Dans l'état actuel des choses, pas de licence possible pour Anderlecht !

Marc Coucke, président d'Anderlecht est toujours propriétaire du stade du KV Ostende
Marc Coucke, président d'Anderlecht est toujours propriétaire du stade du KV Ostende - © Tous droits réservés

Le foot est à l’arrêt mais l’annuelle procédure des licences, elle, suit son cours. Nils Van Brantegem, le Manager des Licences au département homonyme de la Fédération, a épluché les dossiers des 24 clubs pros. Il a émis un avis positif concernant 11 clubs : Bruges, Courtrai, Charleroi, Zulte-Waregem, Waasland-Beveren, Genk, Malines, le C.S.Bruges, Saint-Trond, l’Antwerp….et, beaucoup plus étonnant, Anderlecht ! Nous y reviendrons. Les 13 autres clubs sont convoqués devant la Commission des Licences de l’Union Belge pour des explications complémentaires. Les journées de mardi, mercredi et jeudi seront consacrées à la D1A et à la D1B, celle de vendredi à la D1 amateurs.

Rappelons que le manager des licences doit être " indépendant ", comme le stipule l’article B254 du règlement fédéral. Or, M.Van Brantegem est, en même temps, le directeur financier (CFO) de la Pro League. Comprenne qui pourra…

Les décisions définitives tomberont à la mi-avril. Avant, sans doute, des recours toujours possibles devant la CBAS, la Cour Belge d’Arbitrage pour le Sport…

Conférence-call pour la commission des licences

Cette semaine, les clubs passeront, donc, une sorte de " grand oral "  mais en  " conférence call ", vu les circonstances particulières. Pour rappel, la Commission des Licences se compose d’un président et de dix membres (juristes, réviseurs d’entreprises, experts-comptables). Cinq membres sont convoqués lors de chaque séance et la Commission statue valablement si trois membres sont effectivement présents. Chaque dossier a été préparé par le Manager des Licences et les dirigeants des clubs concernés doivent répondre aux questions avec, au besoin, de nouvelles preuves et de nouveau documents.

Chaque club doit aussi apporter la fameuse " Lettre de confort", c'est-à-dire le document qui certifie qu’une personne, ou une société, se porte garant de la continuité financière du club. Depuis 2015, en effet, les règles d’octroi de la licence sont devenues plus strictes. La notion de continuité apparait comme un des éléments essentiels avant d’obtenir le précieux sésame. Des plans financiers prévisionnels, solides et sérieux, sont donc indispensables.

Anderlecht dans le collimateur

Vendredi dernier, Virton et ses avocats jettent un fameux pavé dans la mare. Ils demandent à la CBAS, la Cour Belge d’Arbitrage pour le Sport, l’annulation pure et simple de la procédure actuelle des licences. Ils souhaitent également l’adoption de règles adaptées en fonctions des conséquences sportivo-économiques de la crise du coronavirus.

Virton met également en cause la licence potentiellement accordée à Anderlecht, puisque, rappelons-le, le club bruxellois n’a pas été convoqué devant la Commission. Il y a quelques semaines, Waasland-Beveren avait déjà évoqué le cas anderlechtois dans un courrier adressé à la Commission des Licences, le Parquet fédéral et la Pro League. Le club waeslandien n’a toujours pas reçu la moindre réponse à ce jour. Les deux clubs, Waasland-Beveren et Virton, signalent un conflit d’intérêt existant à Anderlecht et se basent, notamment, sur les articles 407.23 et 407.25 du règlement fédéral. Qui, en synthèse, stipulent ceci :

 "(…) la licence ne sera pas octroyée à un club dont une ou plusieurs personnalités juridiques est également une personnalité juridique liée d’une autre club professionnel. (….)Une personnalité juridique liée est définie par : toute partie (…) exerçant une influence notable d’une manière ou d’une autre sur le candidat à la licence (….)"

 

 Or, il apparait clairement que Marc Coucke a toujours une créance de 6, 2 millions envers le club ostendais, via sa société holding " Alychlo ". Dans ces six millions, on retrouve notamment les 881.000 euros de loyer impayé d’une tribune du stade ostendais. Cette tribune appartient à sa société " Ostende Stadion " dont il est l’administrateur-délégué et actionnaire.

Ce montant de 6,2millions, Marc Coucke  veut le toucher tout de suite en cas de revente du club. Et cela rend, précisément, impossible la vente actuelle d’Ostende au repreneur potentiel, le groupe américain Pacific Media Group  (PMG) qui ne veut pas payer cette somme " cash ".

Marc Coucke, par ailleurs, refuse de négocier directement avec les repreneurs. Or, le groupe américain PMG vient de faire récemment une nouvelle offre d’étalement des remboursements sur une période de…. 50 ans ! Pour l’instant, cette offre ne satisfait toujours pas Marc Coucke. Or, le temps presse. Ostende doit passer ce mercredi devant la Commission des Licences. Si aucun accord n’est trouvé d’ici là, Ostende, en faillite virtuelle, sera recalé par la Commission. Dans ce cas, le club côtier va immanquablement se retourner contre le président du Sporting d’Anderlecht.

Que va faire la commission ?  Aura-t-elle le courage de refuser la licence à Anderlecht, alors que les faits sont patents ?  On le voit avec tous ces éléments : ce n’est plus une influence " notable " mais bien décisive que Marc Coucke exerce désormais sur le club ostendais. Sous le sceau de la confidence, certains hauts dirigeants du football belge reconnaissent être " un peu embêtés " par ce dossier…

L’avenir nous apprendra si les règlements de la fédération belge de football sont faits pour être appliqués, ou non.