Edmilson Junior international qatari au Mondial 2022 ? Pas possible pour le moment

Le 1er février 2019, le Qatar créait la sensation en remportant la Coupe d’Asie des nations après avoir battu le Japon en finale. Quatre ans plus tôt, en Australie, les "Al-Annabi" avaient quitté le même tournoi par la petite porte après trois défaites en phase de poules. C’est qu’entre-temps le coach espagnol Felix Sanchez Bas avait pu recruter neuf joueurs d’origine africaine, naturalisés qataris. Des joueurs qui avait été recrutés dans leurs pays d’origine encore mineurs et formés à Doha en vue de la prochaine Coupe du Monde.

Autre possibilité : avoir passé cinq ans sur le sol qatari, comme c’est le cas de Almoez Ali, le meilleur buteur de la Coupe, né à Khartoum, au Soudan, mais ayant migré à Doha dès l’âge de 7 ans. Nous y reviendrons.

Il est vrai que les 2,8 millions d’habitants (dont 80% d’étrangers) du Qatar ne permettent pas au sélectionneur national de disposer d’un large vivier de joueurs. Sans les femmes et les enfants, cela ne laisse même finalement que… quelques centaines de personnes sélectionnables !

La FIFA a assoupli les règles de naturalisation

Or, le Qatar n’entend pas faire de la figuration lors de son prochain Mondial en novembre 2022. Il espère même sortir de la phase de poules et aller le plus loin possible, à l’image de la Corée du Sud, 4ème de sa Coupe du Monde en 2002. Pour ce faire, les dirigeants qataris réfléchissent à plusieurs solutions. Tout en pratiquant un discret lobbying auprès de la FIFA pour faire bouger les lignes règlementaires. Même si la Fédération Internationale a déjà allégé récemment les conditions d’éligibilité pour jouer dans une nouvelle sélection nationale. Dans l‘actuel règlement d’application des statuts, il est en effet stipulé qu’un joueur peut défendre les couleurs d’une nouvelle équipe nationale (article 9) s’il remplit cumulativement les conditions suivantes :

- s’il n’avait pas 21 ans au moment de sa première sélection pour son pays d’origine

- s’il n’a pas joué plus de 3 fois en équipe nationale A

- si trois années se sont écoulées depuis sa dernière sélection

- s’il n’a pas participé à un match de Coupe du Monde ou d’une compétition organisée par une Confédération (Euro, Copa América, …)

Mais c’est surtout l’article 7 (acquisition de la nouvelle nationalité) de ce même règlement qui intéresse les dirigeants qataris. Tout joueur peut acquérir une nouvelle nationalité s’il a vécu sur le territoire de l’association concernée 3 ans pour les joueurs arrivés sur le territoire avant l’âge de 10 ans, au moins cinq ans pour les autres.

Avec ou sans Edmilson junior ?

Edmilson junior a été transféré du Standard au club de Al Duhail le 2 août 2018. Lors du Mondial 2022, il y a aura donc… 4 ans et trois mois que le Belgo-Brésilien sera arrivé au Qatar. Un peu trop court. D’où les efforts qataris pour ramener le délai réglementaire de cinq à trois ans. Car c’est que Junior est devenu entre-temps une des stars du championnat qatari et les dirigeants locaux lui font les yeux doux pour qu’il défende les couleurs de l’équipe nationale lors du prochain Mondial... ou plus tard. On le sait, l’ancien Trudonnaire n’a jamais eu les honneurs d’une seule sélection avec les "Diables Rouges". C’est passé plusieurs fois tout près, surtout après une brillante campagne de play-offs 1 avec le Standard en 2018.

Mais notre homme a déjà 27 ans. Et, malgré des promesses informelles de Roberto Martinez, il sent bien que son heure chez les Diables n’arrive toujours pas. En équipe nationale, la concurrence sur les flancs est rude. Et le fait de jouer dans un championnat comme celui du Qatar ne plaide pas sa faveur même si Toby Alderweireld évolue désormais dans le même club que lui ! Dans son entourage, on ne désespère pas de voir une convocation fédérale arriver dans le golfe persique. Mais rien n’est moins sûr. Il est clair que "Junior" aimerait plutôt disputer ce tournoi avec la Belgique mais la perspective de jouer une Coupe du Monde avec un autre pays n’est certainement pas à dédaigner pour lui. Même si, répétons-le, pour le moment c’est règlementairement impossible. Le lobbying qatari portera-t-il ses fruits, à la fois auprès du joueur et des instances décisionnaires ? L’avenir proche nous l’apprendra.

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