Wilmots: "Les Diables qui ont participé à la campagne ont la priorité"

Wilmots va vivre sa ... 7ème Coupe du Monde

Au Brésil, Marc Wilmots va vivre sa 7ème Coupe du Monde. Il en a vécu 4 comme joueur (1990, 1994, 1998 et 2002), 2 comme consultant de la RTBF (2006 et 2010) et en juin, ce sera sa première en tant que sélectionneur national.

"Elles sont toutes différentes. La première et la deuxième, tu fais beaucoup d'erreurs. Dans la 3ème, tu as gagné en maturité et la 4ème, tu es plus tranquille et tu réalises une bonne Coupe du Monde. C'était bien aussi les deux autres avec la RTBF pour voir l'envers du décor" a-t-il confié au micro de la RTBF.

C'est donc dans le costume du coach qu'il va aborder le prochain mondial. Les responsabilités seront différentes, voire même peut-être grisantes mais pas stressantes.

"On a fait un maximum pour professionnaliser la Fédération. On avance à tous les niveaux. On n'a pas fini. Je pense aux U21, aux U19. On essaie de mettre en place une philosophie et une manière de travailler avec une seule exigence : la compétence. Les gens vont devoir être hyper professionnels. C'est comme cela qu'on peut permettre à des gamins de devenir meilleurs. On donne, on reçoit. On défend une cause, c'est la Belgique. Si on privilégie les égos, on n'y arrivera jamais. Nous avons obtenu nos résultats grâce au collectif. Je peux reprendre une célèbre phrase de Robert Waseige qui disait que lorsque "le collectif est bon, les individualités ressortent"."

Et de préciser : "J'ai vécu presque deux Coupes du Monde du banc. Donc, je sais à quel point cela peut être frustrant. Les mots respect et solidarité sont importants pour moi. Je fais des choix que j'estime être les meilleurs pour le pays".

Avoir les meilleurs supporters du monde...

"L'image que je retiens de cette campagne, c'est en Ecosse et ce n'était pas pendant le match. C'est lorsque les supporters ont applaudi l'hymne écossais. Hier, j'ai regardé la ZDF et TéléFoot, quand tu vois comment on parle de nous à l'étranger, on nous respecte à travers nos résultats mais aussi à travers notre public. On va essayer d'avoir les meilleurs supporters du monde. On va essayer aussi d'avoir des supporters qui montrent l'exemple. Je voudrais ainsi qu'il n'y ait plus d'injures quand un gardien dégage le ballon. Personnellement, je vais au stade avec mes enfants et je n'ai pas envie d'entendre des injures. Le football apporte du plaisir, des sourires, des joies et des peines aussi".

Quels seront les 23 Diables au Brésil ?

"Il y a une famille qui s'est créée ici. On va suivre tous les joueurs, aussi bien Toby Alderweireld que Kevin De Bruyne qui ont moins de temps de jeu. On est là pour les aider à tous les niveaux. Evidemment, pour le joueur qui n'a pas joué pendant six moins, cela va être embêtant. C'est le cas de Thomas Vermaelen qui ne joue pas beaucoup pour l'instant. On va calculer tous les temps de jeu. C'est vrai que les joueurs qui ont participé à toute la campagne qualificative ont la priorité. On va faire des malheureux mais depuis le début le but est de 'pousser' le football belge. Il y aussi des Espoirs qui frappent à la porte mais ils n'ont pas encore prouvé ce que les autres ont déjà prouvé. C'est un nivellement par le haut. Il y a aussi une génération qu'on construit derrière. Je pense aux U19 avec Verheyen et aux Espoirs avec Walem. Les joueurs du groupe qui a été créé ici ont évidemment plus de chances d'y aller que d'autres. C'est logique".

Reflexion sur les nationalités multiples...

Véritable phénomène à Manchester United, le Belgo-albanais Adnan Januzaj n'a pas encore pris sa décision concernant le pays pour lequel il va évoluer. Pas question pour Marc Wilmots de lui apporter des garanties afin qu'il opte pour les Diables Rouges.

"C'est impossible de négocier avec moi. Le garçon est né en Belgique. Il faut qu'il dise qu'il veut jouer pour la Belgique. A partir de là, il n'y a pas de marchandage. Je ne rentre pas dans ce jeu-là. Le gamin est disponible ? Il veut jouer ? OK parfait, montre-le moi. Tu es au top niveau à Manchester ou ailleurs, montre-moi tes qualités et si j'ai besoin j'appelle. Je ne fais aucune promesse, ni à Bakkali, ni à Januzaj, à personne !"

Les ambitions des Diables au prochain mondial ?

"Je ne mets pas de limite. Tu as trois matches et tu dois tout faire pour te qualifier pour les huitièmes de finale. A partir de là, cela dépend de la forme du moment, de la forme du jour, d'un arbitre, d'un poteau, d'un joueur exceptionnel en forme. On participe à cette Coupe du Monde, c'est déjà une belle étape. Quoiqu'il arrive, on va grandir. Le plus difficile à présent est de savoir comment je vais organiser les trois semaines de préparation avant le coup d'envoi du mondial. Il ne faut pas tomber dans une routine, il ne faut pas les enfermer, il ne faut pas que la presse invente des choses,... Il faut gérer tous les aspects extérieurs mais aussi les matches amicaux  et les endroits où on va se rendre. Une fois que le tournoi va commencer, on n'aura pas le temps de s'ennuyer car on sera en voyage tout le temps."

On se rappelle qu'en mai dernier, les Belges avaient effectué un stage concluant aux Etats-Unis. Les Diables pourraient y retourner l'an prochain.

"Les Etats-Unis constituent une possibilité. J'ai pu me rendre compte des infrastructures. Ce qu'il faudra absolument, ce sont des moments à nous durant lesquels on peut se réunir. Il faudra que la presse comprenne cela. Il faudra trouver le bon équilibre pour éviter de frustrer tous ceux qui doivent faire leur métier. Ce sera mon principal défi dans les 5 à 6 prochaines semaines. Je vais essayer de contenter tout le monde mais il faudra aussi respecter le fait que de temps en temps, on ait envie de repos".

Les remerciements à Advocaat et Collin

"Sans Dick Advocaat, je ne serais pas à la Fédération. A l'époque, la Belgique était 70ème mondiale. Il m'a dit "J'ai besoin de quelqu'un comme toi pour m'aider, tu connais la maison, tu as été capitaine et on va remettre les lignes de conduite ensemble". Il m'a expliqué sa vision du foot. Après une heure de discussion, on s'est serré la main et on s'est dit "OK on va le faire ensemble". Après, j'ai respecté sa décision (de quitter la Belgique pour la Russie, ndlr). Et puis, il y a Philippe Collin qui a du faire un choix. Je ne faisais pas l'unanimité. Il a suivi le groupe et son instinct. La moindre des choses est de dire merci. Je crois qu'il a suivi les joueurs qui voulaient quelqu'un qui n'allait pas les quitter et qui les aimait."

G.Bayet avec R.Beenkens

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