Martinez: "Il n'y a pas de regrets à avoir"

Au lendemain de la défaite frustrante face à la France en demi-finale du Mondial, Roberto Martinez nous a accueilli au Moscow Country Club, l'hôtel des Diables rouges pour répondre à six questions. Fier du parcours de son équipe dans ce Mondial, le sélectionneur national n'a pas terminé son travail en Russie et tient à terminer cette campagne en beauté.

1. Quel état d'esprit après la défaite en demi-finale?

"On n'a pas le droit d'avoir d'autre état d'esprit que de la concentration pour le dernier match que nous devons disputer. Quand on sort de la déception de ne pas atteindre la finale, on n'a pas envie d'analyser les détails de la rencontre contre la France. C'est difficile d'accepter de perdre une rencontre comme celle-là, très serrée et qui peut se décider sur un coup de chance.

On a été une équipe qui a pris le match en main et le contrôle de la balle pour essayer de gagner. Quand on joue comme cela, il n'y a pas de regrets à avoir. L'effort, l'enthousiasme et la conviction des joueurs étaient là mais malheureusement nous ne sommes pas parvenus à gagner.

Il faut désormais essayer d'oublier les émotions de cette rencontre face à la France pour viser la victoire dans ce dernier match. Nous devons apprécier le fait de jouer notre septième match dans ce Mondial."

2. Si vous deviez changer quelque chose à part le résultat dans le match d'hier que changeriez-vous?

"Je ne pense pas que je changerais autre chose. Le résultat est la seule chose qui compte. J'ai senti que la France ne pouvait pas être une équipe conquérante et n'a pas montré le talent qu'elle avait. Peut-être qu'ils ont montré du respect pour nous et ont décidé de jouer un match avec peu de risques et donc basé sur la contre-attaque.

Nous avons bien stoppé cela. Ils n'ont eu que quatre corners et, sur un de ceux-là, ils ont marqué. On a ensuite essayé jusqu'à la fin. On a mis tout notre cœur et toute notre âme pour essayer de revenir mais nous n'y sommes pas parvenus. En bref, ce n'est pas un match où l'on se dit que l'on ne pouvait pas changer grand chose quand on le regarde rétrospectivement. Maintenant, on veut terminer en beauté avec cette finale de consolation à Saint-Petersbourg."

3. Pourquoi avez-vous remplacé Fellaini alors qu'un corner ou un coup franc aurait pu changer le match?

"Marouane a été un joueur très important pour nous. Mais dans le match, nous étions arrivés à un moment où nous devions trouver différentes façons de perforer la défense française. La France jouait très bas et Marouane était tenu par Pogba. Il y avait beaucoup de joueurs les uns sur les autres dans le rectangle.

Nous avons donc essayé de prendre plus d'espace sur le terrain et de desserrer les mailles françaises. Nous voulions essayer de mettre Pavard en difficulté avec des un contre un avec Yannick Carrasco. C'était également pour libérer un peu plus Eden Hazard dans l'axe.

Je ne pense pas que c'était une question de changements. Le reste de l'équipe était prêt à donner un coup de main, ils l'avaient montré précédemment et nous devions utiliser cette arme. Il s'agissait d'amener quelque chose de nouveau pour faire mal à la défense française."

4. Est-ce difficile d'oublier cette déception avant le match de samedi?

"C'est compliqué. Quand on perd une demi-finale, c'est très difficile de se focaliser sur la troisième place. Mais nous devons le faire. Nous devons profiter du temps que nous avons pour recharger les esprits, regrouper tout le monde et réaliser que nous avons l'opportunité de terminer troisièmes de ce tournoi.

La Belgique n'est jamais arrivée troisième d'un Mondial et ce serait quelque chose de significatif d'y parvenir. Quand on est si concentré et qu'on a placé tant d'espoir dans le fait d'atteindre une finale de Coupe du monde, c'est certain qu'il y a de la déception et ce sentiment de frustration. C'est normal."

5. Avec quelle équipe allez-vous affronter cette rencontre?

"On va décider cela dans les prochaines 48 heures. C'est important de voir dans quel état seront les joueurs qui ont eu beaucoup de temps de jeu jusqu'ici. Mais en général, j'ai vu des joueurs frais, surtout mentalement. J'ai le sentiment qu'ils étaient bien prêts à jouer sept matches dans cette Coupe du monde. Je ne pense pas que ce sera un problème de ce point de vue-là.

On aura Thomas Meunier de retour de suspension et on pourra évaluer chaque joueur. Nous savons aussi qu'il y a des joueurs pleins d'énergie et prêts à amener leur contribution à l'équipe. Nous allons prendre cela en considération."

6. Que pouvez-vous dire aux fans pour les prochaines compétitions avec cette équipe?

"Nous avons lancé un message clair. Nous avons vu des joueurs qui ont ouvert les barrières de l'équipe nationale. J'ai vu un groupe de joueurs loyaux qui voulaient vraiment former une équipe. Ce sera désormais un standard à adopter lors de chaque rencontre internationale, à tous les niveaux. Pas seulement en équipe première mais aussi chez les jeunes.

Il faudra avoir cette mentalité de gagnants et continuer à la développer au même titre que cette volonté de faire groupe.

Cette génération et ce groupe de joueurs nous ont rendus fiers. Bien sûr, nous aurions voulu gagner ce Mondial. Quand on vise les étoiles, on atteint les meilleurs résultats.

Les joueurs ont atteint un des points les plus hauts du football belge. Ils doivent être très fiers de cela. Il faut continuer de la sorte pour que le monde entier continue à parler du football belge et des footballeurs belges."

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