"Obrigado Brasil !", lettre ouverte de Rodrigo Beenkens

Le Christ Rédempteur du Corcovado devant le mythique stade du Maracana
Le Christ Rédempteur du Corcovado devant le mythique stade du Maracana - © VANDERLEI ALMEIDA - BELGAIMAGE

La Coupe du Monde brésilienne s'est terminée dimanche soir par le sacre de l'Allemagne face à l'Argentine (1-0 après prolongation). C'est l'occasion pour Rodrigo Beenkens, commentateur de la RTBF pour les matches des Diables Rouges ou encore pour la finale, d'adresser une lettre ouverte au pays hôte en guise de bilan.

"Querido (cher) Brasil,

Toi qui m’as accueilli de braços abertos (les bras ouverts) pendant 44 jours.

Toi, le pays du futebol, dont on avait douté de la capacité à organiser la Coupe du Monde.

Toi à qui on prédisait (à tort) le chaos dans les stades, dans les aéroports et sur les routes.

Toi dont les mouvements de protestation et d’opposition à l’organisation de la Copa furent minimisés par ton gouvernement et ignorés par cette FIFA qui a décidément l’art d’enjoliver le faux et de feindre le vrai.

Toi qui embarrasses certains psychanalystes incrédules devant tant de fanatisme, cette façon souvent irrationnelle de passer en un instant de l’exultation aux larmes et cette forme de catharsis.

Toi qui en 28 minutes est passé de l’euphorie à la honte.

Toi qui rêvais de l’ "Hexa" et qui t’es ramassé un "hepta" contre l’Alemanha.

Toi qui, depuis, t’es senti atteint dans ta dignité mais qui te fiches comme de ton premier Brazuka de ceux (j’en connais) qui considèrent le football comme un grand cirque aliénant et qui se demandent comment on peut engager à ce point son identité nationale dans un sport, sur un seul terrain, lors d’un seul match.

Ta passion du football survivra à l’humiliation de ce 8 juillet 2014 mais cette défaite historique et cette Copa de la vexation seront peut-être salutaires et marqueront à jamais la relation entre toi et ton futebol. Tu réalises enfin que peuple et torcida, décideurs et entraîneurs, nation et seleçao ne sont pas qu’une seule et même entité.

Grâce à cette Copa, tu as compris que le Brésil est plus grand que son football et qu’il a tant de défis plus importants et plus grands à relever !

Toi, dont je garderai dans mon esprit et dans mon cœur les sourires et la musique, toi qui m’a bouleversé dans et surtout en dehors des stades, tu as gagné la Copa de l’hospitalité.

J’ai besoin de te le dire, de te le crier, de te l’écrire :

Merci ! Obrigado Brasil !"

 

Rio de Janeiro, 14 juillet 2014, Rodrigo Beenkens

"L’honnêteté est la plus grande de toutes les malices parce qu’elle est la seule que les malins ne prévoient pas", Alexandre Dumas.

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