Blessures de Witsel et Praet : le calendrier est-il en faute ? "Certains joueurs n’auront aucune trêve avant la Coupe du Monde"

Après la blessure d’Axel Witsel, opéré avec succès du tendon d’Achille lundi, c’est une autre mauvaise nouvelle qui vient heurter les rangs belges. Dennis Praet s’est occasionné une grosse déchirure aux ischios et devrait manquer trois mois de compétition. Deux blessures qui interviennent dans une saison où le sentiment général est que les problèmes physiques se multiplient. Tentative de compréhension des causes et des risques futurs pour les joueurs en compagnie de Mario Innaurato, ancien préparateur physique des Diables Rouges, du Milan AC et du FC Séville.

"Il n’y a pas la place pour s’entraîner convenablement"

"A vue d’œil, la période que l’on connaît avec le coronavirus a un impact important sur les blessures musculaires", souligne-t-il d’emblée. "En Allemagne, où le championnat avait été parmi les premiers à reprendre après l’arrêt des compétitions, on avait pu constater une augmentation nette des blessures de joueurs. C’était même de l’ordre du x3. Il faudra évaluer sur le long terme les données statistiques sur cette période." Le préparateur physique pointe les dangers des calendriers des équipes qui jouent l’Europe. "Cette saison, la période de préparation a été largement écourtée", rappelle-t-il. Or c’est là que s’effectue le travail foncier qui permet aux joueurs de préparer leur corps à l’ensemble de la saison. "Puis les trêves aussi ont été raccourcies, dont les trêves internationales durant lesquelles on a encore rajouté des matchs. C’est dément !" En tant que préparateur physique, il rejoint les analyses de Kevin De Bruyne ou plus récemment de Thibaut Courtois, qui pointait récemment la frénésie de ce calendrier.

"Quand vous disputez deux matchs par semaine, parfois trois, il n’y a pratiquement pas la place pour s’entraîner convenablement. Il faut avant tout récupérer du match précédent pour se plonger directement dans le suivant. De plus, les mesures pour contrer le coronavirus empêchent parfois une équipe de s’entraîner au complet. La veille du match contre Milan, la Juve n’a par exemple pas pu s’entraîner en groupe à cause des cas de coronavirus dans le noyau. Il a fallu s’entraîner par quatre. Difficile dans ce cas-là de produire à l’entraînement l’intensité qui devra encore être plus poussée en match".

"Certains joueurs ne vont pas s’arrêter d’ici la Coupe du Monde 2022"

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Mario Innaurato à sa période chez les Diables Rouges de Marc Wilmots © Tous droits réservés

Malgré la sonnette d’alarme tirée par les joueurs et par les préparateurs physiques, rien ne semble pour le moment changer dans l’esprit des instances du football. "Ce qui m’inquiète, ce n’est pas ce qui s’est passé… Mais c’est ce qui pourrait encore arriver. En juin prochain, il y aura l’Euro. Après l’Euro, il faudra se relancer dans une saison complète, puis viendra la Coupe du monde où l’on se demande toujours comment elle va bien pouvoir s’imbriquer dans le calendrier, vu qu’elle sera jouée en hiver. C’est simple : certains joueurs vont faire un tout droit jusqu’à fin 2022. Avec des conséquences potentiellement néfastes pour les organismes."

"Axel est un professionnel à 2000%"

Innaurato déplore les blessures de Witsel et Praet. "En ce qui concerne Dennis, c’est préoccupant car la déchirure aux ischios est souvent synonyme de blessure de fatigue… Or il ne joue pas énormément (ndlr : le joueur compte 43% de temps de jeu cette saison)". "Pour Axel, la blessure s’explique par plusieurs facteurs, dont la situation actuelle et l’âge. Mais Axel est un professionnel à 2000%". Pour le préparateur physique, s’il y a une infime chance d’aller à l'Euro, Witsel saura comment la saisir. "Axel gère parfaitement les paramètres de la préparation invisible : alimentation, hydratation, sommeil. Il est à l’écoute de son corps. Ces réflexes font déjà partie de son quotidien et cela va faciliter les choses."

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