Caïazzo, président de Saint-Etienne : "Nous n'avons pas l'argent du PSG, mais nous avons des valeurs"

Bernard Caïazzo
Bernard Caïazzo - © FRANCK FIFE - AFP

Après trois matchs de qualification, La Gantoise entame ce jeudi son parcours dans les poules de l’Europa League face à Saint-Etienne. Les Verts, 4e du dernier championnat de Ligue 1, débutent eux leur saison européenne avec ce déplacement à Gand.

L’Europa League, le football belge et le football français, Michel Lecomte a abordé ces différents thèmes avec le président de l’AS Saint-Etienne, Bernard Caïazzo.

Que savez-vous de cette équipe de La Gantoise ?

"On a beaucoup de respect pour Gand. On se souvient que nous avions perdu un match amical contre ce club belge il y a quelques années. Le football belge a connu une progression énorme. L’équipe nationale belge fait aujourd’hui partie des 3 ou 4 meilleures nations mondiales et c’est remarquable au vu des moyens mis en place. Nous, on aime bien aller en Belgique. Que ce soit à Anderlecht ou à Bruges cela s’est bien passé ces derniers temps (ndlr : victoire 2-3 à Anderlecht en 2016 et partage 1-1 à Bruges en 2008). Et puis on aime bien la Belgique parce que les gens y sont sociables et souvent bien plus agréables à vivre que beaucoup de Français (rires)."

Comment analysez-vous ce Groupe I ?

"Le VfL Wolfsburg est au-dessus du lot, budgétairement déjà. C’est un grand club allemand tenu par une puissante marque automobile. On devrait donc se disputer la deuxième place avec La Gantoise. Mais il faut se méfier des Ukrainiens d’Oleksandriya. On ne les connaît pas mais lorsque Dnipropetrovsk est arrivé en Europa ligue, on ne les connaissait pas non plus, on pensait que ce serait facile et ils sont allés en finale. Nous nous sommes contents de retrouver l’Europe après deux années d’absence."

Quelles sont justement vos ambitions dans cette compétition ?

"L’AS Saint-Etienne est un club avec une grosse histoire européenne. Parce qu’à l’époque, la France était un pays de football très médiocre : on faisait la fête pendant une semaine quand on battait la Bulgarie ! La renaissance du foot français date des années 1970-1975 grâce à Saint-Etienne qui a redonné la fierté aux Français à un moment où les matchs européens commençaient à être diffusés à la télévision française. Cela a participé à la notoriété de notre club et lui a donné un capital sympathie toujours perceptible aujourd’hui dans les stades. Saint-Etienne est le seul club français surnommé par sa couleur : Les verts ! C’est un peu comme les Bleus mais ça, c’est l’équipe nationale !

En termes d’images nous sommes le club préféré des Français. C’est une grande fierté mais aussi un lourd héritage et c’est pour cela que nous devons être présents et performants en Europe."

Où se situe Saint-Etienne aujourd’hui sur la carte du football français ?

"Nous n’avons pas les moyens de Marseille ou Lyon et encore moins ceux du PSG. Mais nous avons des valeurs. En particulier des valeurs humaines. Je pense que le football ce n’est pas que de l’argent. Avant d’avoir de l’argent, l’homme a besoin d’être heureux et pour être heureux il a besoin d’avoir du cœur. La ville de Saint-Etienne a justement la réputation d’avoir une culture très humaine."

Comment décririez-vous l’évolution du foot en France ?

"L’équipe nationale et les clubs français sont en distorsion totale. Il y a une forte anomalie. En tant que pays la France a disputé 5 des 11 dernières finales dans les grands championnats internationaux. C’est presque 50%. Sur la même période les clubs français n’ont eux joué que 4 finales sur 43. C’est dû au système français. Notre club paye, par exemple, plus de charges (patronales) que l’ensemble des clubs de Bundesliga ou de Liga réunis. La France souffre de ce système de charge très lourd pour les entreprises. Cette lourdeur étatique est extrêmement forte et nous pénalise. En Belgique, vous avez mis en place un système de fiscalité avantageux pour les joueurs de foot, nous pas, et cela nous met en difficulté.

Mais le plus important c’est d’apporter du bonheur à ses supporters. Et pour donner du rêve, nous avons l’Europa League."

 

 

 

 

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