14 joueurs infectés chez les U17 : "Une contagion dans le bus sans doute"

Quatorze des vingt-deux joueurs de l'équipe nationale belge de football U17 garçons, ainsi que trois des sept membres du staff, ont été testés positifs au coronavirus.

Une situation qui interpelle et qui nous est expliquée par Philippe Rosier, performance manager à l'Union belge.

Que s'est-il passé ? Comment a-t-on pu en arriver là ? C'est une énorme gifle pour la Fédération ?
"C'est un grand coup sur la tête, nous regrettons cette situation, notamment pour les parents et les enfants concernés. Nous avions pris toutes les mesures pour que cela n'arrive pas, on a été très sévères sur les protocoles. Mais cette situation est tout de même survenue. Tout le monde est arrivé à l'hôtel le dimanche soir : on a testé les joueurs et le staff. C'est une précaution qui ne se prend pas dans les clubs sportifs ou dans des écoles par exemple. Tous les tests étaient négatifs. Nous avons pris le bus vers l'Allemagne le mardi et on a joué une rencontre contre les Allemands le jeudi. Un joueur a commencé à ressentir des symptômes le vendredi matin. Tout le monde a été isolé et on a testé tout le groupe : 17 personnes étaient donc alors infectées. Nous analysons la situation avec les virologues, on suppose que la contagion s'est déroulée durant le trajet en bus. C'est le seul endroit où ils étaient tous rassemblés dans un espace fermé. Le reste du temps, on a toujours maintenu les distances et le port du masque. Si on prend un bus en Belgique, il s'arrête régulièrement et de l'air frais entre donc à chaque fois. Ca n'a pas été le cas de notre trajet durant trois heures. Il y a probablement eu un problème de ventilation. Tout le monde s'était pourtant lavé la main avant et après, et ils portaient le masque dans le bus. Le virus a pu se répandre quand ils ont mangé ou bu probablement."

De manière générale, est-ce que les joueurs respectent les règles ?
"Oui. Ca fait partie de leur croissance, de leur développement. En tant que sportif de haut niveau, il faut prendre des responsabilités. C'est ce qu'on essaie de leur apprendre, même si ce n'est pas toujours évident avec des gamins de 15 ou 16 ans. On me confirme que les protocoles étaient respectés, même au-delà de la demande initiale. Comme ils formaient une bulle, ils auraient pu, dans le restaurant, laisser le masque de côté, mais ils ont toutefois décidé de le porter, hormis quand ils mangeaient bien sûr. Est-ce que ça pourrait se présenter avec les Diables rouges ? En théorie, oui. La différence, c'est que les Diables ont eu quatre tests, contre un pour les U17. Avec des tests tous les deux jours, le moindre symptôme d'infection en phase d'incubation sera détecté. A Tubize, il n'y a que les Diables rouges. Les autres équipes logent dans d'autres hôtels. Les différentes équipes n'ont aucun contact entre elles."

Les clubs auxquels les joueurs appartient sont sans doute fâchés. Peuvent-ils demander une indemnisation ?
"Tout à fait. Nous sommes en contact avec les clubs, on communique de manière transparente avec eux. Le protocole, hormis quelques détails, est identique à celui établi pour la Pro League. Les clubs se demandent s'ils ont besoin que l'UEFA annule tous les matches des équipes de jeunes et si, par exemple, l'équipe belge doit aller jouer en Allemagne. On a beaucoup réfléchi à cette question avant d'organiser le stage et on a décidé de le maintenir pour deux grandes raisons. L'UEFA doit prendre une décision pour 55 pays. Il n'y avait que 250 kilomètres à notre trajet, la même distance qu'entre Eupen et Ostende (si vous restez sur le territoire belge). Le deuxième point est lié au fait que les enfants vont à l'école, ils jouent au football dans leurs clubs : pour le développement de la carrière, on estime que c'est important de leur donner une expérience internationale à cette âge-là."

C'est le problème et on ne peut pas tout maitriser finalement : une personne contaminée peut devenir une sorte de super contaminateur...
"Il y a en effet une leçon à apprendre pour nous tous. Malgré le test négatif du joueur le dimanche, il commence à contaminer d'autres le mercredi. C'est une sacrée bête qui est dans un petit coin et qui devient très violent lorsqu'il se lâche. Ca va devenir très compliqué pour la suite des compétitions. Le lendemain de la situation avec les U17, on a eu un joueur en U18 qui a commencé à avoir des symptômes. Les protocoles se mettent en route, on isole tout le monde et les testes sont faits. C'est très compliqué si tout le groupe doit être testé ou aller en isolement. En sachant qu'il n'est pas toujours clair si les symptômes viennent du covid ou d'une simple grippe. Pour les équipes de jeunes, c'est délicat. Comme il y a des tests très réguliers pour les équipes premières par exemple, on parvient à gérer."

Newsletter Diables Rouges

Recevez régulièrement des nouvelles de nos Diables Rouges !

OK