Complètement Foot, Alex Teklak : "La sortie dans la presse de Verbeke sur les data a dû motiver Mbokani"

Ce dimanche dans "Complètement Foot", David Houdret, Pascal Scimè et Alex Teklak sont revenus sur la prestation de Dieumerci Mbokani face à Anderlecht. Dans une interview donnée quelques jours avant la rencontre, Peter Verbeke, le directeur sportif du Sporting, avait coupé court à un éventuel transfert de l'attaquant à Anderlecht car celui-ci ne répond pas aux critères des data à la mode au niveau du recrutement mauve. 

D'emblée, Pascal Scimè se demande s'il faut tout réduire aux data : "Est-ce qu'il faut attendre d'un Dieumerci Mbokani qu'il court 11 kilomètres par match en plus de marquer des buts, et dans ces 11 kilomètres qu'il en court 7 ou 8 à haute intensité ? Non, parce que si c'était le cas, il ne serait pas en Belgique. Quand on voit le match de Mbokani, je me dis qu'on pourrait faire du côté d'Anderlecht le même coup qu'ils ont fait avec Lior Refaelov. C'est-à-dire faire venir quelqu'un qui a de la qualité, qui va apprendre aux autres attaquants, qui va les bonifier. Alors est-ce que c'est l'extra-sportif dont on a peur ? Est-ce que les data sont une excuse en ce qui concerne Mbokani ? Je ne sais pas. Mais ce que j'ai vu samedi de Dieumerci Mbokani, honnêtement peu d'attaquants en Belgique savent le faire. Quel panel ! Il respire le foot, il pue la classe Dieumerci Mbokani. [...] Samedi on lui a annulé deux buts, dont un justement, mais vous en connaissez beaucoup des attaquants qui ont marqué 4 fois au Parc Astrid ?"

"En s'expliquant par rapport aux data, Verbeke est sorti dans la presse de manière prématurée", poursuit Alex Teklak. "C'est quelqu'un de talentueux mais je crois qu'il doit apprendre à mieux communiquer, en tout cas à choisir le timing de sa communication. Quand il sort ça dans la presse, il sait qu'il va jouer contre Mbokani le week-end ? Ca a été ma première réaction en voyant cette interview. Il doit jouer bientôt contre l'Antwerp, il va l'agacer. C'est motiver gratuitement l'adversaire". Et Pascal Scimè d'enchérir : "Cette interview a eu le même effet sur Dieumerci Mbokani que les propos de Glen De Boeck sur Sambi.
 

"Je pense que les data c'est une justification, mais il y a surtout le fait de savoir qui va gérer Mbokani."


Pour revenir sur cette question de l'utilisation des data, Alex Teklak estime "qu'il faut vivre avec son temps et avoir un premier filtre qui permet, au travers des chiffres, de se dire qu'on a un joueur qui est explosif, qui court vite, qui sait répéter des courses à haute intensité, qui donne autant d'assists par saison. Tout ça peut permettre d'avoir un premier filtre pour ne pas se tromper quand on transfère un joueur, en sachant qu'on ne peut pas se permettre de trop se tromper à Anderlecht. Pour prendre deux exemples concrets, vous avez celui de Bundu qui est arrivé grâce à une grosse partie de l'enveloppe dont disposait Verbeke et qui a été transféré sur base des data. À côté de ça, il faut être honnête Murillo, et Lawrence dans une moindre mesure, sont des réussites. Miazga est en train d'en devenir une aussi. Anderlecht n'est pas le seul club à avoir des réussites par rapport aux data. Et il n'est pas non plus le seul club à avoir des échecs."

Et notre consultant de poursuivre sur le fait que les data ne constituent toutefois pas une science exacte et que certains aspects ne sont pas quantifiables : "L'œil du scout, de l'entraineur, du spécialiste terrain va toujours faire la différence. Il y a des choses qui sont imperceptibles au travers des chiffres. Le comportement, l'aspect psychologique qu'un adversaire peut avoir sur un joueur. Ce n'est pas la même chose quand vous devez jouer contre Mbokani que quand vous jouez contre un quidam, parce qu'il traîne une réputation derrière lui. Ces aspects-là peuvent aussi avoir une influence sur la rencontre et ils sont difficiles à quantifier. Et puis, il y a tout simplement la qualité technique de Mbokani. Le lob qu'il a mis samedi, il n'y a pas beaucoup d'attaquants qui sont capables d'un tel geste avec autant de lucidité et de fraîcheur à ce moment-là. Est-ce quantifiable ? Non. Maintenant on ne peut pas non plus dire que Mbokani, parce qu'il a fait un super match, doit d'office aller à Anderlecht. Je pense que si vous voulez Mbokani, ça doit aller au-delà des chiffres. Il faut prendre Mbokani non pas pour les chiffres, mais pour ce qu'il est et ce à quoi il correspond. Refaelov, ils ne l'ont pas seulement pris parce qu'il a le style anderlechtois. Ils l'ont pris aussi parce qu'il n'est jamais blessé, qu'il a des grosses statistiques de course, des statistiques aussi au niveau des centres et des buts.

Et Alex Teklak de conclure : "Avec Mbokani, ils sont restés coincés sur le fait qu'il puisse avoir des statistiques de course insuffisantes. Je pense que c'est une justification, mais il y a surtout le fait de savoir qui va gérer Mbokani. Parce qu'il faut savoir le gérer. Bölöni savait le gérer. D'Onofrio aussi. Il fait peur dans le vestiaire, c'est ça la vraie raison selon moi. Ils savent très bien qu'un joueur comme ça peut apporter beaucoup mais qu'il faut aussi lui accorder quelques privilèges et beaucoup d'attention. Et je pense que Vincent Kompany n'a pas envie de ça aujourd'hui. Il n'a pas envie de perdre son temps ou son énergie avec ce genre de choses. Et pourtant, c'est ce qui permet aussi en tant qu'entraîneur de grandir. Comme je l'ai déjà dit, je pense que Kompany est promis à un bel avenir, mais il va aussi devoir être confronté à ça dans sa carrière d'entraîneur et peut-être qu'il n'a pas envie de ça maintenant."  

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