Qatar 2022 : 90% des installations sont prêtes, Amnesty International veille au grain

Gianni Infantino en visite au Qatar en octobre dernier
Gianni Infantino en visite au Qatar en octobre dernier - © AFP

Le coup d'envoi de la Coupe du Monde 2022, qui se déroulera au Qatar, sera donné dans deux ans jour pour jour. La FIFA vient d'annoncer que les travaux au niveau des infrastructures qui accueilleront le Mondial sont déjà terminés à... 90%.

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Trois des huit stades sont déjà terminés, trois autres sont en phase finale. Les deux autres seront terminés l'année prochaine. Malgré la crise sanitaire, plus d'une centaine de matches ont été disputés dans les trois stades entièrement achevés en 2020.

Plus tôt dans la semaine, Amnesty International a fait le point sur la protection des droits des travailleurs migrants, présents au Qatar par milliers pour construire les stades et les différentes infrastructures qui accueilleront la Coupe du Monde. "L’Organisation a salué les réformes récemment adoptées, mais a émis une mise en garde, soulignant que pour nombre d’employées et employés migrants, les conditions de travail resteraient très difficiles tant que des mesures n’auraient pas été prises pour garantir les salaires et l’accès à la justice et pour empêcher l’exploitation du personnel domestique, souligne le communiqué de l'ASBL. Ces dernières années, le Qatar a adopté une série de réformes majeures, notamment en modifiant la législation pour accorder aux travailleurs et aux travailleuses la liberté de mouvement et leur permettre une plus grande mobilité en matière d’emploi. Il a également promis de meilleurs salaires, ainsi qu’un accès facilité à la justice en cas d’atteintes aux droits. Cependant, nombre de travailleuses et travailleurs migrants n’ont pas encore bénéficié de ces évolutions. Tant que ces réformes ne seront pas pleinement appliquées, de nombreuses personnes resteront prises dans le cercle vicieux de l’exploitation. Depuis 2017, le gouvernement qatarien a adopté un certain nombre de réformes en faveur des travailleuses et travailleurs migrants (...), mais des milliers de personnes continuent de subir des conditions de travail abusives."

Les supporters pourront assister à plus d'un match par jour pendant la Coupe du Monde. Grâce au renouvellement du réseau de métro et à l'agrandissement de l'aéroport de la capitale Doha, il sera a priori très facile de voyager entre les différents stades.

Hassan Al Thawadi, le secrétaire général du comité organisateur, a indiqué que les projets ont déjà un impact sur la vie des gens au Qatar. Il a parlé d'une évolution positive en matière "d'éducation, de droits des travailleurs et d'esprit d'entreprise."

Une évolution "positive", mais ces propos sont à tempérer... "Amnesty International a montré qu’une centaine de travailleurs migrants employés sur le chantier de construction d’un stade pour la Coupe du Monde avaient travaillé jusqu’à sept mois sans être rémunérés, alors que les autorités étaient informées de la situation depuis près d’un an. Après la publication de ce document, la plupart de ces travailleurs ont perçu l’essentiel de leurs salaires en retard. Cette affaire a mis en évidence l’incapacité persistante des autorités du Qatar comme de la FIFA à offrir une voie de recours rapide aux travailleurs."

"Depuis 2016, Amnesty International a eu plusieurs contacts avec la direction de l’Union Belge en ce qui concerne la situation des droits humains au Qatar. Plusieurs échanges constructifs s’en sont suivis et des engagements à mettre en avant cette problématique ont été pris. Aujourd'hui, nous redemandons au Président de l’URBSFA, Mehdi Bayat, d'encourager la FIFA à agir concrètement", a conclu Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

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