Alex Czerniatynski sur Diego Maradona : "En 82, j'étais avec lui au contrôle anti-dopage…"

Alex Czerniatynski sur Diego Maradona : " En 82, j'étais avec lui au contrôle anti-dopage… "
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Alex Czerniatynski sur Diego Maradona : " En 82, j'étais avec lui au contrôle anti-dopage… " - © KRISTOF VAN ACCOM - BELGAIMAGE

Dans les années 80, la route de Diego Maradona a souvent croisé celle de joueurs belges. On pense évidemment aux deux Coupes du Monde de 1982 et 1986.

Je l’ai affronté deux fois : en 1983 avec Anderlecht contre Barcelone à Bruxelles pour l’inauguration du Stade Vanden Stock, et un an plus tôt bien sûr, lors de notre victoire sur l’Argentine en match ouverture du Mundial espagnol " se souvient Alex Czerniatynski, attaquant des Diables à l’époque. " Au Camp Nou, il était à côté de moi dans le couloir avant de monter sur la pelouse et je l’ai retrouvé après le match pour le contrôle anti-dopage. Il était fort abattu car on avait gagné : il ne parlait pas car eux pensaient nous écraser... On était dans un petit kot de 2 mètres carrés, ça me faisait bizarre : j’avais 22 ans, c’était mon idole de toujours et je ne savais pas quoi lui dire. Jusqu’alors je ne l’avais vu qu’à la télévision, et là tout à coup, devant moi, se tenait un petit monsieur d’1,65 m... Mais sur le terrain, personne ne lui arrivait à la cheville. Non, je n’ai pas demandé d’autographe ! Son maillot, c’est Pfaff qui avait essayé de l’avoir après le match, mais je ne sais pas si Jean-Marie l’a eu… "

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Ce jour-là, les Diables Rouges s’imposent 0-1, sur un but d’Erwin Vandenbergh

Sur le terrain, Maradona était très taiseux, il ne parlait pas à l’arbitre et ne nous insultait pas : il n’était jamais vulgaire ou arrogant, il était juste dans son match. Tous les ballons passaient par lui : moi, j’étais tout jeune, je n’osais pas trop aller au duel contre lui. Il était partout sur le terrain, il voulait tout faire, le ballon lui collait au pied. En fait, il aurait pu jouer tout seul (rires). Je me souviens de son deuxième but contre l’Angleterre, où il dribble toute l’équipe : s’il n’y avait pas eu le goal, il aurait continué jusque dans la tribune ! (rires) C’était le coach sur le terrain, il dirigeait tout, il ne fallait pas lui donner de consignes. C’était un pur génie : tu le mettais dans n’importe quelle équipe, cette équipe devenait Championne du Monde ! Je préfère garder cette image-là de lui, avec aussi ce célèbre échauffement avec Naples sur la musique, des images que j’ai dû voir 1000 fois. Car le voir ces dernières années, obèse, affaibli par la drogue et l’alcool, ça me faisait mal. C’est triste de partir comme ça à 60 ans… mais ce n’est malheureusement qu’une demi-surprise. "

Georges Grün : " Maradona m’appelait ‘Il Signore’… "

Georges Grün a affronté Diego Maradona au sommet de son art, lors du Mundial 86 où Diego écarta à lui seul les Diables de la grande finale.

Maradona était imprenable à l’époque, c’était le Dieu du foot du moment " raconte l’ex-Diable Rouge. " Quand tu montais sur le terrain, tu te demandais comment tu allais faire pour le contrer. Guy Thijs nous avait dit qu’il était impossible d’élaborer une stratégie contre lui : en marquage individuel pou de zone, il allait toujours t’avoir. Donc on devait juste essayer de l’entourer à deux ou à trois, le serrer de pas trop loin et espérer le coincer comme ça... "

Comme joueur, Grün a recroisé l’Argentin durant la saison 1990-91 : le Belge découvrait le Calcio avec Parme, Maradona prestait sa dernière saison à Naples.

Pendant le match, il était concentré, il ne parlait pas à l’adversaire. Ce qui m’a frappé, au-delà de son talent, c’est qu’il était très, très solide sur ses jambes : il était très costaud et très tonique, malgré sa petite taille il était difficile à bouger. Ses muscles, c’était de l’acier ! "

 

Les deux hommes se sont encore croisés une fois, après leurs carrières respectives.

Maradona s’est occupé un moment d’un syndicat de joueurs pour soutenir les joueurs en difficulté. Il a organisé un match de charité au Camp Nou, et j’ai été invité : il y avait là aussi Eric Cantona et Christian Karembeu. Maradona ne jouait pas, mais il organisait… Quand je l’ai croisé à l’hôtel, je me suis présenté… mais il se souvenait de moi ! Il m’a dit qu’en Italie, il avait été habitué au régime très dur des défenseurs… mais que moi, j’étais ‘un signore’ ! Un gentleman, quoi… Je ne sais pas s’il se souvenait vraiment de moi et s’il ne m’a pas dit ça par pure politesse… Mais moi, ça m’a fait plaisir ! " (rires)

 

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