2020 : Et "Ciro" Mertens devint une légende napolitaine

Le Dries Rédempteur
2 images
Le Dries Rédempteur - © FILIPPO MONTEFORTE - AFP

Passer de paria à meilleur buteur de l’histoire de son club en finissant par obtenir une prolongation de contrat inespérée, ce pourrait être l’histoire de toute une carrière. Pour Dries Mertens, c’est simplement l’histoire d’une seule saison. Le Louvaniste s’est logé dans le cœur des Napolitains pour les décennies à venir.

Sous le Vésuve, un président éruptif

Ces dernières années, Naples a été habituée à jouer le rôle du challenger de la Juventus. Trois titres de vice-champion sur les quatre dernières saisons ont suscité des attentes dans le chef d’Aurelio de Laurentiis, le magnat napolitain. Cette saison commence d’ailleurs sous les meilleurs auspices : Carlo Ancelotti a pu façonner son équipe, Dries Mertens marque trois buts sur les deux premières rencontres, l’équipe tient tête à la Juve lors d’un match de feu, où les Partenopei ne verront leur rimonta stoppée que par un malheureux but contre-son-camp de Kalidou Koulibaly dans les ultimes minutes. Les indices semblent dessiner une saison enchanteresse à l’ombre du Vésuve. Puis la machine s’enraie au mois de novembre. Frustrés par la décision de la direction d’imposer une mise au vert après un partage contre Salzbourg en Ligue des champions, les joueurs se rebellent et mènent une fronde contre le président. En tête des mutins, Dries Mertens, pris en grippe au même titre que Kalidou Koulibaly, Allan et José Callejon. Pour Ciro, les enjeux sont grands : son contrat se termine en fin de saison et ses statistiques sont en berne depuis fin septembre. De Laurentiis prend des mesures, coupe dans les salaires des chefs de bande, annonce une grande lessive pour les mercatos à venir et clame sa toute-puissance aux oreilles des médias. Le destin de Mertens s’inscrit en pointillé et pourtant, il a encore un rêve derrière la tête.

Le meilleur buteur de l’histoire

Mertens et ses coéquipiers finissent par arrondir les angles avec la direction. Carlo Ancelotti sera le fusible qui va sauter. Incapable d’imposer sa griffe qui a fait de lui l’un des entraîneurs les plus titrés de l’histoire, il est remplacé mi-décembre par Gennaro Gattuso. Du Mister Ancelotti au roquet râblé Gattuso, il y a un choc de culture saisissant. Mais le choix de la direction s’avère payant. Huitième du Calcio au moment du remerciement d’Ancelotti, les Napolitains stoppent l’hémorragie (7e place finale) mais ils poursuivent surtout leur route en Coppa Italia et en Ligue des champions. Et Mertens n’y est pas étranger.

C’est dans l’air depuis plus d’un an maintenant. A mesure que Mertens enfile les perles, les férus de chiffres s’affairent : il se pourrait que Mertens rejoigne Marek Hamsik au classement du meilleur buteur de l’histoire du club napolitain avec 121 buts. C’est finalement chose faite lors du huitième de finale aller de la Ligue des champions face au Barça. Le chouchou du club, celui que les Napolitains surnomment "Ciro", lui qui ne peut plus se passer de son espresso matinal depuis qu’il a goûté à celui du magasinier du club à son arrivée en 2013 et qui trouve les célébrations les plus saugrenues pour amuser la galerie, est enfin consacré.

On pense alors le Louvaniste parti pour s’offrir le record absolu dans la foulée, sauf que la crise sanitaire frappe l’Italie de plein fouet et stoppe l’élan retrouvé du club de la Campanie.

Une semaine de rêve

Après des mois de deuil et de doute, le football renaît finalement à Naples. Et cela passe bien entendu par l’ancien du PSV. Balayés, les doutes concernant un départ gratuit en Chine, en Angleterre ou à l’Inter. Une Inter que Mertens retrouve en demi-finale de Coupe d’Italie. Moment choisi par le Belge pour définitivement rentrer dans l’histoire du club napolitain : il devient l’unique meilleur buteur de l’histoire du club en inscrivant le but de l’égalisation (1-1), laissant dans le rétroviseur Marek Hamsik et Diego Armando Maradona, manifestement en pâmoison devant le Belge. Ce but est aussi et surtout synonyme de qualification pour la finale de la Coppa, finale qui aura lieu face à la Juve. Quatre jours plus tard, il annonce la prolongation de son contrat jusque 2022 dans une vidéo touchante, synonyme de la fin de ses embrouilles avec la direction. Le soir, il remporte la Coupe au terme de la séance de tirs au but et empoche son troisième trophée avec l’équipe italienne. C’est une semaine rêvée.

Cette saison, il a moins marqué (16 buts toutes compétitions confondues, 9 en Serie A) mais il a marqué mieux. Tous ses buts ont été précieux : deux fois buteur contre Liverpool en Ligue des champions pour s’offrir une place en huitième, un but contre le Barça lors de ce fameux huitième aller. Le constat est simple et amusera ceux qui y croient : cette saison, Naples n’a jamais perdu dans un match où Mertens a marqué. "L’histoire continue".

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK