12 septembre 1981, Standard-Anderlecht (2-0) : quand Raymond Goethals tape la leçon à Tom Ivic…

1981, il y a quarante ans. C’est la grande époque des cabrioles en politique belge, les gouvernements défilent à tous vents. Après Martens IV, voici Eyskens I puis très vite Martens V : on joue à " Qui veut gagner un portefeuille (ministériel) "

Cet été-là, Saint-Guidon et Sclessin ont pratiqué la transhumance à toute berzingue : Michel Renquin a quitté Liège pour Anderlecht, Arie Haan et Johnny Dusbaba ont fait le trajet inverse, attirés par… Raymond Goethals – qui, lui, était passé par Bordeaux et Sao Paulo entre le Parc Astrid et le Standard. On ne parle pas encore des Judas types Milan Jovanovic ou Steven Defour... mais quand même : l’été s’est coloré de mauve-rouche vif, tendance acide nitrique.


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Tactique avant tout

Un mois plus tôt, les deux ennemis se sont déjà retrouvés au Heysel, pour le compte de la Supercoupe : une parodie de match, soldée par un 0-0 et une séance de tirs au but raflée par le Standard (1-3). Tomislav Ivic versus Raimundo : les deux coaches se sont livrés une joute personnelle avec pour enjeu Qui de nous deux est le plus malin défensivement ?

A Sclessin, Goethals promet un match plus ouvert : " Quand il faut fermer la porte, je n’ai de leçon à recevoir de personne… mais ici, je promets du spectacle " annonce-t-il à La Dernière Heure Les Sports. Ivic, lui, ne renie pas sa nature profonde : face à un Anderlecht hyper-prudent, Michel Preud’homme passera donc dans son but une tranquille soirée barbecue-brochettes… et le Standard s’impose sans sourciller.

Deux phases arrêtées

Après une première période assez terne, les deux buts vont tomber après la pause… sur autant de phases arrêtées. Pourtant auteur d’un bon match pour son retour en bord de Meuse, Michel Renquin va jouer un rôle central : il provoque sur l’intenable Simon Tahamata les deux fautes qui vont précipiter les deux goals. A la 55e, sur un coup franc des 30 mètres, Arie Haan décoche sa célèbre mine du pied droit : Jacky Munaron sort le cuir de son équerre… mais Eddy Tintin Voordeckers est à la réception, au milieu d’une défense mauve en pleine sieste sabbatique. A 10 minutes du terme, Simon Tahamata se fait justice en transformant le pénalty accordé par le bien-nommé arbitre Roger Schoeters.

 

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Eddy Voordeckers surgit pour ouvrir le score. © Photo La Dernière Heure - Les Sports

Ivic est un chouette type… mais si je peux lui passer dessus, ça me fait bien plaisir ! " ricane Goethals après la rencontre. Recruté en début de saison par le patron de Sclessin Roger Petit pour ramener le titre à Liège après 11 ans de disette (non, non, les cycles de 25 ans, ce sera après…), le technicien bruxellois a réussi à refonder rapidement un collectif dans un effectif pourtant très remanié, après le départ du trio offensif Asgeir Sigurvinsson-Ralf Edström-Willy Wellens.

Ironie du sort…

Goethals la tête, Haan les jambes " titrent certains journaux : ce soir-là, Arie Haan a régenté comme en ses plus beaux jours… au Parc Astrid et le jeune Tony Englebert s’est révélé en relais de l’icône Eric Gerets, blessé ce soir-là comme Jos Daerden. L’entrejeu mauve n’a pas existé : Ludo Coeck et Franky Vercauteren, qualifiés trois jours plus tôt pour le Mundial espagnol avec les Diables vainqueurs de la France (2-0),  ont marché à côté de leurs studs.

 

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Mais ce jour de Clasico, les gazettes parlent aussi surtout… du Beerschot : le club anversois est condamné la relégation pour avoir trafiqué de matches pour sa survie en D1. Ironie du sort : quelques mois plus tard, le Standard sera sacré champion avec 2 points d’avance sur Anderlecht… au soir d’un succès contre Waterschei qui fera aussi parler de lui deux ans plus tard. " Magoules ? Quelles magoules ? " dira plus tard Raymond Goethals sur le plateau de Bernard Pivot.

Entre-temps, les deux vieux rivaux auront offert au football belge l’une des saisons européennes les plus abouties de son Histoire. Anderlecht frappera à la porte de la finale de la Coupe des Champions mais butera sur Aston Villa. Le Standard tombera, lui, à Barcelone sur un satané arbitre teuton nommé Walter Eschweiler en finale de Coupe des Coupes…

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Juan Lozano face à Simon Tahamata lors de la (piètre) Supercoupe 1981. © Tous droits réservés

Les équipes de ce Clasico du 12/9/1981

Standard : Preud’homme, Englebert, Poel, Meeuws, Dusbaba, Vandersmissen, Haan, Plessers, Voordeckers (87e : Graf), Wendt, Tahamata.

Anderlecht: Munaron, Hofkens, Broos, Renquin, Degroote, Degreef, Coeck, Vercauteren, Cluytens (61e : Geurts), Lozano, Brylle (82e : Electeur).

Les buts : Voordeckers (1-0, 55e), Tahamata sur penalty (2-0, 81e).

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