Du succès en 2006 à la renaissance sous Mancini : l’Italie de retour après 15 années de hauts et de bas

En ce 9 juin, l’Italie célèbre le 15ème anniversaire de sa victoire lors de la Coupe du monde 2006. Victorieux face à la France de Zinédine Zidane et de Raymond Domenech, les hommes de Marcelo Lippi décrochaient leur quatrième étoile à Berlin. Depuis ce dernier trophée, la Squadra Azzurra fait face à une période de disette constituée de hauts et de bas. Avec la finale de l’Euro qui se profile, l’Italie a l’occasion de renouer avec le succès. Rétrospective du parcours des Italiens lors des dernières compétitions internationales.

Euro 2008 : la passation de pouvoir

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Marcos Senna trompe Gianluigi Buffon lors de la séance des tirs au but à l’Euro 2008. © AFP

fraîchement couronnée, l’Italie se rend à l’Euro 2008 coorganisé par la Suisse et l’Autriche. Exit Marcelo Lippi. Les Azzurri sont désormais dirigés par Roberto Donadoni, l’ancien joueur de l’AC Milan. Le sélectionneur transalpin doit composer sans Francesco Totti. Le Romain, un des hommes forts du mondial 2006, a décidé de prendre sa retraite internationale après le sacre de 2006. Autre pépin pour le sélectionneur, Fabio Cannavaro se blesse juste avant la compétition. Il ne sera donc pas du voyage. Roberto Donadoni peut néanmoins compter sur des joueurs aguerris : Gianluigi Buffon, Andrea Pirlo ou encore Gennaro Gattuso.

L’Italie hérite du groupe C composé des Pays-Bas, de la France et de la Roumanie. La Nazionale commence son tournoi de la pire des manières. Elle s’incline face aux Oranje (3-0). Dans une mauvaise posture, les Transalpins ne se rassurent guère face à la Roumanie. Ils partagent l’enjeu face aux Roumains à Zurich (1-1). Alors que l’Italie ne totalise qu’un point, elle doit battre la France et espérer une victoire des Bataves pour sortir de son groupe. C’est chose faite. L’Italie dispose de la France sur le score de 2-0. De l’autre côté, les Pays-Bas battent la Roumanie sur le même score. La Nazionale file en quarts de finale pour affronter l’Espagne.

A Vienne, l’Italie et l’Espagne se neutralisent sur un score nul et vierge. Les hommes de Donadoni s’inclinent aux tirs au but (4-2). Une véritable passation de pouvoir entre le football italien et celui espagnol qui établira son hégémonie jusqu’en 2012.

 

Coupe du monde 2010 : sortie par la petite porte

Quatre ans après son sacre, l’Italie remet son titre en jeu en Afrique du Sud. Marcelo Lippi revient à la tête de la sélection italienne. Un retour peu inspiré car il n’a pas l’effet escompté. En effet, la Nazionale ne sort même pas de la phase de poules. Le groupe semblait pourtant plutôt abordable. Il était composé du Paraguay, de la Nouvelle-Zélande et de la Slovaquie. Les Italiens ont fait deux partages face au Paraguay et à la Nouvelle-Zélande. Ensuite, ils se sont inclinés 3-2 face aux Slovaques. Avec seulement deux points, la Squadra Azzurra termine à la dernière place de son groupe. Un véritable échec pour les tenants du titre qui rentrent chez eux après trois petits matchs.

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Antonio Di Natale à la fin du match contre la Slovaquie. © AFP

Euro 2012 : un épilogue douloureux

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Mario Balotelli célèbre son but face à l' Allemagne lors de l’Euro 2012. © AFP

En 2012, l’Italie entame un nouveau cycle avec son nouveau sélectionneur : Cesare Prandelli. L’ancien coach de la Fiorentina a remplacé Marcelo Lippi et est chargé de faire briller la Squadra en Pologne et en Ukraine.

L’Italie tombe dans le groupe de l’Espagne, de la Croatie et de l’Irlande. Pour son premier match de poule, la Nazionale affronte la Roja, championne d’Europe et du monde en titre. L’Italie ouvre la marque à la 61ème minute grâce à son joker de luxe : Antonio Di Natale. La réponse de l’Espagne ne se fait pas attendre. Trois minutes après l’ouverture du score, Cesc Fabregas remet les deux équipes à égalité. Le score n’évoluera plus. L’Italie et l’Espagne se quitteront dos à dos.

Tenue en échec par la Croatie (1-1), l'Italie joue sa qualification lors du troisième match de poules. Face à l’Irlande, l’Italie parvient à émerger en s’imposant 2-0 grâce à des réalisations d’Antonio Cassano et de Mario Balotelli.

En quart de finale, les Transalpins retrouvent l’Angleterre de Roy Hodgson qu’ils battront aux tirs au but. Les joueurs italiens transforment tous leurs penalties à l’exception de Riccardo Montolivo. Heureusement pour lui, du côté des Three Lions, Ashley Young frappe sur la barre et Ashley Cole voit son tir but stoppé par Buffon.

En demi-finale, les hommes de Prandelli jouent leur meilleur match de l’Euro. Opposés à l’Allemagne, les Italiens récitent leur partition. L’homme du match ? "Super Mario" Balotelli. Auteur d’un doublé, l’ancien attaquant de Manchester City fusille Manuel Neuer à deux reprises. Sur le premier but, Balotelli trompe le gardien de la Mannschaft d’un but de la tête. Le second goal vient d’une autre planète. Après un long ballon de Riccardo Montolivo, l’attaquant azzurro envoie un boulet de canon dans la lucarne gauche du gardien bavarois. Mesut Özil réduira l’écart sur penalty mais n’empêchera pas les Italiens de filer en finale pour jouer face à l’Espagne.

