51 millions de dettes, tout ne va pas si bien que cela au Standard !

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Les finances du Standard sont dans le rouge, les cinq années sous la présidence de Bruno Venanzi sont déficitaires. © Tous droits réservés

Les comptes du Standard de Liège sont disponibles depuis ce jour à la Banque Nationale de Belgique. Et ces comptes présentent un bénéfice de l’exercice à affecter de 189.983 € au 30 juin 2020. Contre une perte de 4.946.913 millions lors de l’exercice précédent.

Ceci n’est pas un " scoop " dans la mesure où le Standard l’avait annoncé par un communiqué de presse le 30 octobre dernier, une première par ailleurs pour le club dans son histoire récente. Un coup de com stratégique, histoire sans doute de devancer tous les commentaires.

Car, en effet, si le Standard nous annonce, en gros, que " tout va bien madame la marquise ", l’analyse plus objective et plus poussée des chiffres publiés ce jour à la Banque Nationale nous dévoile toute de même des informations intéressantes… et quelque peu différentes ! On peut, parfois, un peu mentir sur les chiffres. Mais les chiffres, eux, ne mentent pas. En quelque sorte des confirmations des prévisions pessimistes de notre article de fin 2019 et qui concluait de la sorte :

" La situation financière du Standard de Liège pourrait toutefois s’avérer très préoccupante dès lors que le dérapage budgétaire, principalement lié à l’augmentation de la masse salariale au vu de l’énorme noyau, va s’accentuer l’année prochaine. Tout ceci pourrait, à terme, aller jusqu’à compromettre l’obtention de la licence accordée aux Liégeois : les plus-values réalisées sur les ventes du duo Marin-Djenepo pourraient, en réalité, simplement couvrir les pertes de la saison écoulée et de la saison actuelle. Notons aussi que les réelles perspectives de plus-value sur un transfert d’un joueur du noyau actuel n’apparaissent pas comme une évidence. L’année 2020 devra donc voir le Standard se reprendre vite et bien en terme financier pour ne pas hypothéquer sa licence et son avenir sportif. "

Force est de constater que nos prévisions étaient fondées Car les chiffres actuels sont plutôt médiocres ! Les dettes globales du Club sont passées en un an de 40,7 millions à 51,7 millions à fin juin 2020, soit une augmentation de 11 millions d’euros. La masse salariale a encore augmenté sur la dernière saison de 4,4 millions, pour atteindre les 38 millions, soit une augmentation de 12% ! Pire, les dettes à court terme du club de l’ordre de 24 millions au 30 juin 2020 ne sont couvertes que par des actifs liquides pour 16 millions… soit un trou immédiat de trésorerie de 8 millions d’euros.

19 millions de dettes supplémentaires en 5 ans

A titre de comparaison, fin juin 2015 lors de la reprise du Club à Roland Duchâtelet par Bruno Venanzi, les dettes globales étaient de 33 millions d’euros, soit presque 19 millions de moins qu’à ce jour, la masse salariale pourtant jugée déjà excédentaire par les observateurs était de 25,5 millions, soit 13.5 millions de moins, et les dettes à court terme de 10 millions de l’aire Duchâtelet étaient couvertes par des actifs liquides de 24 millions, soit un excédent de trésorerie de 14 millions d’euros à l’époque de la passation de pouvoir ! Les 5 années de l’ère Venanzi sont donc déficitaires pour le club de la Principauté…

La vente du stade de Sclessin à " l’Immobilière du Standard de Liège " cumulée aux ventes réalisées avec les transferts juteux de Marin et de Djenepo ont permis de dégager des plus-values exceptionnelles de plus de 34 millions lors de la saison écoulée, et a donc permis de sauver l’obtention de la licence…

Mais ce sont, par définition, des opérations " one shot " assez rares (a fortiori la vente d’un stade) qui ne se renouvelleront plus chaque année…

Les annexes des comptes nous apprennent aussi que le Standard a conclu une vente à terme portant sur des droits relatifs aux joueurs pour un montant de 16 millions. Il s’agit probablement du retour de Zinho Van Heusden à l’Inter Milan.

Crise sanitaire et masse salariale

Et l’avenir ? Des pertes financières importantes sont à prévoir à cause de la crise du coronavirus et de ses matchs " soldout ". Cela devrait coûter cher au Standard comme à tous les autres clubs de la Proleague. Une projection à plus de 7 millions de manque à gagner toutes compétitions confondues, si la situation sanitaire ne devait pas s’améliorer d’ici la fin de la saison. Le problème sera surtout de diminuer la masse salariale future alors que ses plus gros contrats actuels comme Carcela (même si ce dernier est en fin de contrat), Oulare, Avenatti ou Cop ne jouent pas et qu’ils ne sont plus très " bankables " par les temps qui courent. Et la saison de l’Europa League ne permettra sans doute pas de mettre un peu de beurre dans les épinards… Sans oublier les différents dossiers judiciaires (transfert d’Edmilson au Qatar sous forme de sponsoring et la plainte au pénal de Saint-Trond, le dossier des fausses factures sur les transferts de Veljkovic) auxquels le Standard est lié…. Et qui pourraient avoir d’éventuelles conséquences financières sur l’avenir du matricule 16.

Un dernier fait troublant et même interpellant lors de la publication des comptes à la Banque Nationale : ni le rapport du Conseil d’Administration ni le rapport du réviseur d’entreprises devant approuver les comptes au 30 juin 2020 n’ont été publiés. Rappelons qu’il s’agit d’une obligation légale. Et devant fournir des informations précieuses à tout lecteur… Un simple oubli de la Direction du club ou une volonté de ne pas publier des informations assez délicates sur l’avenir financier du Standard ?

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