Un échec "kolossal" pour la Mannschaft

Un échec "kolossal" pour la Mannschaft
Un échec "kolossal" pour la Mannschaft - © JEWEL SAMAD - AFP

Pour la première fois depuis 1938, 80 ans, un sacré bail, un siècle, une éternité, l’Allemagne a donc été éliminée dès le premier tour de compétition d’une Coupe du Monde. A l’époque, le système de poules n’existait pas et la Mannschaft avait du s’incliner, après un "replay" dans l’ancien Parc des Princes de Paris, face à la Suisse dans une formule à élimination directe.

Le tenant du titre est déjà rentré aujourd’hui à la maison, perpétuant ainsi en quelque sorte une funeste tradition initiée par la France en 2002 et poursuivie par l’Italie en 2010 et l’Espagne quatre ans plus tard. A vrai dire, à l’analyse, ce "kolossal" échec allemand n’est pas si étonnant que cela ; quelques signes avant-coureurs nous avaient même mis la puce à l’oreille lors de la phase de préparation. Les résultats et les prestations n’avaient guère été probants et la photo de Mesut Özil et Ilkay Gündogan, les deux joueurs germano-turcs qui avaient offert leur maillot au Président Erdogan à Londres, avait sérieusement ébranlé l’opinion publique et c’est un euphémisme. D’aucuns, à commencer par l’ancien joueur Lothar Matthäus (150 sélections, 5 phases finales de Coupe du Monde) s’étaient même interrogés sur la réelle implication de ces deux joueurs pour la sélection de leur pays d’adoption.

La non-sélection de Leroy Sané, élu meilleur jeune joueur du championnat anglais avec Manchester City, avait aussi suscité quelques interrogations. Rien à voir avec l’affaire Radja Nainggolan chez nous mais, quand même, certains observateurs s’étaient étonnés que Joachim Löw ait préféré Julian Brandt de Leverkusen au feu follet de City. Bref, ce n’est pas dans la sérénité optimale que les Allemands avaient rallié leur camp de base dans la banlieue moscovite. Et l’entrée en matière face au Mexique devait, d’emblée, confirmer toutes ces impressions plutôt négatives. Souvent dépassée par la vélocité des avants mexicains, la défense n’avait pas donné les garanties de sécurité requises. Tour à tour, quatre défenseurs, Jérôme Boateng, Mats Hummels, Antonio Rüdiger et Niklas Süle, se sont finalement relayés dans l’axe mais sans réel succès. Le but en dernière minute de Toni Kroos face à la Suède avait pourtant rendu l’espoir à tout un peuple mais il a fallu déchanter face à des guerriers sud-coréens prêts à mourir sur la pelouse, histoire de quitter leur Mondial en beauté.

Une mentalité que l’on n’a pas retrouvée dans les rangs germaniques. Oubliée la rage de vaincre, véritable marque de fabrique du football allemand, sorte d’inépuisable rouleau compresseur. Disparue cette confiance et cette impressionnante assurance qui avait fait merveille au Brésil il y a quatre ans. Certains cadres ont vieilli, à l’image d’un Thomas Müller qui est passé à travers son tournoi. Marco Reus (dont c’était le premier Mondial à 29 ans après une blessure de dernière minute en 2014) et Toni Kroos ont, par moments, tiré leur épingle du jeu, mais c’était insuffisant. D’autant que, cette fois, la Mannschaft n’a pu compter sur un vrai buteur dans la ligné des Gerd Müller ou Miroslav Klose. Le jeune sociétaire de Leipzig, Timo Werner, n’a pas répondu à l’attente. Et les Allemands n’ont marqué que deux buts en trois rencontres, une véritable misère offensive.

L’Allemagne est donc arrivée à la fin d’un cycle et à un tournant de son histoire footballistique. Il va falloir désormais reconstruire sur d’autres bases. Le coach est en place depuis 12 ans. C’est son premier échec retentissant. Restera-t-il en fonction ? Oui à en croire le président de la fédération allemande. Ce dernier avait précisé avant même l’élimination que l’aventure avec Joachim Löw se poursuivrait jusqu’au mondial 2022, quoiqu’il arrive. Il avait d’ailleurs signé une prolongation de contrat le 15 mai dernier.

Affaire à suivre... d’autant que, ce matin, la presse allemande se déchaîne surtout contre un coach qui a été incapable de trouver un véritable onze de base convaincant dans ce premier tour de compétition.

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