26 millions pour Doku, l’offre impossible à refuser pour Anderlecht

A l’issue d’un " topper " où son équipe n’a virtuellement pas existé, Vincent Kompany s’est retrouvé dans une situation un peu schizophrénique concernant le transfert de Jérémy Doku à Rennes. Tout à la fois cheville ouvrière du projet anderlechtois et coach de l’équipe première du Sporting, l’ancien Diable Rouge a dû trouver un difficile équilibre entre le pragmatisme financier et la perte de son meilleur joueur. Il s’est par ailleurs fendu d’une déclaration lourde de sous-entendus : " On paie les erreurs du passé… ".

Faisait-il allusion à la période où Mogi Bayat était l’agent maison du club à Neerpede en tandem avec Herman Van Holsbeek et sous la bienveillante bénédiction du président Roger Vanden Stock, voir du Conseil d’administration ? Ou plutôt à certains errements managériaux de Marc Coucke, venu d’Ostende avec son lieutenant Luc Devroe comme directeur sportif ? Ce dernier a été rapidement débarqué et se retrouve aujourd’hui dans le collimateur de la justice, en rapport avec les dossiers Frenay et De Koster. Ou, enfin, " Vince The Prince ", pointait-il du doigt la période où le directeur sportif Michaël Verschueren signait des contrats tellement plantureux à certains joueurs que le nouveau binôme dirigeant Vandenhaute-Van Eetvelt en aurait eu le tournis à l’heure de l’analyse financière.

Une dette abyssale

Toujours est-il que la dette bruxelloise n’a cessé de se plomber les finances du club bruxellois ces dernières années. En décembre 2019, elle s’élevait à quelque… 95 millions d’euros. La crise sanitaire et les non-qualifications européennes n’ont évidemment rien arrangé. Une nouvelle augmentation de capital est d’ailleurs toujours à l’ordre du jour. Le tandem Vandenhaute-Kompany devrait également investir dans le capital de la société. Or, on le sait, la garantie de la continuité financière d’un club, est devenu le paramètre essentiel pour l’obtention de la Licence Professionnelle. Gageons que Nils Van Brantegem, le manager des licences à la Fédération, tient particulièrement à l’œil l’évolution financière du Sporting. Bref, Anderlecht ne pouvait décemment pas refuser l’offre mirobolante venue de Bretagne pour sa pépite offensive. Jérémy Doku est un pur produit du centre de formation de Neerpede. C’est donc une belle histoire pour le jeune joueur belgo-ghanéen de 18 ans. Une histoire rendue encore plus belle par l’enchaînement des derniers épisodes. Après une saison déjà prometteuse, Doku a soudainement pris une autre valeur, sportive et financière, après avoir été appelé chez les " Diables Rouges " par Roberto Martinez. Deux sélections, deux capes, un but contre l’Islande, et voilà comment un joueur prend encore plus d’ampleur sur la scène internationale même si, évidemment, il était déjà suivi par de nombreux recruteurs au vu de ses évidentes qualités de dribbles, de vitesse et de percussion.

Bien acheter, bien vendre.

Finalement, ce dossier " Doku " est très illustratif du mode de fonctionnement financier du football belge. En termes de recettes marketing, merchandising, droits TV, sponsoring ou autres, nos clubs ne pourront plus jamais rivaliser avec les grandes compétitions européennes. La seule manière de maintenir le cap ou de boucher les trous reste donc, toujours et encore, la vente récurrente de joueurs. Sans quoi, certains cercles auraient déjà mis la clef sous le paillasson ces dernières années. Du pain bénit par ailleurs pour le business des agents. Acheter au meilleur prix, revendre au prix le plus fort, c’est l’équation qui se présente à chaque " mercato ". Personne n’échappe à la règle. Sauf le Club Brugeois, et dans une moindre mesure le Racing Genk, qui ont pu se construire un bas de laine et se mettre à l’abri grâce à quelques ventes record et des participations à la lucrative Champion’s League. Pour le reste, on peut se montrer plutôt inquiets pour la santé financière de nos clubs. Lesquels ne pourront pas toujours compter sur l’arrivée d’un mécène-supporter ou d’un investisseur étranger comme c’est systématiquement le cas en division 1 B Mais, cela, c’est déjà une autre histoire.

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