Les Zébus ne s'arrêtent plus, Madagascar poursuit son conte de fée

 Les Zébus ne s’arrêtent plus, Madagascar poursuit son conte de fée
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 Les Zébus ne s’arrêtent plus, Madagascar poursuit son conte de fée - © JAVIER SORIANO - AFP

L’heure tourne. Sur le terrain synthétique de Sao Tomé-et-Principe, l’équipe nationale de Madagascar se casse les dents depuis une heure sur la défense locale. Nous sommes le 22 mars 2017. Dans ce match du premier tour de qualification pour la CAN, les deux équipes se neutralisent dans un match dont le niveau rappelle les séries provinciales.

Et puis, un centre de la gauche. Anodin. Personne dans le grand rectangle pour reprendre le cuir. Sauf Jordao Diogo, qui surprend son propre gardien sur une tête plongeante aussi bien placée qu’absurde. Sans le savoir, le défenseur Kerkyra (deuxième division grecque) vient d’écrire la première ligne d’un conte de fée version malgache, qui tient en haleine la Grande île depuis plus de deux ans.

Plus forts que les Aigles et les Léopards

Deux victoires plus tard, Madagascar sort du premier tour, où seules participent les six pires nations africaines. Les vraies qualifs, elles, ne font que commencer pour les autres sélections du continent.

Pourtant, dans le groupe A, seul le Sénégal est plus fort. Avec 10 points sur 18, les Zébus font mieux que la Guinée et le Soudan et valident leur ticket pour la CAN égyptienne. Au pays, c’est déjà le délire. Pour la première fois, la nation participe à une compétition internationale.

Fin juin, la sélection débarque au pays des Pharaons dans le costume du petit poucet. Trois matches et retour à la maison. Les pronostics ne semblent pas durs, mais réalistes. Et pourtant, après un partage inaugural face à la Guinée, les troupes du sélectionneur français Nicolas Dupuis s’offrent le scalp du Bénin et surtout des Super Eagles nigérians.

Les Zébus, censés être les premiers dans l’avion, s’emparent de la première place du groupe. Tout doucement, le continent s’intéresse à cette équipe, la plus vielle de la compétition (près de 29 ans de moyenne) et dépourvue de star, mais au collectif solide.

Privée de Marco Ilaimaharitra, suspendu, pour le duel face à la République Démocratique du Congo, la sélection malgache fait bien mieux que se défendre. Par deux fois, elle mène au score. Mais à chaque fois, les Léopards reviennent. Il faudra passer par les tirs aux buts pour poursuivre cette aventure invraisemblable. Ce jeudi, Madagascar va découvrir les quarts de finale.

Unité nationale et coup de pub présidentiel

Au pays, les joueurs sont déjà des héros. Classée 108 au dernier classement Fifa, entre les Iles Féroé et l’Azerbaïdjan, l’équipe parvient provisoirement à souder une population fortement divisée.

Mieux : le peuple s’est lancé dans une sorte de téléthon pour donner plus de moyens à son équipe nationale, alors que la fédération doit souvent s’en sortir avec des bouts de ficelle.

Andy Rajoelina, le président malgache, en a profité pour se faire un petit coup de pub ; il a permis à 480 personnes d’assister au huitième de finale en affrétant gratuitement un avion à destination d’Alexandrie, où avait lieu la rencontre.

Partis du stade vétuste de Sao Tomé-et-Principe, les Zébus poursuivront leur voyage jusqu’au Caire, où ils affronteront soit la Tunisie, soit le Ghana. "La route est longue, cela nous permet de réfléchir", dit le proverbe malgache.

Plus de 27 mois après le début de l’aventure, Madagascar n’a peut-être pas terminé sa réflexion.

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