Le Maroc peut-il jouer les trouble-fêtes ?

Tombé dans le groupe de l’Espagne et le Portugal, le Maroc n’a pas vraiment les faveurs de bookmakers. Pourtant, son effectif regorge de talent confirmé ou en devenir et ses derniers résultats plaident pour lui. Les Lions de l’Atlas restent sur dix rencontres sans défaite et n’ont encaissé deux buts qu’a une seule reprise depuis l’intronisation de Hervé Renard (27 matches depuis février 2016).

Un bilan qui leur permet de rêver et de croire en leurs chances face à la Roja et aux champions d’Europe en titre. Présentation.

1/ Le système préférentiel

Un 4-1-4-1 tourné vers l’avant

Après avoir testé différents systèmes, notamment une défense à trois centraux, Hervé Renard semble partir en Russie avec l’intention d’installer un 4-1-4-1 offensif qui colle au mieux aux qualités de ses hommes. L’expérimenté Mehdi Benatia est le pilier et le socle défensif de ce onze de base. Sur les flancs, la jeune pépite du Real Madrid Achraf Hakimi et le polyvalent Nabil Dirar, bien connu des observateurs du championnat belge mais incertain en raison d'une blessure au genou, font parler leur activité pour répéter les efforts. Dans l’entrejeu, Karim El Ahmadi a la lourde tâche de combler les trous et soulager sa défense tandis que Mbark Boussoufa, ex-idole d’Anderlecht, et Younès Belhanda doivent faire parler leur vision du jeu pour être les premiers déclencheurs des offensives. A leurs côtés, on retrouve le travailleur Nordin Amrabat et le technicien Hakim Ziyech pour alimenter le solide Khalid Boutaïb.

Un système collectif bien huilé qui fait la part belle au jeu en combinaison. Une équipe qui devrait poser bien des problèmes.

2/ Les points-forts

De l’expérience à tous les étages, des pépites prêtes à exploser

L’expérience est une donnée importante dans l’optique d’un Mondial. Avec Benatia (31 ans), Romain Saïss (28 ans), Dirar (32 ans), Al Ahmadi (33 ans), Boussoufa (33 ans), Belhanda (28 ans), Amrabat (31 ans) et Boutaïb (31 ans), Hervé Renard peut compter sur des relais de poids dans son onze de base. Sur le banc également avec Manuel Da Costa (32 ans), Fayçal Fajr (29 ans), Mehdi Carcela (28 ans) et Aziz Bouhaddouz (31 ans).

Ces cadres sont accompagnés par des joyaux encore à polir. Hakimi (19 ans), Ziyach (25 ans) et Amine Harit (20 ans) ont une grande marge de progression et sont attentivement suivi. Badr Banoun (24 ans), Hamza Mendyl (20 ans), Youssef Aït-Bennasser (21 ans), Sofyan Amrabat (21 ans) et Ayoub El Kaabi (24 ans) représentent l’avenir de la sélection.

Un savant mélange qui pourrait porter ses fruits.

Un sélectionneur emblématique et charismatique

Arrivé en 2008 à la tête de la Zambie pour sa première expérience sur le continent africain, il réussit son premier fait d’armes en hissant les Chipolopolos en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2010. Après un passage par l’Angola et l’USM Alger, le Français retrouve le banc zambien en novembre 2011 et parvient quasi-miraculeusement à remporter la CAN 2012. Un exploit qui le révèle aux yeux du grand public.

Il soulève une deuxième fois ce trophée avec les Eléphants ivoiriens en 2015 et s’installe comme une valeur-sûre.

Sa parenthèse ratée à Lille n’aura pas d’influence sur son immense cote de popularité.

Hervé Renard est un vrai meneur d’hommes. Son charisme et son aura donnent une réelle impulsion à ses équipes. Sa rage de vaincre et son ambition sont contagieuses. Lorsque ses joueurs suivent son management, les résultats suivent généralement.

Depuis maintenant deux ans et demi, les Lions de l’Atlas en profitent largement.

3/ Le joueur-vedette

Le joker Carcela

Mehdi Carcela ne devrait pas être titulaire en Russie mais sa deuxième partie de saison exceptionnelle avec le Standard lui a permis de sauter dans le train pour le Mondial. Le gaucher a le profil parfait pour être le joker de la sélection.

Sa capacité à déstabiliser n’importe quelle défense peut être précieuse lorsque les équipes adverses connaîtront inévitablement le coup de mou de fin de match.

4/ Le parcours qualificatif pour le Mondial

Directement qualifié pour le deuxième tour des éliminatoires, le Maroc tremble légèrement face à la Guinée équatoriale (2-0 à l’aller et 0-1 au retour) mais ne manque pas la marche vers le troisième tour.

Versés dans un groupe C très relevé, les Lions de l’Atlas jouent leur ticket pour la Russie contre la Côte d’Ivoire, le Gabon et le Mali. Si les hommes de Hervé Renard débutent par deux médiocres matches nuls face aux Gabonais et aux Ivoiriens, ils déroulent face aux Maliens et restent dans la course. Le match retour à Bamako est plus compliqué et les Marocains reviennent avec un décevant 0-0. La suite est idéale.

Les Lions battent tranquillement les Panthères du Gabon (3-0) avant de définitivement valider leur participation à cette 21ème édition de la Coupe du Monde grâce à un précieux succès contre les Eléphants ivoiriens de Marc Wilmots (2-0). Lors des six matches du 3ème tour, la défense marocaine s’est montrée totalement imperméable en n’encaissant aucun but !

Une solidité qui donne assurément des idées. Si en plus ses talents offensifs se lâchent, le Maroc peut clairement surprendre plus d’un observateur en Russie.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK