Que va devenir la "génération dorée" belge après le Mondial ?

La "génération dorée" belge, avec ses talents pléthoriques enviés par le monde entier, a vu ses rêves de sacre mondial s'effondrer mardi face à la France (1-0), en demi-finales du Mondial 2018.

"Je crois qu'il y a encore 4 ou 5 bonnes années. Ça dépend de l'envie et du vouloir des gamins. A un moment donné, on peut être blasé après chaque tournoi (et se dire) +est-ce que je continue ou pas ?+ Je ne sais pas ce qui va se passer dans la tête de certains" : Comme Marc Wilmots, l'homme qui n'a pas su faire gagner la bande à Eden Hazard avant la prise en main de Roberto Martinez, la Belgique retient son souffle après la déception...

Car de Vincent Kompany (32 ans) à Thomas Vermaelen (32 ans), en passant par Marouane Fellaini (30 ans) ou encore Mousa Dembélé (31 ans le 16 juillet), plusieurs joueurs majeurs ont déjà dépassé la trentaine et risquent d'annoncer leur retraite internationale après ce nouvel échec. Et ce, même si le parcours en Russie a globalement été une réussite comparée aux désillusions du Mondial-2014 et surtout de l'Euro-2016, où ils avaient échoué en quarts de finale.

Jan Vertonghen (31 ans) a, lui, déjà annoncé qu'il poursuivra sa carrière chez les Diables rouges aussi longtemps qu'on fait appel à lui.

"(C'était) l'année où jamais pour eux", souligne auprès de l'AFP Jean-François De Sart, l'ancien sélectionneur des Espoirs, qui a vu éclore les coéquipiers de Kompany lors de l'Euro-2007 aux Pays-Bas et des JO-2008 à Pékin. Bon il y a encore le championnat d'Europe dans deux ans, mais au niveau de la Coupe du monde..."

"Des joueurs comme Eden Hazard, vous n'allez pas en produire toutes les années !", a-t-il prévenu. "Ce que l'on peut juste regretter, c'est qu'ils n'ont pas connu d'autres tournois plus tôt comme en 2012 ou 2010, c'est la grosse déception qu'on peut avoir. Ils auraient dû être beaucoup plus performants au championnat d'Europe 2016."

"La Coupe du monde ne respecte pas les individualités"

Thibaut Courtois, Kevin De Bruyne, Eden Hazard, Dries Mertens, Romelu Lukaku... Les meilleurs clubs européens se les arrachent, les nations voisines les envient.

"Nous connaissons tous les talents que nous avons, une génération dont nous pouvons être extrêmement fiers en Belgique. Avec seulement une population de 11 millions de personnes, il y a quand même des individualités hors normes", s'était réjoui le sélectionneur Roberto Martinez, après un premier tour sans faute.

Mais à l'image de la génération Messi en Argentine, ou Arjen Robben avec les Pays-Bas, l'incroyable armada belge ne connaîtra pas les joies d'un sacre suprême.

Les attentes étaient-elles trop grandes pour leur frêles épaules ? "Personne ne s'est dit +on va s'appeler la génération dorée+. On n'y prête pas attention", avait admis Vincent Kompany, juste avant l'exploit contre le Brésil (2-1) qui devait servir de déclic... dix ans après avoir échoué à glaner une médaille de bronze face à la Seleçao de Marcelo aux Jeux olympiques de Pékin.

Mais "la Coupe du monde ne respecte pas les individualités, ou les grands talents, seulement les équipes qui travaillent dur en tant que groupe et qui ont une mentalité de gagnant", n'avait cessé de prévenir Roberto Martinez. Et la France de Didier Deschamps a montré aux individualités flamboyantes belges qu'un groupe compact et dévoué était la meilleure garantie du succès.

L'Euro-2020, la dernière chance ?

Au fond du trou en juin 2007 à l'image de sa 71e place au classement Fifa (le pire classement de son histoire), la Belgique est redevenue une nation crainte et respectée grâce à sa première vague de talents incarnés par Fellaini, Kompany, ou encore Mousa Dembelé.

Si la majorité d'entre eux ne seront peut-être plus là pour récolter le fruit de "10-15 ans de dur travail" dixit Martinez, Hazard et De Bruyne n'ont que 27 ans et n'ont pas dit leur dernier mot. Tandis que leurs "petits frères" Michy Batshuayi (24 ans), Adnan Januzaj (23 ans) et Youri Tielemans (21 ans) sont prêts à reprendre le flambeau. Sans oublier les Timothy Castagne (22 ans) ou Dennis Praet (24 ans) qui pourraient, dès septembre, rejoindre le groupe pour préparer la Nations League.

L'élimination en demi-finales de cette Coupe du Monde à peine digérée, il faut effectivement déjà se tourner vers l'avenir. N'oublions cependant pas que ce Mondial n'est pas terminé. Cette génération dorée aura à coeur d'achever le tournoi à la 3ème place samedi, et ainsi faire mieux que les Diables de '86 (4èmes au Mexique après avoir été battu dans la finale de consolation face à la ... France).

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