Mununga : "Marouane Fellaini est indispensable pour la Belgique"

Ce jeudi dans Place Diables Rouges sur Vivacité, David Houdret, Pascal Scimè et Joachim Mununga sont revenus sur la victoire de la Belgique face à l’Angleterre (0-1). Ils ont porté une attention toute particulière à la prestation de Marouane Fellaini, ainsi qu’au retour sur les terrains de Vincent Kompany. Enfin, c’était aussi l’occasion de se projeter sur la prochaine rencontre des diables, le huitième de finale face au Japon. 

Sur la prestation et le rôle de Fellaini

Marouane Fellaini n'avait plus été titulaire avec les Diables depuis le 3 septembre 2017. Perturbé pas les blessures cette saison, Fella a répondu présent et a été un des meilleurs - si pas le meilleur - Belges sur la pelouse de Kaliningrad. "Marouane a un énorme volume de jeu. Il m’a impressionné tout en ne faisant que confirmer", souligne Joachim Mununga. "Il a prouvé qu’il pouvait être au four et au moulin. On disait qu’il ne savait pas tenir une position, mais je ne l’ai pas vu trop se disperser. Je l’ai vu faire le box-to-box comme il a l’habitude de le faire. On l’a vu gagner des duels dans les 16 mètres adverses, on l’a vu gagner des duels dans nos 16 mètres. On l’a vu faire des fautes professionnelles pour ralentir le jeu, on l’a vu dans la conservation du ballon … je l’ai trouvé très intéressant. Je pense que Marouane nous permettrait d’avoir beaucoup plus de variations dans le jeu. Il peut nous offrir des possibilités de longs ballons en situation dominante en termes de possession de balle, il peut aussi jouer le rôle de ratisseur au milieu de terrain avec son impact physique dans des situations où on a moins le ballon. Et en plus de cela, il sait mettre des goals. Pour moi, Marouane Fellaini est indispensable pour la Belgique. "

"J’ai bien aimé la doublette Fellaini – Dembelé", renchérit Pascal Scimè. "Fellaini a fait en sorte que Dembele soit bon et vice-versa. Les infiltrations pour Marouane, on l’a vu notamment en deuxième mi-temps, tandis que Dembelé, pour aller lui chiper le ballon il fallait se lever très tôt. Cela dit, l’avantage qu’ils ont eu dans ce match c’est que la prestation a été facilitée par l’inertie anglaise. Malheureusement pour nous, les Anglais ne voulaient pas jouer."

"J’ai quand même été impressionné par notre capacité à trouver des joueurs dans la verticalité alors qu’avec un Witsel qui, c’est vrai, offre beaucoup de garanties et de sécurité, on est souvent dans les passes latérales et le non-risque. Moi personnellement, je préfère avoir un peu plus de risque et une construction un peu plus rapide", ajoute Joachim Mununga.

Fellaini doit-il, et va-t-il, intégrer le 11 face au Japon ?

"Marouane c’est un turbo diesel. Il doit commencer les matches pour être performant. Si on veut vraiment tirer la quintessence de la puissance et de la palette de Fellaini, il doit commencer le match. Après, est-ce qu’il doit débuter la rencontre face au Japon ? Je n’en suis pas persuadé. Par contre, si on passe en quarts, indépendamment de l’adversaire, je pense qu’on pourrait avoir besoin de lui", analyse Pascal Scimè.

A propos du retour de Kompany, et de la situation de Boyata

Dedryck Boyata est le seul joueur de champ avec le maximum de temps de jeu chez les Diables. Il devait pallier les absences de Thomas Vermaelen et Vincent Kompany. Il l'a fait brillamment. Avec ses prestations, il va comme d'autres compliquer les choix du coach. 

"Je suis d’avis que Kompany a une importance énorme dans ce groupe. C’est clairement une valeur ajoutée que ce soit au niveau du charisme, du leadership, mais aussi sur le terrain", affirme Joachim Mununga. "Vu la vivacité des attaquants adverses, j’ai eu peur quand je l’ai vu monter en cours de match. C’est toujours difficile de rentrer dans ces conditions, et il faut toujours un peu de temps pour se mettre dans le rythme de la rencontre, mais il a très bien géré cela. Roberto Martinez s’offre un choix de luxe entre Kompany, Vermaelen et Boyata. Est-ce qu’il faut maintenant faire jouer Kompany ? Je laisse le soin à Martinez, qui fait preuve d’une gestion de groupe exceptionnelle, de prendre cette décision."

"Si Kompany est fit et qu’il veut jouer… il jouera"

"Moi je pense qu’on peut garder Boyata contre le Japon", glisse Pascal Scimè. "Mais si Kompany est fit et qu’il veut jouer… il jouera, et il passera devant Vermaelen. […] C’est une question d’équilibre de vestiaire aussi. Tout va vraiment dépendre du message de Roberto Martinez. La communication du coach sera vraiment primordiale. Le rapport de confiance sera important. Si tu écartes Boyata, en tant que coach tu dois lui expliquer et surtout les raisons de ce choix, et le convaincre qu’il a été bon et qu’il ne sort pas de l’équipe parce qu’il a démérité. Je pense que, même s’il sera déçu, c’est une décision que Boyata va accepter. Il devra d’ailleurs, parce qu’il n’a pas le choix. "

Et maintenant le Japon

Les Diables ont donc terminé en tête de leur groupe et affronteront le Japon en 1/8e de finale. Un adversaire - à priori - à leur portée.  "Il faut les respecter mais ne pas les craindre", insiste Pascal Scimè. "On est favoris mais cela reste un match de Coupe du Monde et cela reste du football. Il y a parfois de l’aléatoire. Regardez leur premier match face à la Colombie avec ce carton rouge à la troisième minute. Le Japon fait 1-0 sur penalty et ils doivent en partie leur qualification à cela. Un match, pour le gagner, il faut le jouer. C’est vraiment la leçon qu’il faut tirer. Franchement, ne parlons pas du Brésil. Ayons du respect pour le Japon."

"On doit battre le Japon. Il ne faut pas avoir peur de le dire. On est plus forts qu’eux et on doit faire le travail", tranche Joachim Mununga. "Avant de faire ce travail, Martinez nous a habitués à ce que les joueurs soient prêts, que la matière soit bien étudiée et qu’il y ait de la rigueur. Au niveau de la qualité, les Japonais sont en dessous de la Colombie, mais au niveau de la discipline, ils appliquent les consignes du coach à la lettre. C’est un bloc qui joue de manière compacte et qui est difficile à déplacer. Ils savent repartir en contre-attaque, ils ont eu un petit couac contre la Pologne mais c’est une équipe qui est habituée à faire le travail. Il va falloir se méfier."

"On a survolé le Japon en amical il y a quelques mois (victoire 1-0 à Bruges en novembre avec un but de Lukaku), mais ce ne sera pas du tout la même équipe", prévient Pascal Scimè. "Le coach n’est plus le même, les joueurs non plus, le contexte est différent, … Maintenant il y a un sélectionneur qui est un peu plus joueur et cet esprit correspond beaucoup mieux à l’ADN des joueurs japonais. C’est une équipe qui sait jouer au foot, qui ne sait pas calculer, et qui sait aller de l’avant. On est très forts face à ce type d’équipe. On devra d’ailleurs peut-être abandonner la possession parce que le Japon va s’ouvrir. Le Japon ne sait pas défendre, et nous sommes très forts en phase de transition."

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