Dutoit : "Le plus compliqué, c'est de ne pas savoir ce qui va se passer"

William Dutoit était l’invité de l'émission "Complètement (PAS) Foot" ce dimanche avec David Houdret, Pascal Scime et Joachim Mununga. Le gardien du KV Ostende évoque son confinement, la situation de son club en bas de classement et... son avenir.

"Le plus compliqué, c'est de ne pas savoir ce qui va se passer. Comme j'en parlais encore aujourd'hui avec ma compagne, nous à Ostende, il nous reste encore un match très important à jouer pour notre maintien. Donc, tant que la Pro League n'a pas décidé et n'a pas statué officiellement sur le sort de la suite du championnat, il nous reste un match ultra important à jouer pour notre survie. Donc voilà, on attend de savoir si ce match va avoir lieu..."

Mais évidemment dans ces conditions particulières du confinement, la préparation de ce match est compliquée. "C'est très difficile. On reçoit un programme tous les jours de la part du préparateur physique. On a aussi deux entraînements en "visio" avec tous les joueurs où on fait beaucoup de gainage et un peu de musculation au niveau des jambes. Et voilà. Pour le reste, toucher le ballon, c'est compliqué. Pour un gardien, prendre des ballons, toucher le ballon, c'est compliqué. Je peux essayer de demander à ma femme de tirer. Mais bon... Pour se maintenir physiquement, je pense qu'il n'y a pas de problème là dessus... C'est vrai que moi, comme pour les autres joueurs, le ballon me manque. Plonger me manque. Il me manque des frappes. Voilà tout ça me manque. Comme l'attaquant qui a envie de marquer des buts, comme le milieu de terrain qui a envie de toucher le ballon, comme le défenseur qui a envie de tacler. Je pense que tout le monde, à son échelle, a cette part de manque et on espère tous sortir de cela très vite et pouvoir retoucher le ballon ou pouvoir jouer au foot. Mais il ne faut pas être égoïste non plus..."

Je pense que le plus important reste la santé de tous.

"On ne va pas que regarder à notre petit niveau parce qu'on est des privilégiés. On est des joueurs de foot. Aujourd'hui, je suis en bonne santé. Ma famille est en bonne santé. Il y a des gens qui sont malades, qui sont en train de combattre ce virus et qui vivent des moments très difficiles. On doit aussi avoir conscience de tout cela !"

Au niveau financier, le Club d'Ostende a fait à ses joueurs une proposition. "On a eu une proposition qui a été faite et qui a été signée par les joueurs. On va perdre 50% de notre salaire. C'était soit cela, soit le chômage technique. On a accepté cette solution avec les joueurs, on s'est concertés, on a créé un groupe et on a signé cet accord avec le président. Donc, on est payé à 50%. C'est sûr qu'il faut faire un geste. Après, voilà, je ne fais pas partie des gens qui gagnent un million d'euros. Je ne fais pas partie des gens qui en gagnent même la moitié. Aujourd'hui, l'argent que je gagne, je l'utilise pour essayer d'assurer mon avenir. Ce n'est pas pour m'acheter une belle montre ou des paires de chaussures en plus. J'ai investi mon argent, j'ai acheté des appartements. Aujourd'hui, j'ai des crédits, j'ai des dettes et je dois les rembourser tous les mois." 

Quand on enlève 50% de ton salaire, c'est énorme. La carrière est courte.

"J'ai profité de mes années de D1 pour investir mon argent afin d'avoir une vie plus jolie à la fin de ma carrière. Donc aujourd'hui, j'ai des dettes à rembourser. Et c'est difficile quand on te dit que tu vas perdre la moitié de ton salaire."

L'avenir est lui aussi plein d'incertitudes. "Après, on sait aussi que Ostende a des gros soucis financiers. J'ai bien compris que le président ne pouvait pas lever mon option, sinon il devait m'augmenter de 25%. Maintenant, il ne me l'a pas dit directement, je l'ai lu dans la presse que son désir, c'était de prolonger trois joueurs . Dont je fais partie. C'est une période bizarre. On est, un peu, au courant de rien. Les clubs ne savent pas trop non plus ce qu'ils vont faire. Donc, ils sont dans l'attente. Tout est au point mort pour l'instant. Il y a bien sûr des clubs qui se sont renseignés. Donc, ça fait aussi plaisir. Mais pour l'instant, on est dans l'attente. Et comme je dis, je veux me concentrer tant que la ProLeague n'aura pas statué sur ce dernier match."  

Personnellement, je préférerais jouer le dernier match et qu'on se sauve sur le terrain.

"Comme ça, il n'y aura jamais de discussion possible. Car, si aujourd'hui on arrête, on a deux points d'avance. Waasland pourra toujours dire que sur le dernier match il était possible de nous dépasser. C'est quelque chose qu'on ne saura jamais... Pour moi, soit personne ne descend, soit, le mieux, ce serait que l'on puisse jouer ce dernier match."

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