Panini et ses 30 millions de vignettes par jour : l'usine qui fait rêver les fans de foot

Panini et ses 30 millions de vignettes par jour : l’usine qui fait rêver les fans de foot
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Panini et ses 30 millions de vignettes par jour : l’usine qui fait rêver les fans de foot - © Tous droits réservés

Dans l'Italie des années 60, la ville de Modène, proche de Bologne, est surtout connue pour son vinaigre balsamique, son parmesan et ses voitures de prestige. Les Ferrari, Maserati et Lamborghini ont été conçues à quelques kilomètres de là. Mais en 1961, deux noms se rajoutent à la liste...

Cette année-là l'enfant de Modène, Luciano Pavarotti, lance sa carrière de ténor et, au même moment, une idée germe au sein de la modeste famille Panini.

"Toute l’opération a été créée par les frères Panini et principalement par Giuseppe Panini, le plus vieux des 4 frères" raconte Giacomo Giorgi, directeur des ventes et des opérations promotionnelles chez Panini.

"L’idée de Giuseppe Panini était de créer une société qui allait produire des collections pour les enfants."

Vendeur de journaux dans le kiosque familial, Giuseppe Panini collectionne les timbres, les casquettes et les photos...

"La collection de fleurs n’a pas marché, pas du tout" poursuit Giacomo Giorgi. "Giuseppe a donc pris la décision d’acheter une deuxième collection sur les footballeurs italien. Et elle a fonctionné d’une façon incroyable."

Le premier album consacré au championnat de Serie A va rapidement s'imposer dans les foyers italiens. A l'époque les figurines sont dessinées à la main, sur des petits cartons qu'il faut fixer à l'aide d'un tube de colle.

Les vignettes autocollantes que l'on connait aujourd'hui apparaissent elles en 1973 et marquent le début d'une véritable conquête mondiale.

"Tous les enfants ont joué avec les stickers en Europe. C’est donc une histoire très européenne. Et après dans les années 80, elle s’est propagée en dehors de l’Europe aussi."

Plus de 120 pays distribuent aujourd'hui le célèbre album. La marque possède une usine à Sao Paulo au Brésil et à Irving au Texas. Mais c'est à Modène que le groupe a encré ses racines dans l'usine familiale où vivait cette famille de 8 enfants.

Dans les couloirs vétustes du bâtiment principal des bureaux et de nombreuses vitrines retracent la "succes story" Panini.

Au fond de ces couloirs, l'entrée du centre de production...

Proust y aurait vu sa madeleine, les odeurs de colle et de papier évoquent aux collectionneurs le souvenir de la première pochette que l'on ouvre avant d'entamer un nouvel album.

Dans ces deux grands hangars 350 personnes s'activent pour fabriquer quotidiennement plus de 30 millions d'autocollants à l'aide de machine parfois cinquantenaire.

Les premières impriment les sujets sur de grandes feuilles. Les secondes découpent.

Mais c'est un peu plus loin au niveau du mixage que réside l'un des secrets de la réussite panini.

Dans les années 60 les ouvriers de la fabrique mélangeaient les figurines au moyen d'une pelle et les glissaient dans une pochette cousue à la main... jusqu'au retour du frère bricoleur.

De retour du Venezuela, Umberto Panini a l'idée lumineuse de détourner une machine agricole destinée au mélange des semences... et il crée la FIFMATIC.

"Il a créé cette machine qui fonctionne encore très bien aujourd’hui et permet de garantir un mix parfait. C’est un processus automatique où les autocollants vont être découpés et mélangés parfaitement. Vous ne pourrez jamais trouver deux mêmes numéros dans un même sachet. C’est impossible."

Pas de double dans une même pochette et pas de numéros imprimés en nombre réduit pour créer de la rareté. Panini imprimera autant de Neymar que de Jan Vertonghen.

A défaut d'être rare l''album Coupe du monde 2018 sera malgré lui historique. Pour la toute première fois, l'Italie, non qualifiée, pour le mondial n'y figurera pas.

"Cette absence a de grosses répercussions pour l’Italie" précise Giacomo Giorgi. "L’Italie c’est un marché très important pour nous. Mais le dommage le plus important c’est le dommage causé aux collectionneurs d’autocollants parce que l’Italie représente une histoire de passion et de divertissement dans le football. Quand les italiens sont là, il y a toujours quelque chose à discuter. Il y a toujours du divertissement."

Sans sa Squadra Azzura la société Panini s'attend à voir baisser son chiffre d'affaire. La marque espère quand-même vendre 1 milliard et 500 millions de pochettes environ. A 90 centimes l'unité, la firme italienne devrait s'y retrouver...

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