres goals sur ses 3 années précédentes à Crystal Palace, le colosse de Droixhe a buté 9 fois cette saison… dont 5 en fin d’exercice. Grand bénéficiaire de l’élargissement des listes à 26, Benteke a retrouvé la forme et la faim juste à temps pour, qui sait ?, améliorer ses stats en EN : 5 caps seulement en 4 ans… et 48 pauvres minutes sur les 12 dernières sorties des Diables. Big Ben, it’s real time !

 

 

 

LE MILIEU

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK