La Tunisie rêve d'enfin passer le 1er tour, l'Angleterre court après l'Histoire

Kane et Khazri
Kane et Khazri - © ANTHONY DEVLIN - AFP

Lundi soir, sur le coup de 20h00, la Tunisie affronte l’Angleterre dans le groupe G de la Coupe du monde 2018. Gros plan sur le deuxième et le troisième adversaire de notre sélection belge en Russie.

La tactique des deux équipes

La Tunisie évolue régulièrement en 4-3-3 même si le schéma en 4-4-2 a déjà été testé. Nabil Maâloul affirme que son équipe est capable de s’adapter en fonction des circonstances du match. A voir face à l’Angleterre notamment ce lundi.

Gareth Southgate tente de faire évoluer son équipe en 3-5-2, souple et à géométrie variable. Le tempérament de ses joueurs et les circonstances du match face à une forte opposition font régulièrement sortir ses joueurs de leur rôle premier. Ce schéma permet de renforcer l’entrejeu mais limite les possibilités de pénétration entre les lignes. Les arrières latéraux se retrouvent régulièrement sous pression face à de grandes équipes. Le système semble cependant tenir la route. L’Angleterre a terminé première d’un groupe F assez faible devant la Slovaquie, l’Ecosse, la Slovénie, la Lituanie et Malte.

Notons aussi que lors des matches amicaux face à l’Allemagne, le Brésil, les Pays-Bas et l’Italie, les 3 Lions ne se sont inclinés qu’une seule fois. C’était face à la Squadra Azzura, sur un penalty discutable.

Les joueurs clés

La Tunisie sera privée de son principal atout offensif, Youssef Msakni, terreur dans le championnat du Qatar mais blessé aux ligaments croisés du genou. La surprise pourrait donc bien venir de Bassem Srarfi qui a rejoint Nice alors qu’il n’était âgé que de 18 ans. A ses côtés, Wahbi Khazri, passé par Bordeaux, Sunderland et prêté aujourd’hui à Rennes (11 buts cette saison) est l’un des pions essentiels de l’équipe. Nabil Maâloul, ancien adjoint de Roger Lemerre lors du sacre des Aigles de Carthage à la CAN 2004, compte plutôt sur la solidarité de son groupe en l’absence de grandes stars. On se dit aussi que dans ce contexte, la présence d’Hamdi Harbaoui aurait pu rendre de précieux services à la sélection tunisienne. Mais des différents récurrents avec la fédération en aura décidé autrement...

Toby Alderweireld et Jan Vertongen placent leur ami de Tottenham, Harry Kane, comme le danger n°1 de l’équipe d’Angleterre. Le meilleur buteur d’Europe 2017 (56 buts), âgé de 24 ans, suit une courbe de forme ascendante. Ses statistiques restent affolantes avec 41 buts en 48 matches  cette saison. Nommé "captain" des  3 Lions, l’attaquant des Spurs rêve de briller en Russie pour donner un nouvel élan à sa carrière. Sa valeur commerciale est estimée aujourd’hui à plus de 150 millions d’euros !

Les points forts

"Russie, voici les Aigles, joueurs et supporters, main dans la main" ! Tel est le slogan de la meilleure équipe africaine au classement FIFA (14). La Tunisie comptera avant tout sur la solidarité de ses joueurs qui se considèrent comme "des frères d’armes". Pour leur retour en phase finale, 12 ans après leur dernière apparition, les Tunisiens rêvent de passer enfin le premier tour. Ce qu’ils n’ont jamais fait lors des 4 participations précédentes.

"Rendez-vous victorieux" ! Appel populaire en miroir d’un succès attendu et tant de fois déçu. Dernière de la phase de groupe avec un petit point en 2014, sortie du dernier championnat d’Europe face à la révélation islandaise en huitième de finale, l’Angleterre ne cesse de décevoir et sera, encore une fois, animée d’un sentiment de revanche lors de cette phase finale. La jeunesse et la fougue de ses jeunes talents qui, fait unique, évoluent tous dans la compétition domestique très relevée, pourraient bien offrir à l’Angleterre le manque d’audace et de réalisme qui a fait tant défaut ces dernières années.

Les points faibles

Le manque de rigueur défensive est un péché récurrent des formations africaines depuis leur début du tournoi. A regarder de près son parcours de qualification (un petit point de plus que le Congo), la Tunisie n’échappe pas à la "règle". Peu de joueurs évoluent dans les championnats européens et la ligne d’attaque n’est pas la plus prolifique du continent. Leur dernière et seule victoire en phase finale remonte à 1978 (3-1, face au Mexique). Ajoutez à cela que les Tunisiens n’ont réalisé qu’une seule clean sheet lors de leurs 12 matches en phase finale et vous comprendrez tout l’enjeu d’une rigueur défensive à trouver absolument face aux Belges et aux Anglais, notamment.

Depuis 1996, en dix phases finales de tournois majeurs, l’Angleterre a été éliminée 5 fois aux tirs au but. Incapable de s’inscrire dans le destin des héros de 66, l’équipe d’Angleterre rêve de retrouver son statut d’autant. Elle alignera une toute nouvelle génération dont le péché mignon risque d’être le manque d’expérience dans un grand tournoi. Ils ne sont que 4 à avoir connu le Brésil en 2014. Et seuls 6 joueurs des 23 sélectionnés affichent plus de 25 caps au compteur. La sélection qui répond rarement présente en phase finale souffre de la comparaison avec ses clubs.

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK