Entre mauvais acteurs et scénarii foireux, le sport fait son cinéma

Ce week-end, c’était la clôture du festival de Cannes et le cinéma s’est aussi invité sur les terrains de sport. "Action !"

On commence par l’épilogue du championnat de Belgique. Clap de fin. Générique grandiloquent avec en tête d’affiche le Club de Bruges champion. Mais pas de final à suspens. L’intrigue était cousue de fil blanc. Niveau action et indécision, ça ressemblait plus à un mauvais Bridget Jones qu’à Die Hard. Cette année, on était dans de la romance de série B. Silvio Proto a d’ailleurs reçu une palme pour sa dernière prestation. Il a fait couler les larmes, digne d’un acteur de mauvais soap qui sait que son personnage va mourir à la fin de l’épisode.

On dit souvent que les sportifs font beaucoup de cinéma et… c’est vrai ! Ce sont des acteurs, plus ou moins bons, c’est selon. Hasi tente d’adapter le style "De Niro menaçant". "Vous serez encore coach d’Anderlecht la saison prochaine ? Tu vas voir après !"

Tu vas voir mec ! Bon OK ! Il impressionne moyen, je vous l’accorde. D’autres sont plus dans l’exaltation, un ton Depardieuesque, de quand il était sobre et qu’il ne faisait que 130 kilos. Une frénésie et une sincérité à foutre les frissons. Le meilleur exemple : Pascal Dupraz et sa, désormais, légendaire causerie d’avant-match avec Toulouse.

Intense. Même si le paroxysme de l’émotion reste ce gros plan sur un mourant et celui qui tente de le garder en vie. Du moins si les acteurs assurent. Matt Pokora, lui, a bien contrôlé son massage cardiaque sur David Ginola. Un talent qui guide ses mains.

De gros films cet été

Parce qu’il est évident que certains films sont portés par la performance d’un acteur qui fait la différence, plus que l’histoire. Prenons la bobine d’une merveille cinématographique, le remake moderne d’une comédie musicale. Version signée Ribéry. "Aux Champs-Elysées. Aux Champs-Elysées. Palapalapala."

Ben si tu étais là… On sent l’étincelle de génie dans la composition qu’il offre du personnage. À tous les coups, il recevra un prix d’interprétation. D’autant qu’il effectue ses cascades lui-même. Parfois avec fracas, en témoignent les marques laissées sur son visage.

Des cascades dignes des grosses productions qui fonctionnent toujours au box-office. Les blockbusters aux scénarii prévisibles. Les Français en sortent aussi. Roland Garros s’est offert à nous par un fondu au gris en ouverture. Une pluie qui plante le décor. Certains ont quand même pu exprimer leur talent. Jugez le jeu d’acteur de Benoit Paire, qui a finalement gagné. Excellent déversement de sentiments. Le personnage tiraillé entre des émotions qui le dépassent.

Et tant qu’à parler des blockbusters français, je vous propose la bande-annonce de l’euro 2016 avec un extrait de notre Wilmots. "Eden doit devenir un leader avec ses pieds." Leader en mettant des coups de savate. Pas très courtois. Espérons surtout qu’il ne s’agira pas d’un flop. Allez, "Coupez !"

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