Chelsea, les raisons du fiasco face à City

Eden Hazard of Chelsea dejected during the Premier League match at the Etihad Stadium Manchester
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Eden Hazard of Chelsea dejected during the Premier League match at the Etihad Stadium Manchester - © Andrew Yates - BELGAIMAGE

Dimanche 10 février, 18 heures. Raheem Sterling a le sourire, il vient de parachever le festival de Manchester City face à Chelsea. 6-0, jeu set et match. Côté Blues, les mines sont déconfites. Les joueurs semblent sonnés, perdus, K.O débout. En l’espace d’une après-midi, Chelsea vient de subir la plus lourde défaite de son histoire, depuis la création de la Premier League en 1992. Comment en est-on arrivé là ? Comment expliquer un tel fiasco ?

Trop de carences individuelles

Si Chelsea a bu le calice jusqu’à la lie dimanche, c’est surtout parce que trop de Londoniens ont évolué en deçà de leur niveau habituel. Malmené de bout en bout par des Cityzens supérieurs, le bloc défensif des Blues a volé en éclat dès les premières minutes. Sur le but initial, Marcos Alonso oublie Raheem Sterling dans son dos. Punition immédiate.

Sur le 3e, Ross Barkley tente une reprise de la tête inexplicable…vers son propre but, qui permet à Aguero de se retrouver seul devant Kepa. 3-0, après moins de vingt minutes de jeu. Propre, net et limpide. Autre exemple plus tard sur le 5e but avec Azpilicueta, dépassé par la vivacité de Sterling et qui provoque un pénalty.

Délaissé par sa défense, Kepa a vécu un après-midi cauchemardesque et n’a rien pu faire pour sauver ses couleurs. Peu en confiance, il s’est montré inhabituellement perméable l’espace d’une après-midi. C’est bien simple, sur les neuf tirs cadrés des Mancuniens, six ont terminé au fond. Une défaite collective symbolisée par d’importantes carences individuelles.

Un milieu de terrain aux abonnés absents

Souvent loué pour son abnégation et sa complémentarité, le trident de l’entre-jeu londonien n’a pas existé dimanche après-midi. Même N’Golo Kanté, le seul à surnager dans les quelques naufrages collectifs de Chelsea cette saison, a cette fois sombré avec son équipe. Lui, comme Ross Barkley, ont multiplié les passes vers l’arrière, sans parvenir à construire. Plus qu’un fond de jeu, l’audace aura cruellement manqué aux troupes de Sarri.

Jorginho, l’homme à tout faire du technicien transalpin, a, lui, constamment été mis sous pression par deux Cityzens. Son manque de vitesse ne l’a pas aidé, il a été mangé par Fernandinho et Gündogan, ses adversaires directs. Dimanche, Pep Guardiola a réussi son coup : mettre sous l’éteignoir un des meilleurs trios de Premier League.

Une Hazard-dépendance ?

Globalement bien muselé par l’arrière-garde mancunienne, Eden Hazard n’a pas eu son éclat habituel. Double buteur face à Huddersfield le weekend dernier, notre compatriote n’est jamais parvenu à se dépêtrer du marquage à la culotte des défenseurs locaux. Auteur de 12 buts (meilleur buteur du club) et 10 assists (meilleur passeur) depuis le début de saison en Premier League, notre compatriote est impliqué dans près de 49% des réalisations londoniennes.

En d’autres termes, un but sur deux vient des pieds d’Eden Hazard. Dimanche, sans les exploits individuels du Brainois, Chelsea a perdu de sa superbe. 45% de possession de balle, quatre petits tirs cadrés, zéro but. C'est déjà la 7e fois de la saison que les Blues restent muets et ne parviennent pas à inscrire la moindre rose. Symbole d'une équipe qui frôle la crise avec cette 3e défaite en quatre matches et qui vient d'encaisser 12 buts en autant de rencontres.

Attention à la fin de saison

Et Chelsea a peut-être perdu plus que trois points dimanche. Pour la première fois de la saison, les Blues ne figurent plus dans le Top 5. Dépassés par Arsenal et Manchester United, largués par le trio de tête, les Londoniens naviguent en eaux troubles. La qualification européenne est en danger.

Et cela pourrait n’être qu’un début. D’ici la fin de saison, les hommes de Sarri doivent encore affronter Tottenham, Everton, Liverpool, Manchester United et Leicester. Cette déroute face à Manchester City pourrait donc être le point d’orgue d’une saison en dilettante. Pour espérer gratter une place européenne, les Blues vont devoir cravacher. Et cela passera par une bonne prestation contre Malmö en Europa League. Histoire de retrouver cette confiance qui leur aura cruellement manqué dimanche. Au final, peut-être que la meilleure façon de se qualifier pour la Ligue des Champions serait de gagner... l'Europa League.

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