Bich, supporter d'Anderlecht : " On en a plein le c… "

Bich est un supporter bien connu au Parc Astrid. Fan mauve depuis près de 30 ans, il faisait partie du groupe qui a été crié son mécontentement devant les portes de l’entrée principale du stade. Alors que son équipe s’apprête à affronter le Standard ce soir, cette colère ne s’est pas estompée.

Vous étiez particulièrement remonté dimanche soir, même si on peut s’étonner de cette réaction finalement assez tardive, vu les problèmes depuis plusieurs mois.

Anderlecht est quand même le plus grand club de Belgique, connu en Europe. Et là, on se retrouve à la 5ème place en espérant être européen. Ce n’est pas possible.  Mais en effet, ce n’est pas maintenant qu’il fallait le faire.  Dès le mercato hivernal, les problèmes étaient là. Si on ne signe pas Bolasie, 4 secondes avant la fin, on joue quelle place au championnat ? On a donc été faire de notre nez mais cela aurait dû se faire avant. Coucke avait promis monts et merveilles. Mais il n’a rien fait. Tout le monde le sent et cela se voit après le match. Plus personne ne reste. C’est triste. Et puis, il y a les supporters qui font les déplacements, qui dépensent des centaines d’Euros. Ils en ont plein le cul !

Des " Coucke buiten " se sont fait entendre. Vous désirez réellement le départ du président ?

Oui mais qui mettre à la place ? En tout cas, on sent que ce ne sont plus les Vanden Stock ici. C’est devenu du show. Moi, quand je vais au football, je n’ai pas besoin qu’on me donne deux bières, un coca et du pop-corn. On n’est pas au cinéma ici ! C’est devenu du business. S’il veut une vraie équipe, il doit mettre de l’argent sur la table. Et pas en achetant des mecs d’Ostende ou de Zulte. 

Vous êtes en colère ou triste ?

Les deux. De la tristesse parce que mon club n’avance plus. Sans vouloir être " Dikkenek ", tous les ans, on savait que l’on jouait les premières places. Maintenant, on essaye juste d’être dans les play-offs 1. Mais on est aussi en colère évidemment. Quand tu vois les supporters à la fin des matchs, ils ont une gueule jusque par terre. Avant, on faisait la fête jusqu’à 6-7h du matin. C’est fini ça !

Comment voyez-vous le match de ce soir ?

Je vais rester poli avec eux (rire). Mais c’est vrai que ce n’est pas nos potes. Mais, même si j’espère toujours, il faut être honnête : ça va être très compliqué.  Et il va sans doute y avoir de la tension dans le stade avec ce qui s’est passé dimanche. Mais, restons optimiste, Bruges nous a bien battu à domicile pour la première fois en 20 ans. Pourquoi pas nous au Standard ? Et puis, ils n’ont pas terriblement bien joué contre Bruges.

Si cela se passe mal, doit-on craindre d’autres débordements ?

Je ne pense pas. Les supporters seront dégoutés mais il ne va rien se passer. En revanche, avec une nouvelle défaite, je pense que les supporters ne viendront plus au stade. La moitié du stade va être vide parce qu’il n’y aura plus d’enjeu. On voit déjà, sur internet, des mecs qui sous-louent leur abonnement. Il n’y a pas de secret. On est le plus grand club de Belgique et on se retrouve avec 11 pingouins sur le terrain.  Mais c’est certain qu’il y a 10 ans, cela ne se serait pas passé comme ça.

C’est-à-dire ?

On serait monté sur le terrain ou on aurait été à Neerpede (NDLR : le centre d’entrainement) ! Mais on a vieilli. On a tous la bonne quarantaine. C’est fini, on a plus envie. Cela nous arrive encore, comme dimanche, de faire de notre tronche mais c’est devenu rare. Mais, attention, il ne faut pas croire que seul le noyau dur a été gueulé dimanche. Tous les supporters étaient là. Ils payent cher pour voir une équipe qui n’avance pas. Ils sont dégoutés et en colère.    

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