Walcarius, le recruteur prodige !

Les excellents résultats de Mouscron en Pro League de foot ne passent pas inaperçus en ce début de saison. Certes, nous n’en sommes qu’au début du championnat mais comme le dit l’adage " ce qui est pris n’est plus à prendre ". Une expression qui a tout son sens pour un club appelé, sur papier, à jouer le maintien. Les Hurlus savent très bien que le top 3 actuel est provisoire. Mais ce podium confirme une chose : on a semble-t-il, pour la première depuis le retour de l’Excel parmi l’élite, fait les bons choix au Canonnier.

On a changé à l'entre-saison toute la direction sportive. Exit le duo Humberto Paiva/Yuri Selak. L'Allemand Jürgen Röber a été intronisé directeur sportif principal. Et il est assisté depuis quelques jours par un adjoint, mouscronnois pur jus, Quentin Walcarius, que l'on a déjà connu comme scout à l'époque de l’Excelsior et de Mouscron-Péruwelz. Il y a un an, il était évincé. Mais début septembre, le président Patrick Declerck a été le rechercher. Comme quoi, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !

La singularité de Walcarius, c'est qu'il n'a que… 31 ans ! Un " gamin " dans le métier mais avec déjà de belles références puisque c'est lui qui a attiré en Belgique des garçons comme Kevin Vandendriessche ou Abdoulaye Diaby. L’an dernier, il avait même proposé à l’Excel un certain… Landry Dimata mais la direction de l’époque ne l’avait pas suivi ! Samuël Grulois a rencontré celui que l’on peut surnommer " le recruteur prodige "... Interview!

Quentin, blessé aux genoux, vous avez dû remiser très tôt au placard vos ambitions de footballeur. Rapidement, vous avez débuté une autre carrière, celle de recruteur. Etonnant.

" A mes 18 ans, j’ai su tout de suite que je voulais être recruteur ! Quand je me suis proposé à l’Excelsior, j’ai rencontré Gil Vandenbrouck qui m’a dit " Ok, je vois que tu es motivé pour faire le recrutement ou le scouting ! ". Du coup, on m’a testé au Futurosport. "

C’est quand même culotté à 18 ans d’aller frapper à la porte de Gil Vandenbrouck (qui était à l’époque le directeur sportif de l’Excelsior) !

" Oui, c’est vrai ! En plus, je me rappelle de la scène comme si c’était hier. J’avais fait une lettre de motivation. Il l’avait lue devant moi et il avait eu un petit moment de rigolade… J’avais très clairement fait comprendre que je voulais faire le recrutement, que ce soit chez les jeunes ou même au niveau de l’équipe première. Bon, évidemment, vu mon âge, il a décidé de me confier les petits en me promettant de voir plus tard ce qui serait envisageable. "

C’est surprenant un gars qui dit à 18 ans " Je veux être recruteur "… on n’entend jamais ça ! On entend souvent " Je veux être footballeur ", " Je veux être entraîneur " mais jamais " Je veux être recruteur " ou " Je veux être scout " !

" Non, c’est vrai. Mais personnellement j’ai toujours eu faim d’aller voir énormément de matches de football. Je me souviens, et mon père s’en rappelle certainement, des crises que je faisais quand je loupais les dix premières minutes d’une rencontre de foot à la télé. C’était vraiment une envie permanente d’aller voir des matches le samedi matin, le samedi après-midi, le samedi soir, le dimanche matin… "

Vous preniez déjà des notes ?

" Je suivais les joueurs oui, oui ! J’ai commencé avec Gervinho que j’ai beaucoup suivi avec ses compatriotes ivoiriens de Beveren. Et puis, j’ai continué avec, finalement, tous les joueurs de Division 1. "

Quelles sont les qualités d’un bon recruteur ? D’abord, j’imagine qu’il faut être discret ? Et puis, il faut avoir l’œil ? L’expérience ?

" Avant toute chose, c’est l’œil. Et puis, c’est vrai qu’on m’a toujours dit qu’un bon scout était un scout discret. "

Vous allez dans les stades avec une capuche sur la tête ?

(Rires)

" Non, non, non. J’y vais justement le plus naturellement possible. Il faut se fondre dans la masse et être à l’écoute. Je me suis souvent retrouvé exactement à côté du papa du joueur qui m’intéressait… "

Vous êtes l’agent 007 du foot ?

" Pas à ce point-là mais c’est vrai qu’il ne faut pas montrer qu’on est scout… Je vois parfois des scouts qui se déplacent avec des vestes de club, avec le logo en évidence. J’ai une autre approche. Je n’ai pas envie que les gens viennent vers moi. C’est plutôt moi qui dois sentir les choses et aller vers les bonnes personnes. Le problème, c’est que souvent les parents d’autres joueurs sont un peu jaloux et veulent justement mettre en valeur leurs enfants, et c’est tout-à-fait normal. Il faut faire attention à tout ce qu’on dit. Il faut discuter mais promettre le moins possible. Quand on suit un enfant, il faut le dire aux parents mais sans précipiter les choses contrairement au monde professionnel où il y a énormément d’éléments qui entrent en ligne de compte. Surtout, il y a les agents… et c’est différent de négocier avec un agent ou avec un papa. Là, on passe à un niveau supérieur ! "

Quand vous débarquez dans un petit club de village, comment vous accueille-t-on ? Ne vous perçoit-on pas comme un… pilleur ?  

" Oh si, ça arrive ! J’ai connu ça dans des clubs régionaux où on sent très bien que si on vient en tant que scout de Mouscron, on est directement catalogué comme étant des pilleurs de talents ! Il faut que le club d’élite soit en accord avec les autres clubs de sa région. "

Combien de matches voyez-vous par an (on n’est pas à un près) ?

" Je pense… entre 100 et 150 matches par an ! "

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