La Mannschaft n'a plus rien à prouver mais a toujours aussi faim

Présent depuis près de quatorze ans à la tête de la sélection allemande (dont deux comme adjoint), Joachim Löw a toujours atteint les demi-finales des compétitions auxquelles il a participé. 'Sa' Mannschaft est devenue une référence footballistique grâce à un savant mélange de technicité et de rigueur. Les joueurs se succèdent mais les principes restent. Les résultats aussi.

Finaliste pour sa première compétition en tant que sélectionneur à l’Euro 2008, il enchaîne deux troisième place (Mondial 2010 et Euro 2012) avant de signer son chef d’œuvre au Brésil en 2014. L’Allemagne retrouve les sommets intercontinentaux vingt-quatre ans après son dernier sacre en Coupe du Monde.

Si Löw et ses hommes ont signé leur plus mauvais (!) résultat lors de l’euro 2016 (4èmes), on ne voit pas vraiment comment les Allemands pourraient manquer le dernier carré. Présentation.

1/ Le système préférentiel

Le 4-2-3-1 immuable de Löw

Le sélectionneur allemand est fidèle. A ses hommes souvent, à son système (quasi) toujours. Avec autant d’éléments techniques et offensifs à sa disposition, Löw a fait basculer l’Allemagne d’une équipe solide et rigoureuse à une formation joueuse et ambitieuse. L’éclosion des Bastian Schweinsteiger, Sami Khedira, Mezut Özil, Toni Kroos ou Thomas Müller a offert depuis une dizaine d’années à la Mannschaft autant d’atout pour devenir une équipe dominante.

La possession du ballon est désormais une obsession. Les défenseurs centraux se doivent d’être les premiers relanceurs. Avec Mats Hummels et Jérôme Boateng, Löw est servi. Si le coach a perdu deux leaders de poids (Philip Lahm en 2014 et Schweinsteiger en 2016), leurs remplaçants tiennent parfaitement leur rôle. Sur le flanc droit de la défense, Joshua Kimmich, titulaire depuis l’Euro 2016, a tranquillement pris le relais de celui qui fût son capitaine au Bayern Munich. Dans l’entrejeu, Kroos a reculé pour pallier le départ de Schweini. Pour l’épauler, le Madrilène, vainqueur de la Champions League ces trois dernières saisons avec le Real, peut toujours compter sur Khedira ou sur d’autres éléments de qualité comme Ilkay Gündogan, Sebastian Rudy ou encore le très grand talent Leon Goretzka. Offensivement, l’émergence de Julian Brandt vient concurrencer Müller, Özil, Julian Draxler et Marco Reus pour donner (encore) plus de choix à Löw. Enfin, le sélectionneur a vu apparaître Timo Werner avec délectation lui qui a dû faire avec Miroslav Klose jusqu’en 2014 et sans véritable n°9 il y a deux ans.

2/ Les points-forts

Des joueurs nourris à la victoire

Manuel Neuer, Matthias Ginter, Hummels, Boateng, Khedira, Özil, Kroos, Müller et Draxler sont tous champions du monde. Marc-André ter Stegen, Kevin Trapp, Jonas Hector, Marvin Plattenhardt, Antonio Rüdiger, Niklas Süle, Kimmich, Brandt, Goretzka, Rudy et Werner ont remporté la Coupe des Confédérations en 2017. Mario Gomez était présent aux Euros 2008, 2012 et 2016 ainsi qu’au Mondial 2010 tandis que Marco Reus, trop souvent gêné par des blessures, n’a disputé que l’Euro 2012.

Finalement, seul Gündogan - très expérimenté mais lui aussi régulièrement freiné par des soucis physiques - n’a jamais pris part à un tournoi majeur avec la Mannschaft.

 

Un noyau inépuisable

La Coupe des Confédérations l’a prouvé : l’Allemagne peut très bien se passer de ses cadres et s’imposer. La relève est assurée.

Pour faire sa sélection, Löw s’est passé des services de Leroy Sané, Mario Götze, unique buteur de la finale en 2014, Julian Weigl, André Schürrle ou des défenseurs Shkodran Mustafi, Emre Can, Jonathan Tah et Benedikt Höwedes, tous présents il y a deux ans en France.

Benjamin Henrichs, Kerem Demirbay, Diego Demme, Lars Stindl, Sandro Wagner et Amin Younes, tous vainqueurs de la Coupe des Confédérations l’été dernier, sont également restés à la maison.

Un vivier d’une profondeur hallucinante.

3/ Le joueur-vedette

Manuel Neuer, Robocop le retour

Victime d’une fracture du métatarse du pied gauche il y a plus d’un an et d’une rechute en septembre dernier, Neuer a été contraint de passer sur le billiard. Une opération qui l’a privé de la totalité du reste de la saison. Promu capitaine de la Mannschaft après l’Euro 2016, ’Robocop Neuer’ n’a donc plus joué depuis plus de huit mois.

Le portier allemand, 3ème du Ballon d’Or 2014, manque clairement de rythme. Il n’a repris les entraînements que début avril et n’aura disputé que trois matches de préparation avant d’entamer la Coupe du Monde.

Réputé pour ses réflexes hallucinants, sa grande faculté d’anticipation et son jeu au pied exceptionnel, Neuer est sous pression. Soutenu par son coach et ses partenaires, le champion du monde en titre n’aura pas vraiment droit à l’erreur.

Mais l’Allemagne peut se rassurer : en cas de défaillance de leur capitaine, ter Stegen, auteur d’une superbe saison avec la Barça, se tient prêt.

4/ Le parcours qualificatif pour le Mondial

Comme d’habitude, l’Allemagne n’a pas fait dans le détail lors des éliminatoires. Dix victoires en dix journées, 43 buts inscrits pour seulement 4 petits pions concédés. La Mannschaft a écrasé son groupe et n’a pas laissé place au débat.

Sur la lancée de la Coupe des Confédérations remportée l’été dernier avec une équipe "bis" - si on peut réellement employer ce terme tant le talent de ces jeunes joueurs n’est déjà plus à démontrer -, les hommes de Löw s’avancent vers la Russie sûrs de leurs forces et avec une gigantesque pancarte de favoris dans le dos.

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