Antwerp – Beerschot : pourquoi ce match est considéré comme le derby le plus intense du pays

L’Antwerp et le Beerschot se retrouvent cet après-midi pour un duel attendu. Surtout du côté nord de la frontière linguistique. La métropole se passionne pour ce premier derby en Division 1A depuis seize ans. Mais pourquoi les deux clubs, passés chacun par les difficultés financières au début de la décennie précédente, continuent de se détester à ce point ? Les racines sont profondes.

Deux dinosaures du football belge

La rivalité entre les deux clubs anversois remonte à plus de cent ans. Il faut garder en mémoire que l’Antwerp est le plus vieux matricule du pays, mais que le Beerschot n’en est pas loin (matricule 13). Koen Frans, journaliste qui suit le Beerschot pour la Gazet Van Antwerpen, détaille : "Tout a commencé quand le Beerschot, équipe fraîchement créée, avait volé une grande partie de l’effectif de l’Antwerp. Grâce à ces joueurs, le Beerschot avait remporté le tout premier derby de l’histoire entre les deux clubs." De quoi créer quelques frictions. Symboliquement, et comme c’est souvent le cas, ce derby revêt une dimension sociétale. Le Beerschot était réputé pour être un club plus huppé, alors que l’Antwerp était plutôt le club de la classe ouvrière. La comparaison tient avec les bourgeois du Real, à qui s’opposent les travailleurs de l’Atlético, par exemple. Tout ce ressentiment de la lutte des classes a rejailli sur le terrain et dans les conversations des amoureux de la ville anversoise, pour qui une victoire assure six mois de tranquillité à la machine à café.

Le Beerschot était réputé pour être un club plus huppé, alors que l’Antwerp était plutôt le club de la classe ouvrière.

A armes égales

Dans les années 70, la détestation a atteint un premier summum alors que hooliganisme était répandu dans les tribunes des deux clubs anversois. Les inimitiés se sont par la suite apaisées, avant un nouveau point d’orgue en 2012, quand le Beerschot a contesté la licence de l’Antwerp dans l’espoir de renvoyer son rival dans les divisions inférieures. "Il n’y a aucun endroit où le derby a autant de signification qu’ici", jure Joren Dom, passé de l’Antwerp au Beerschot en 2017, dans les colonnes du Het Nieuwsblad.

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Les deux clubs se sont un peu perdus de vue, chacun empêtrés dans des problèmes financiers qui les ont vus prendre l’ascenseur entre le football amateur et le professionnel. Il y a deux ans, les clubs s’étaient cependant revus en PO2, pour ce qui avait alors un avant-goût de retrouvailles. Aujourd’hui, et pour la première fois depuis seize ans, les clubs s’affrontent à nouveau pour remporter le titre de "Ploeg van 't Stad", titre qui a plus de valeur que n’importe quel autre aux yeux des acharnés. Le niveau entre une équipe qui dispute l’Europa League et une autre tout juste promue devrait en principe désigner un favori pour cette rencontre mais, avec un point d’avance sur son rival de l’Antwerp, le Beerschot déjoue absolument tous les pronostics en ce début de saison. La cerise sur le gâteau du duel du jour ? S’il y a un vainqueur aujourd’hui, il aura non seulement le luxe d’être le club de la ville, mais aussi, pour quelques heures au moins, le leader du championnat.

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