Et si Kevin De Bruyne devenait…ballon d'or en 2020?

Avec Kevin, c'est le Brésil
Avec Kevin, c'est le Brésil - © BRUNO FAHY - BELGA

Messi, Ronaldo, Messi, Messi, Ronaldo,…Depuis 2008, les deux monstres onze fois sacrés se partagent le trophée rond le plus envié de la planète ballon. En 2018, la victoire de Modric avait cependant ouvert la porte aux plus désespérées des victimes de cette alternance royale. Le Croate, au talent indéniable, se voyait surtout primé pour sa saison "collective" très aboutie, avec le Réal, vainqueur de la Ligue des Champions, et la Croatie, finaliste de la coupe du monde. L’année passée, Messi avait repris sa marche divine en raflant son 6è Ballon d’or. Mais la porte semble désormais encore entrouverte pour les autres prétendants. La victoire de l’Argentin avait d’ailleurs été discutée, notamment vis-à-vis des joueurs de Liverpool. Mais voilà, les stars des Reds (Mané, Van Dijk, Salah, Firmino,…) s’étaient répartis beaucoup de voix et ce n’est pas un avantage dans ce style de réferendum, parfois paradoxal dans un sport collectif. Il vaut donc mieux être le moteur incontesté de son équipe pour gagner le ballon d’or. Et c’est là que Kevin De Bruyne peut avoir son mot à dire.

La saison passée, souvent blessé, il avait laissé ses équipiers briller parfois plus que lui. Au classement du ballon d’or, Bernardo Silva, Mahrez et Sterling étaient par exemple devant lui, finalement 13è.

Des stats record

Mais cette saison, il a repris plus que jamais les clés du jeu des Citizens. Kevin is the King. Et en parlant de clés, il passe partout ! C’est son secteur de prédilection. Dans le championnat d’Angleterre, au-delà de ses passes décisives, il occupe la tête du classement statistique des grosses occasions créées (25) et des passes-clés (101, c’est-à-dire 3 et demie par match). Avec 10 buts et 16 assists, il est le joueur de Premier League le plus décisif. Le seul avec un "double" chiffre pour ces deux secteurs offensifs. Il a été déterminant, par une passe ou un but, lors de 18 matchs sur les 29 disputés en Premier League.

Il a d’ailleurs été élu 8 fois " homme du match " cette saison. Et ce n’est peut-être pas fini. En termes d’assists, il peut espérer battre le record sur une saison de Thierry Henry (20). Les phases arrêtées, les centres (plus de deux par match), le jeu long (plus de trois longues passes par match) peuvent l’y aider. Thierry Henry est d’ailleurs l’un de ses plus grands fans, quand il dit de lui qu’ "il n’est pas normal. Il vient d’une autre planète ".

Pour le meilleur et pour l’empire du milieu

C’est vrai qu’au-delà de ces stats, impressionnantes, il suffit de regarder les matchs de Manchester City pour se rendre compte du statut de KDB. Il demande, il bouge, on lui donne le ballon, il crée. C’est lui le moteur. Il est bien huilé et ça tourne. En plus, il pistonne ! En moyenne, cette saison, il court 11,6 km par match. C’est très impressionnant pour un joueur créatif. D’ailleurs, son intelligence de jeu se voit dans une stat moins sexy : il commet en moyenne plus de fautes qu’il n’en subit. Il sait que son entraîneur, Guardiola, aime que son équipe freine les contre-attaques adverses le plus vite possible…

Pas étonnant que le Pape Pep dise de Kev qu’  "il peut tout faire. Il est l’un des meilleurs joueurs que j’aie entrainé de toute ma vie."

Il voit plus vite, il pense plus vite que les autres. Un magicien aux multiples tours de passe-passe.

Un ancien ballon d’or un peu surprise, Michael Owen, le place d’ailleurs tout en haut des meilleurs passeurs de l’histoire de la Premier League. Devant Scholes, Beckham et Giggs.  Il y a du Laudrup chez notre Kevin. Et ce sont les autres qui le disent.

Par ailleurs, vu sa forme actuelle, les sondages "Kevin De Bruyne est-il actuellement le meilleur milieu de terrain du monde ?" fleurissent un peu partout. KDB figure aussi parmi les grands favoris à l’élection du "joueur Premier League de l’année". On se dit qu'il pourrait en tout cas devenir le premier Belge sur le podium du ballon d'or, après la 4e place de Van Himst et de Van Moer.

Quels concurrents ?

Mais le talent reconnu mondialement et les stats ne suffisent pas pour être élu " Ballon d’or ". Pour battre Messi ou Ronaldo, il va falloir soulever l’un ou l’autre trophées. Comme Modric en 2018. Le ballon d’or, c’est un instantané d’une année. Il raconte une saison. Il ne dit pas toujours quel est le meilleur joueur du monde, mais parfois le joueur parmi les meilleurs qui a su mener son équipe vers un succès collectif. Même si Ribéry, Iniesta ou Sneijder diront le contraire.

La Premier League est déjà acquise par Liverpool. Reste la Cup, plus assez clinquante aux yeux des votants. Ce qui va donc compter, en l’absence de compétition par pays, c’est évidemment la Ligue des Champions. Si le Barça ou la Juventus la remporte, on sait vers qui se tourneront les regards. Mais ces deux clubs ne marchent pas sur l’eau en ce moment. Et il y a d’autres prétendants pour se mettre la balle 18 carats aux doigts de pied. Pas tellement ses concurrents de Liverpool, qui risquent sans doute encore de voir les votes se répartir entre eux. Non, le danger pourrait bien venir du Bayern Munich, où le grand Robert s’est illustré. Lewandowski sort d’une Bundesliga incroyable, avec 34 buts ! Et il a cartonné pour l’instant en Ligue des Champions avec 11 buts. Lewy lévite et le Bayern, qui a explosé Chelsea à l’aller, a un pied un quarts. Où se trouve déjà le PSG, avec Neymar et Mbappé, deux joueurs très " ballon d’or compatibles ". Plus que Benzema, sans doute. Le Français dispute pourtant une grande saison avec le Réal, qui est en position défavorable en Ligue des Champions après sa défaite à domicile à l’aller contre…Manchester City (1-2). Ce soir-là, un certain Kevin De Bruyne avait envoyé un message, avec un but et un assist. Il devra continuer sur sa lancée. Son mois d’août sera décisif pour ce classement prestigieux finalement moins important que les grandes victoires collectives. Et qu’un autre triplé qui l’attend en ce même mois doux d’été. KDB deviendra papa, pour la troisième fois.

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