L'éclair Adnan Januzaj, l'invité-surprise qui régale face à l'Angleterre

En un éclair de génie, Adnan Januzaj, éternel espoir belge et appelé surprise dans la liste des 23, a justifié sa sélection et offert aux Belges une victoire sur l'Angleterre (1-0) synonyme de première place du Groupe G.

Cela s'appelle un tour de reins... La victime ? Le latéral anglais Daniel Rose, emporté par un enchaînement signé Adnan Januzaj: feinte, crochet, frappe enroulée dans la lucarne de Jordan Pickford (51e).

Un but de toute beauté qui est venu concrétiser ce que les Belges ont répété toute la semaine face aux allusions chafouines des journalistes: oui, les Diables Rouges revendiquaient la première place de leur groupe !

Et tant pis si cela débouche sur un quart de finale théorique contre le Brésil - à condition de passer le Japon en huitième et que la Seleçao terrasse le Mexique - la Belgique assume ses ambitions: entrer au minimum dans le dernier carré pour la première fois depuis 1986.

Mais ce but, au-delà de ses implications sportives immédiates est surtout une belle récompense pour Adnan Januzaj, considéré il y a quatre ans, lorsque Marc Wilmots l'avait embarqué à la surprise générale pour le Mondial-2014 au Brésil, comme un futur talent.

Il évoluait alors sous les ordres de David Moyes à Manchester United, mais son ascension n'avait pas survécu à l'arrivée de Louis van Gaal sur le banc mancunien.

Les années suivantes avaient été un peu "galères" pour le joueur qui aurait pu évoluer pour six autres sélections: Albanie, Croatie, Serbie, Turquie, Kosovo et même... Angleterre.

L'invité-surprise des 23 Belges

Prêté à Dortmund à l'été 2015, il est renvoyé dans le nord de l'Angleterre dès l'hiver. La saison suivante, c'est Sunderland qui l'accueille, mais le club est relégué.

Il finit par s'engager à la Real Sociedad à l'été 2017 et fait une saison plus correcte qui le rappelle aux bons souvenirs de Roberto Martinez, toujours attentif à ce qui se passe dans le football espagnol. Le nouveau sélectionneur de la Belgique le convoque une première fois durant l'hiver 2017.

Januzaj ne joue pourtant pas une seule minute lors des éliminatoires du Mondial, mais il gagne sa place lors de la seconde période du match amical face au Portugal (0-0) grâce à sa bonne "montée au jeu", comme on dit en Belgique, à la place de Dries Mertens.

Le choc de l'absence de Radja Nainggolan dans les 23 fait que sa sélection comme invité-surprise passe presque inaperçue.

Le tacle virulent asséné par Kevin de Bruyne lors du premier entraînement public de la Belgique en Russie, qu'il avait esquivé de justesse, lui, n'avait pas échappé aux spectateurs présents qui avaient poussé en choeur un "oooouuuuuh" lourd de sens.

"Ça, c'est rien, c'est lié à l'intensité de l'entraînement. C'est la compétition, on s'entraîne pour ça. Je pense qu'il a essayé de prendre le ballon ! C'est intense, mais ça ne me dérange pas.", avait balayé le novice après coup.

Signe d'une maturité grandissante, il semble enfin avoir compris, à 23 ans, l'engagement et les sacrifices que demande une carrière au très haut niveau.

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