Tchertchessov, garant des ambitions de la Russie

Stanislav Tchertchessov
Stanislav Tchertchessov - © ATTILA KISBENEDEK - AFP

En prenant les rênes de la sélection russe, Stanislav Tchertchessov a accepté la difficile mission de transformer une équipe sortant d'une déroute à l'Euro-2016 en adversaire crédible pour le Mondial-2018, organisé à domicile.

Débauché en août dernier du Legia Varsovie, où il venait de réaliser le doublé coupe-championnat, sa nomination à la tête de la "Sbornaïa" a été accueillie avec enthousiasme en Russie, où Leonid Sloutski était très contesté.

Jusqu'à son passage en Pologne, l'armoire à trophées de l'ancien entraîneur du Spartak ou du Dynamo Moscou était pourtant restée vide. Son seul fait d'arme, une deuxième place en championnat avec le Spartak Moscou en 2007.

Mais ce meneur d'hommes est considéré comme le technicien idéal pour reconstruire une équipe au plus mal après l'Euro-2016, conclu sans aucune victoire. Son programme: de la discipline, du caractère et un travail physique de tous les instants.

"L'équipe vit un changement générationnel", déclarait en avril à l'AFP le sélectionneur de 53 ans. De fait, l'ancien gardien de but international du Spartak, a radicalement changé le visage de l'équipe nationale.

Ce robuste chauve n'hésite pas à évincer les cadres vieillissants ou l'ex-grand espoir du pays Alexander Kokorin, décevant sur le terrain et coupable de plusieurs écarts de comportement en dehors.

Débuts difficiles

Seuls six joueurs de champ présents à l'Euro-2016 -Chichkine, Kombarov, Glouchakov, Golovin, Samedov et Smolov- participeront ainsi à la Coupe des Confédérations, que la Russie ouvre samedi contre la Nouvelle-Zélande (15h00 GMT).

Les débuts de Tchertchessov comme sélectionneur sont pourtant délicats. Sous sa direction, la Russie a enchaîné plusieurs défaites humiliantes, contre le Qatar et le Costa Rica en fin d'année dernière ou en mars dernier, à domicile contre la Côte d'Ivoire.

La mauvaise forme de la sélection russe depuis plusieurs mois l'a même fait plonger à la 63ème place du classement Fifa, entre l'Ouzbékistan et Haïti. C'est son plus mauvais classement depuis son entrée à la Fifa, en 1993.

L'entraîneur moustachu ne s'en formalise pas. Il assure vouloir "construire une équipe avec un grand E" et les connaisseurs du football russe lui accordent toujours leur crédit.

"Tchertchessov est définitivement un des meilleurs entraîneurs de Russie", assure à l'AFP Igor Rabiner, du quotidien sportif Sport Express. Tous reconnaissent que le sélectionneur russe dispose d'un choix limité de joueurs.

Louanges de Löw

Malgré sa volonté de renouvellement, le coach a d'ailleurs sélectionné une équipe âgée pour la Coupe des Confédérations: 28 ans de moyenne, seuls Aleksandr Golovin et Aleksei Miranchuk ayant moins de 23 ans.

A l'approche de la Coupe des Confédérations, qui sert de répétition générale à la Russie tant sur le plan sportif qu'en matière d'organisation, la "Sbornaïa" semble toutefois élever son niveau.

Les deux derniers matches amicaux avant la compétition ont vu la sélection remporter une victoire convaincante en Hongrie (3-0) puis obtenir un nul logique contre le Chili (1-1), l'un des favoris du tournoi.

Au-delà du résultat, la sélection russe a surtout produit du jeu. "Visiblement, la méthode Tchertchessov fonctionne. Elle porte ses fruits et l'équipe a mûri", reprend Igor Rabiner. Peut-être pas suffisant pour remporter un titre mais "compte tenu du beau football que la Russie a montré ces derniers temps, nos chances augmentent".

Et l'aura du technicien, qui parle couramment allemand, a franchi les frontières. L'entraîneur russe a reçu cette semaine l'hommage de Joachim Löw, qui l'avait entraîné sous les couleurs du FC Tirol-Innsbrück (Autriche) au début des années 2000.

"Tchertchessov était un des joueurs les plus intéressants avec qui j'ai travaillé", a salué le sélectionneur champion du monde en titre. Lui aussi avait rejoint la sélection allemande, comme adjoint de Jürgen Klinsmann, après un échec au premier tour de l'Euro-2004, avant de transformer la Mannschaft en machine à gagner. Un exemple à suivre.

Résumé de l'amical Russie-Belgique (3-3) :

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