Un dernier match au goût amer pour l’équipe de Prandelli. Impuissants face au Tiki-Taka des Ibériques, les Italiens s’inclinent 4-0. La Roja remporte quant à elle son troisième trophée consécutif et écrit encore un peu plus l’histoire du football mondial.

 

 

Coupe du monde 2014 : bis repetita

Les aventures italiennes en Coupe du monde se suivent et se ressemblent. Après 2010, les Azzurri retournent une nouvelle fois à la maison sans passer la phase de poules. Lors du mondial brésilien, la Nazionale, toujours dirigée par Cesare Prandelli, figure dans le groupe de l’Angleterre, de l’Uruguay et du Costa Rica.

La compétition commence pourtant de la meilleure des manières pour la Nazionale. Claudio Marchisio et Mario Balotelli permettent à l’Italie d’engranger les trois points. C’est lors des deux autres matchs que les choses se compliquent. Le Costa Rica, l’équipe surprise du tournoi, bat l’Italie sur un but de Bryan Ruiz. Les Italiens s’inclinent ensuite face à l’Uruguay. L’unique but de la rencontre est inscrit par Diego Godin. Avec 3 points dans sa poche, la Squadra Azzurra termine troisième de son groupe. Face à cet échec, Cesare Prandelli démissionne de ses fonctions. Il sera remplacé par Antonio Conte.

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Diego Godin célèbre son but face à l’Italie à la Coupe du monde 2014. © AFP

Euro 2016 : une Italie qu’on n’attendait pas

L’équipe italienne ne fait plus rêver. Il est loin le temps des légendes, plus de Maldini, de Cannavaro ou de Totti pour faire la différence. Le noyau est dénué de grandes stars. Il peut néanmoins compter sur Gianluigi Buffon, Leonardo Bonucci et Giorgio Chiellini. Antonio Conte ne s’y trompe pas. Il s’appuie principalement sur la solidité défensive de la Juventus de Turin pour l’ossature de sa Nazionale. Il installe son 3-5-2 qui lui a permis de remettre sur pied la "Vieille Dame". L’Europe habituée à la BBC du Real Madrid, Bale-Benzema-Ronaldo, va découvrir sa version italienne composée de Bonucci, de Barzagli et Chiellini. Beaucoup moins bling-bling certes, mais tout aussi efficace.

La Belgique sera la première victime de la bande à Conte. Les Diables Rouges de Marc Wilmots se heurtent à la défense italienne et s’inclinent 2-0 à Lyon. Les hommes d’Antonio Conte ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Ils battent la Suède pour s’assurer la première place du groupe et l’accès au tour suivant. Dans un match sans enjeu, Antonio Conte fait tourner son effectif face à l’Irlande. Les Italiens s’inclinent 1-0 sur un but de Robbie Brady.

En huitièmes de finale, les Italiens affrontent l’Espagne. Les schémas tactiques sont inchangés. Antonio Conte fait confiance à son 3-5-2. De son côté, Vincente Del Bosque garde son 4-3-3. La Squadra Azzurra va encore étonner. Elle fait chuter l’équipe tenante du titre. Chiellini trompe David De Gea. Mais cela ne s’arrête pas là. L’équipe de Conte est organisée, solidaire et aussi cynique. Elle inscrit un deuxième but dans le temps additionnel via Graziano Pellè.

Après avoir battu l’Espagne, l’Italie rencontre l’Allemagne en quarts. Ce sera le dernier match des Azzurri d’Antonio Conte à l’Euro 2016. La Nazionale est battue par l’Allemagne de Joachim Löw aux tirs au but.

 

 

13 novembre 2017 : jour noir du football italien

Antonio Conte est parti à Chelsea. La fédération italienne doit se trouver un nouveau sélectionneur. L’heureux élu ? Gian Piero Ventura. L’ancien entraîneur du Torino est chargé de qualifier son pays pour le mondial russe. Arrivée deuxième de son groupe de qualifications, l’Italie doit jouer des matchs de barrages pour rejoindre la Russie. La Nazionale doit affronter la Suède dans une double confrontation. Les Italiens perdent le premier match en Suède sur la plus petite des marges. Un but signé Jakob Johansonn à la 61ème minute.

Le 13 novembre 2017, San Siro accueille le match retour. Les Azzurri n’arrivent pas à inverser la tendance. Le score reste nul et vierge. La Suède gagne son ticket pour le mondial. L’Italie reste au pays. Ce n’était plus arrivé depuis 60 ans et la non-qualification du mondial suédois en 1958. Deux jours après son échec, Gian Piero Ventura est débarqué de son poste de sélectionneur. Encore aujourd’hui, le 13 novembre 2017 est considéré comme un jour noir du football italien.

En mai 2018, Roberto Mancini devient le nouveau sélectionneur de la Squadra Azzurra. Il prône un jeu offensif et tourné vers l’avant. Un choix payant. Actuellement, la Nazionale reste sur une série d’invincibilité de 33 matchs. Il a battu l’ancien record de Pozzo. L’ancien sélectionneur italien était resté invaincu pendant 30 matchs consécutifs entre 1935 et 1939.

Roberto Mancini offrira-t-il un trophée majeur à l’Italie qui lui échappe depuis 15 ans ? Réponse le 11 juillet 2021 aux alentours de 23H.

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Les Italiens effondrés après leur non-qualification pour le mondial russe. © AFP or licensors
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