World Cup '94, les Diables au pays du soccer

A quelques jours du début de la Coupe du Monde, RTBF.be/sport vous propose de revivre une phase finale vécue par nos Diables Rouges. Aujourd'hui: le Mondial 1994.

Quatre ans après la fin brutale et cruelle de l'aventure italienne, les Belges sont de retour en Coupe du Monde. Deuxième de son groupe de qualifications derrière la Roumanie d'Hagi, qui sera sortie par la Suède au terme d'un quarts épique à Palo Alto, la Belgique dispute son 9e mondial, le 4e consécutif.

Paul Van Himst emmène avec lui 22 joueurs dont deux (Grün à Parme et Scifo à Monaco) seulement évoluent à l'étranger. Les temps ont bien changé.

Un départ idéal grâce à Degryse

Versés dans le groupe F, les Diables entament leur parcours face au Maroc dans la fournaise d'Orlando (36°C). Les Diables s'imposent grâce au duo d'Anderlecht Nilis-Degryse (1-0). Le futur attaquant du PSV centre dans la boite pour Marc Degryse qui devance la sortie - pas vraiment autoritaire - de Khalil Azmi et ouvre le score à la 11e minute. Josip Weber, Enzo Scifo ou Luc Nilis gaspillent et les Belges restent sous la menace de Lions de l'Atlas au jeu vif et technique. Sauvé par sa barre sur un tir lointain de Mohammed Chaouch, Michel Preud'homme débute son festival américain en allant chercher dans sa lucarne une tête du N.9 marocain. Premier match, première victoire. Ça commence bien.

Albert buteur providentiel, MPH impérial

Rijkaard, Bergkamp, Koeman ou encore les jumeaux De Boer, l'armada oranje est impressionnante mais un derby des plats pays est toujours particulier. Les Diables font bien mieux que se défendre face à leur voisin. Joske Weber est imprécis, Grün et Degryse butent sur Ed de Goey. Scifo se voit même refuser logiquement un but pour hors-jeu.

Privé de la première rencontre suite à son exclusion contre la République Tchèque, Philippe Albert est de retour dans le onze de base et débloque la rencontre. Un coup de coin de Degryse file au 2e poteau jusqu'à Albert. Le gaucher contrôle et place entre les jambes de Wouters. Les fans noir-jaune-rouge présents au Citrus Bowl d'Orlando exultent, ceux qui sont restés au pays aussi. Les Belges sont devant ... et derrière MPH veille tel un ange gardien (1-0). Rijkaard, Bergkamp, De Boer ou Koeman se cassent les dents sur le talent du futur gardien de Benfica.

Le slalom géant d'Al Owairan

Avec 6 points en deux matches, les Diables sont déjà qualifiés au moment de boucler leur phase de poule face à l'Arabie Saoudite. Paul Van Himst laisse quelques cadres au repos et remanie un peu sa défense. Mais personne n'imagine un autre dénouement qu'une victoire synonyme de première place du groupe. Et pourtant.

Le fantastique solo Saeed Al Owairan glace la Belgique entière dès la 5e minute. Un contrôle manqué de Scifo rend le ballon aux Saoudiens. Al Owairan est parti, on ne le reverra plus. Il navigue entre cinq maillots rouges quasi spectateurs et s'en va ajuster Preud'homme. Les Diables ne s'en relèveront pas (0-1). Le slalom géant de 70m du N.10 saoudien sera par la suite élu 16e plus beau but de l'histoire de la Coupe du Monde.

Philippe Albert est revenu de manière savoureuse sur "le show Al Owairan" en février 2013 sur le plateau de La Tribune. "Staelens hésite. De Wolf se couche trop vite. Smidts est dans la purée complète. Et puis, il y a le dernier des mohicans (Albert lui-même) qui tacle. Que voulez-vous que je vous dise? C'est un but exceptionnel, mais il n'aurait jamais du arriver jusque-là".

Röthlisberger, huit ans avant Prendergast

Les Belges auraient pu affronter l'Irlande, ils héritent de l'Allemagne. Le début de ce huitième de finale est complètement fou. Rudi Völler, Georges Grün et Jürgen Klinsmann alimentent tour à tour le marquoir. Le buteur de l'OM fait encore 3-1 sur coup de coin avant la mi-temps.

Preud'homme, élu meilleur gardien du monde cette année-là, maintient la Belgique dans le match en tenant Klinsmann en échec à deux reprises. A la 72e, Weber, meilleur buteur du championnat mais pas en réussite aux USA, file vers le but. Il est accroché par Thomas Elmer dans le rectangle. Kurt Röthlisberger ne bronche pas. Une décision in-com-préhensible qui signe la fin du tournoi de l'arbitre Suisse. Il sera suspendu à vie par l'UEFA en 1997 pour une tentative de corruption.

Le très joli but d'Albert, son deuxième du Mondial, ne fait qu'augmenter les regrets belges (2-3). Comme quatre ans plus tôt en Italie, les Diables s'arrêtent en huitièmes de finale. Comme quatre ans plus tôt, la Belgique quitte la compétition frustrée.

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