4 entraîneurs virés après 5 journées, valse record pour la Pro League

Quatre entraîneurs déjà virés en Pro League
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Frank Vercauteren, Jess Thorup, Laszlo Bölöni et Hannes Wolf. On pourrait presque penser que ces noms sont ceux des nommés pour le titre d'entraîneur de l'année, surtout à voir les clubs que ces hommes menaient il y a peu. Pas du tout, il s'agit du nom des quatre entraîneurs qui ont déjà été débarqués dans notre Pro League après cinq journées. Quatre en cinq journées, c'est un record. Les dirigeants n'avaient jamais autant remercié leurs entraîneurs en début de compétition. Le record absolu reste à 18 changements de coach en 2012-2013. Football-panique, même chez les grands du championnat ? Analyse au cas par cas.

Frank Vercauteren et le sursis Kompany

Frank Vercauteren était retourné dans la maison mauve dans un but simple : rationaliser la philosophie parfois rêveuse du joueur-T1-inspirateur-directeur sportif Vincent Kompany. Là où certains ont osé avancer l'idée de "belle-mère", le petit prince du Parc a avancé, faisant remonter le Sporting de la 13e à la 8e place du championnat. Personne ne pourra dire si son Anderlecht aurait été capable d'arracher des PO1 improbables lors de la dernière journée. La crise du Covid-19 aura en tout cas permis aux Mauves d'éviter de disputer les PO2 pour la première fois de leur histoire. Lors de la pré-saison, Vercauteren a montré un tel détachement par rapport aux événements que s'est posée la question de son implication au club a été remise en doute. Pourtant, tout était scellé dès la blessure en match amical de Vincent Kompany. Ce dernier allait reprendre les rênes de l'équipe et assumer pleinement son statut d'entraîneur, rangeant définitivement ses crampons au vestiaire. Avant même le deuxième match de la saison contre Saint-Trond, le sort de Vercauteren était scellé. Philippe Albert résume la situation : "On a deux légendes d’un club qui gagne tout depuis 60 ans et l’un doit s’effacer pour l’autre. C’est dommage parce que depuis que Vercauteren était revenu au club, il y avait des résultats plus positifs."

Jess Thorup, l'affable danois victime de l'impatience d'en haut

Jess Thorup a remis du calme à La Gantoise après les remous créés par la sortie de Hein Vanhaezebrouck. A peine l'intermède d'Yves Vanderhaeghe avait été plus concluant. Lorsqu'il arrive à la Ghelamco Arena, Thorup amène ses méthodes : l'importance des datas, des phases arrêtées (avec un soin tout particulier accordé aux... remises en jeu). Certes il détonne mais les résultats suivent. Du moins jusqu'à la finale de la Coupe de Belgique où les Gantois perdent le fil face à Malines, encore pensionnaire de D1B. Le duo De Witte - Louwagie place alors une épée de Damoclès au-dessus de la tête du Danois. Epée qui ne tombera pas la saison suivante, où Thorup termine vice-champion de Belgique derrière Bruges tout en assurant le spectacle en Europa League, ne trébuchant que contre l'AS Rome. Style de jeu novateur, éclosion d'une jeune pépite en la personne de Jonathan David, Thorup a beaucoup de plumes à son chapeau. Pourtant le voilà également débarqué après deux journées, officiellement parce qu'il n'a pas réussi à donner une nouvelle impulsion à son équipe (amputée alors de joueurs de poids comme Vadis, blessé, ou David, parti). Officieusement, il paie l'impatience de ses dirigeants qui veulent à tout prix engrangé un titre prochainement et qui ont agi dans la panique. La suite ne fera que le confirmer.

Laszlo Bölöni, fausse bonne idée, vrai transfert panique

Le temps nous dira si l'histoire était cousue de fil blanc mais à regarder en arrière, il semble que De Witte et Laszlo Bölöni avaient scellé depuis longtemps un accord pour collaborer ensemble lorsque Thorup serait renvoyé. Le Roumain avait évoqué dans sa conférence de presse de rentrée les dîners amicaux qu'il avait eu avec De Witte dans un passé récent. Il y a aussi ces transferts étiquetés Bölöni avant même que ce dernier n'ait signé : Sinan Bolat et Dino Arslanagic, notamment. 3 points sur 9 et un vestiaire à dos plus tard, Bölöni est reparti : "une erreur de casting", selon Ivan De Witte, qui détaille de manière ahurissante que c'est un sondage en ligne réalisé par le diffuseur de la Pro League qui lui a fait douter de son choix. Sans doute le président a-t-il pensé que le rigide Bölöni était le successeur idéal pour mettre de l'ordre dans le vestiaire. Roman Yaremchuk ne l'a pas entendu de cette oreille...

Hannes Wolf et la hype allemande

Tout le monde vous le dira : l'Allemand est à la mode au rayon des entraîneurs. Entre le sourire carnassier de Jürgen Klopp, le fan de datas et monstre de précocité Julian Nagelsmann et le tacticien Thomas Tuchel, il existe une forme de consensus dans le football professionnel qui veut que les entraîneurs allemands aient une longueur d'avance sur les autres. Soit. C'est en espérant retrouver un peu des qualités des trois derniers cités que Genk a embauché Hannes Wolf. Parfait inconnu en Belgique, celui qui avait brièvement coaché Stuttgart et Hambourg devait venir dans le Limbourg en imposant sa griffe faite de jeunesse au pouvoir et d'utilisation poussée des données statistiques. Dix mois après son arrivée, force est de constater que Wolf n'a pas réussi à redresser la barre après le passage de Felice Mazzu, mais qu'il a également réussi à se mettre pas mal de joueurs du vestiaire à dos, comme Dieumerci Ndongala ou plus récemment Sébastien Dewaest. Jamais vraiment convaincant dans le jeu ni dans sa communication, Wolf ne laissera pas une trace indélébile dans l'histoire des entraîneurs de Genk. En Flandre, on murmure que son successeur pourrait s'appeler Frank Vercauteren. Au cinquième temps de la valse...

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