L'édito de Gregory Bayet: Chapeau bas, Monsieur Martinez !

L'édito de Gregory Bayet: Chapeau bas, Monsieur Martinez !
L'édito de Gregory Bayet: Chapeau bas, Monsieur Martinez ! - © Tous droits réservés

Le 3 août 2016, en pleine soirée, un tweet de l’Union belge annonce platement "Roberto Martinez est le nouvel entraîneur des Diables rouges". L’effet de surprise passé, les supporters belges se posent des questions quelques semaines plus tard lorsque l’équipe nationale s’incline à la maison face à la Roja (0-2).

Nombreux se disent que l’ex-coach d’Everton aura bien du mal à faire mieux que Marc Wilmots qui avait envoyé ces Diables à la première place au classement FIFA et atteint les quarts de finale au Mondial au Brésil et à l’Euro en France.

Avec le calme et la sérénité qui le caractérisent, Roberto Martinez, le gentleman, a mis en place, assez rapidement, un système audacieux à trois derrière. Les succès s’enchaînent alors mais nombreux sont ceux qui soulignent le manque d’adversité dans notre groupe qualificatif. Gibraltar, Chypre, l’Estonie ou encore la Grèce et la Bosnie, ce n’est pas le top mondial. Pas faux mais face à tous ces pays, les Diables affolent les compteurs et terminent les European Qualifiers avec la meilleure frappe offensive, à égalité avec l’Allemagne.

Ce n’est pas encore assez convaincant ... Et ce, même si le brevet d’invincibilité lors des rencontres amicales est maintenu. Mais le Japon, l’Arabie Saoudite, l’Egypte et le Costa Rica, ce n’est pas le top mondial. Et puis, contre des équipes un peu plus relevées (Mexique et Portugal), on est accroché ...

Le nom de Michel Preud’Homme est de plus en plus cité pour prendre la succession du Catalan à l’issue de la Coupe du Monde. Comme si son cycle de 2 ans était suffisant. Juste avant le Mondial, la Fédé décide toutefois de prolonger son contrat. Fin des rumeurs ! La préparation pour la Coupe du Monde peut débuter dans la sérénité.

Même si son discours semble parfois lisse et ses explications parfois alambiquées, Roberto Martinez a une idée en tête et sait comment y arriver. Il ne convainc pas grand monde en ne sélectionnant pas Radja Nainggolan pour le Mondial pour des "raisons tactiques" ou en optant pour Boyata plutôt que Ciman dans le groupe de 23. Ce dernier endosse le rôle de "joker médical". Martinez croit fermement aux retours à temps de Thomas Vermaelen et Vincent Kompany. Un risque calculé (ou pas) qui s’est avéré payant.

Finalement, la vérité, la seule et l’unique, est celle du terrain. Et là, c’est bingo. Le programme est respecté à la lettre. Après deux matches (victoires contre le Panama et la Tunisie), les Diables sont assurés de disputer les huitièmes de finale. Le premier pari réussi est la titularisation de Dedryck Boyata qui assure et rassure au point de se demander s’il ne mériterait pas de poursuivre le reste de la compétition dans le onze de base.

Mais le plan est bien de relancer Vermaelen et Kompany dans le bain. C’est fait contre l’Angleterre. Ce soir-là, ce n’est pas une équipe mais tout un groupe qui est définitivement créé. Après 3 matches, seules Mignolet et Casteels n’ont pas bénéficié de temps de jeu. Roberto Martinez veut que tous les joueurs soient impliqués et concernés. C’est gagné et le but d’Adnan Januzaj ne fait que renforcer cet état d’esprit. Et tant pis si " à cause " de ce splendide but du median de la Réal Sociedad, la Belgique se retrouve dans la partie de tableau la plus compliquée...
C’est ici que la maîtrise tactique de Martinez va faire merveille. A 2-0 pour le Japon, il a un premier coup de génie en faisant monter au jeu Marouane Fellaini et Nacer Chadli. C’est eux qui renversent la tendance et font vivre à tout un peuple une fin de soirée de folie.

Et puis, là où le sélectionneur national a le plus épaté, c’est dans l’animation tactique proposée face au Brésil avec un trio offensif Lukaku-Hazard-De Bruyne qui a terriblement fait mal à la Selecao rien qu’avec sa pointe de vitesse en reconversion offensive. Le 2ème but des Belges face au Brésil est un modèle du genre : une accélération de Romelu suivie d’une passe décisive pour KDB qui d’un splendide tir croisé a fait vibrer tout un pays.

Face au Brésil de Neymar, les Diables rouges ont prouvé qu’ils étaient plus que mûrs pour écrire la plus belle page de l’histoire du football belge. La vitesse à laquelle ils ont réussi à appliquer un tout nouveau système tactique, est tout bonnement impressionnante!

Impatient de voir ce que Roberto Martinez va sortir de son chapeau face à la France sachant que Thomas Meunier sera suspendu ...

Réponse ce mardi 10 juillet peu avant 20h00!

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