Eupen-Anderlecht : Lawrence méritait la rouge, et Kompany la jaune ?

Eupen-Anderlecht : Lawrence méritait la rouge, et Kompany la jaune ?
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Eupen-Anderlecht : Lawrence méritait la rouge, et Kompany la jaune ? - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA et JEAN MICHEL BYL - RTBF

Deux précisions importantes, d’abord.

Jusqu’à l’exclusion de Kemar Lawrence, Anderlecht surclassait Eupen et aurait mérité de mener au score par 2-3-4 buts d’écart. La rouge du Jamaïcain précipite la défaite du Sporting.

Et Vincent Kompany, en tant que joueur, entraîneur, et plus encore en tant qu’homme, est quelqu’un pour lequel nous avons une grande estime, beaucoup de sympathie, et même d’affection.

Mais…

Kemar Lawrence méritait d’être exclu

Le Jamaïcain tacle les deux pieds en avant, décollés du sol, ne touche pas le ballon, et menace de prendre la jambe d’Agbadou en ciseaux. Avec un peu de malchance le défenseur ivoirien d’Eupen se retrouve avec une double fracture tibia péroné. Au départ, Alexandre Boucaut avait sorti un carton jaune, c’est Erik Lambrechts (VAR) qui est intervenu pour suggérer la rouge.

Stéphane Breda est formel : " L’intention n’est probablement pas de blesser mais c’est un tacle non-classique, il décide de venir les pieds en avant, la charge est impétueuse et il menace l’intégrité du joueur. Le VAR a bien fait d’intervenir, et Alexandre a eu raison de revoir sa décision".

Marcel Javaux est moins catégorique, pour lui l’intention n’était pas de blesser, le VAR ne devait pas intervenir.

Pour rappel, en début de match, l’arbitre avait accordé aux Mauves un penalty pour une faute sur Amuzu, faute commise à l’extérieur du rectangle, et c’est le VAR qui avait corrigé.

Vincent Kompany flirte avec la ligne jaune

Vu le huis clos et l’absence de tout public, on entend tout dans les stades de foot ces temps-ci. Les cris des joueurs, mais aussi ceux des coachs. Et depuis qu’il est T1, Vince The Prince n’épargne ni ses cordes vocales ni… les arbitres.

Hier, les oreilles de Boucaut ont sifflé, même si jamais Kompany n’a attaqué l’homme, ni proféré d’insultes, ni fait des gestes agressifs. C’est essentiel de le préciser.

Sur la séquence " Lawrence ", voici quelques-unes de ses interventions :

Lorsque l’arbitre siffle la faute : " Mais qu’est-ce que tu fais ? Qu’est-ce que tu fais ? On ne peut plus jouer ou quoi ? ! C’est quoi ce sport ? ! "

Lorsque la jaune est sortie : " C’est un tacle correct, ça, y en a plein dans cette rencontre. On doit faire quoi, alors, donner le passage ? ! "

Pendant que Boucaut visionne : " Nous, on ne se plaint pas de ce genre d’action. Il vient sur le côté du ballon, jamais sur les chevilles. Il bloque la trajectoire du ballon, pas les pieds, ça se voit, non ? ! "

Au moment où la rouge sort de la poche du Ref et que toute la famille mauve s’insurge, pas un mot, pas un geste de VK. Comme le chrono du stade, le temps est suspendu, l’entraîneur anderlechtois est muet, hagard, comme pétrifié.

Mais plus tard dans le match, déterminé, voulant y croire encore, toujours concerné par sa mission de formateur, jusqu’au-boutiste comme il l’a sans cesse été, mais aussi frustré et sans doute inquiet, on l’entendra encore :

" C’est quoi, ça ? ! Il arrête l’attaque, c’est pas jaune, ça ? ! Eux, ils peuvent tout faire, alors ? ! "

" C’est la 50e fois, Monsieur l’arbitre, la 50e fois ! "

Et lorsque Matt Miazga reçoit une carte jaune pour une faute en milieu de terrain : "Donnez la rouge, Ref ! Donnez la rouge, pour rester cohérent ".

Cette image d’un Vincent Kompany mauvais perdant, agressif, caustique, de mauvaise foi, elle est nouvelle, elle nous déstabilise, peut-être même nous déçoit-elle ? La semaine dernière, il avait pourtant été averti en fin de match à OHL. On sait qu’elle est la conséquence de son énorme investissement dans le redressement de "son" Sporting. Sa voix a toujours porté plus que celle d’un autre. Plus fort et plus loin. Quand elle se fait vindicative ou virulente, ça fait plus mal aussi.

A plusieurs reprises, le 4e arbitre a probablement averti Boucaut, qui lui a certainement entendu une partie des récriminations de VK. A-t-il voulu rester concentré sur son match, cherché à ne pas frustrer plus encore Anderlecht, ou fait preuve de (trop ?) de respect envers un homme dont le fair-play est la marque de fabrique ? Impossible à dire. En tout cas, il ne lui a même pas adressé d’avertissement.

D’autres entraîneurs auraient-ils reçu plus pour moins que cela ? Possible aussi.

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